Alors que plusieurs cas d’hantavirus viennent d’être signalés, notamment en France, l’inquiétude gagne progressivement les autorités sanitaires internationales. Pourtant, même si cette maladie reste rare, son potentiel de gravité impose désormais une vigilance accrue, notamment pour les pays fortement connectés à l’Europe comme le Gabon. Si le Covid-19 a bien surpris le monde entier, entrainant des mesures restrictives tous azimuts et des impacts sur les économies et la vie sociale, les autorités gabonaises devraient déjà prendre des initiatives pour barrer la voie au hantavirus et surtout pour éviter une éventuelle crise sanitaire. Ne dit-on pas que «mieux vaut prévenir que guérir ?». 

Les recommandations sanitaires sont de maintenir une hygiène rigoureuse des habitations, d’éviter tout contact avec les rongeurs, de désinfecter soigneusement les espaces fermés…© Getty Images

 

Depuis plusieurs jours, les médias relaient sans cesse la montée en puissance d’une nouvelle maladie nommée hantavirus. Et depuis lors, les États du monde se mobilisent, chacun à son niveau, pour faire face à une éventuelle épidémie. Toutefois, même si le hantavirus est «pris au sérieux», le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a affirmé, le 12 mai, qu’il n’y avait aucun signe laissant présager le début d’une épidémie plus importante, bien qu’il n’ait pas exclu l’apparition de nouveaux cas. En conséquence, pour éviter les affres d’une nouvelle épidémie qui pourrait avoir des effets néfastes sur la vie, il faut se prémunir, se mobiliser et accroitre la vigilance.

Renforcer immédiatement les contrôles sanitaires aux frontières, les capacités de diagnostic dans les hôpitaux

L’hantavirus est, en effet, une zoonose (une maladie ou infection naturellement transmissible des animaux vertébrés à l’homme, et vice-versa) virale transmise principalement par les rongeurs infectés. La contamination humaine survient généralement par inhalation de particules provenant des urines, des excréments ou de la salive des rats et souris porteurs du virus. Selon les spécialistes, «il n’existe pas de traitement curatif pour l’infection à hantavirus» et «l’élimination ou la minimisation du contact avec les rongeurs est le meilleur moyen de prévenir l’infection». Plusieurs formes cliniques existent, notamment la fièvre hémorragique avec syndrome rénal et le syndrome pulmonaire à hantavirus. Ce dernier pouvant provoquer une détresse respiratoire sévère et parfois mortelle.

Pour le Gabon, la menace n’est pas seulement théorique. Le pays entretient des échanges permanents avec la France grâce aux liaisons aériennes quotidiennes et aux flux humains constants entre Libreville et plusieurs villes françaises. Dans un contexte mondial marqué par les leçons douloureuses du Covid-19, les experts estiment qu’«un virus n’a pas besoin de frontières pour voyager». Si un cas était détecté au Gabon, les conséquences pourraient rapidement devenir préoccupantes pour un système sanitaire déjà confronté à de multiples défis épidémiologiques. Les autorités gabonaises devraient donc immédiatement renforcer les contrôles sanitaires aux frontières, les capacités de diagnostic dans les hôpitaux et la sensibilisation du personnel médical. «La prévention est toujours mieux car elle coûte moins qu’une prise de conscience tardive», soulignent plusieurs observateurs.

Même si la transmission interhumaine reste exceptionnelle, la prudence demeure

Les enseignements indiquent que les symptômes de l’hantavirus peuvent être trompeurs au début de l’infection. Après une incubation pouvant aller de deux à six semaines, les patients développent généralement une forte fièvre, des douleurs musculaires, des maux de tête intenses, des douleurs abdominales et dorsales, parfois accompagnés d’une thrombopénie (baisse du taux de plaquettes sanguines). Dans les formes sévères, des troubles respiratoires aigus apparaissent rapidement et peuvent évoluer vers une insuffisance pulmonaire grave. Même si la transmission interhumaine reste exceptionnelle, la prudence demeure face à une maladie encore peu connue du grand public.

Face à cette situation, les recommandations sanitaires sont de maintenir une hygiène rigoureuse des habitations, d’éviter tout contact avec les rongeurs, de désinfecter soigneusement les espaces fermés avant nettoyage et d’utiliser des protections adaptées dans les zones infestées. Les populations doivent également signaler rapidement toute apparition de symptômes suspects après une exposition potentielle. Le Gabon gagnerait à anticiper dès maintenant par des campagnes d’information publique et des exercices de préparation sanitaire afin d’éviter tout scénario de propagation incontrôlée. «L’enjeu n’est pas d’installer la peur ou de susciter la psychose, mais d’anticiper», indiquent encore les observateurs. Une vigilance lucide pourrait donc aujourd’hui faire toute la différence.

 

 
GR
 

0 commentaire

Soyez le premier à commenter.

Poster un commentaire