IFME : les anciens enseignants partis, les étudiants admis depuis janvier attendent toujours la rentrée
Admis au concours organisé en janvier 2026, les étudiants de l’Institut de formation au métier de l’enseignement (IFME) attendent toujours le démarrage effectif des cours. Alors que l’année académique 2026-2027 est déjà lancée dans les établissements publics d’enseignement supérieur, la direction de cette école chargée de former les futurs enseignants des collèges et lycées explique ce retard par le désistement des anciens enseignants permanents, consécutif au changement de tutelle de l’établissement.

Quelques-uns des étudiants impatients de commencer leur formation à l’IFME, le 21 septembre 2026. © GabonReview
La patience des étudiants de l’Institut de formation au métier de l’enseignement (IFME) commence à atteindre ses limites. Près de neuf mois après le concours d’entrée organisé en janvier 2026, les nouveaux admis affirment n’avoir toujours pas foulé les salles de classe de l’établissement.
« Nous avons eu le concours en janvier 2026 et, depuis cette période jusqu’à maintenant, nous ne sommes pas allés une seule fois en classe », regrette une étudiante, faisant état d’une situation qui suscite de nombreuses interrogations au sein de la promotion.
À l’IFME, la rentrée académique 2026-2027 se fait donc toujours attendre. Une situation d’autant plus préoccupante pour les apprenants que les universités et autres établissements publics d’enseignement supérieur ont déjà engagé leurs activités académiques.
Des étudiants dans l’expectative
Au-delà de l’absence de cours, c’est surtout le manque de visibilité qui alimente la grogne. Plusieurs étudiants disent ne disposer d’aucune information précise sur les raisons expliquant le retard pris par l’établissement.
« Pour le moment, nous n’avons aucune information officielle sur les raisons de cette situation », assure un autre étudiant.
Cette attente prolongée intervient alors que l’IFME occupe désormais une place particulière dans le dispositif de formation des enseignants. L’établissement a notamment vocation à préparer les futurs professeurs appelés à exercer dans les collèges et lycées du pays.
Pour les étudiants admis au concours, l’enjeu est donc de pouvoir commencer rapidement leur formation et de ne pas voir leur année académique davantage décalée.
Le départ des anciens enseignants en cause
Du côté de la direction, le retard enregistré s’explique principalement par une difficulté liée à l’encadrement pédagogique. Selon le directeur général de l’IFME, Pr Gilbert Nguema Endamne, les enseignants qui assuraient auparavant les enseignements de manière permanente ont cessé leur collaboration avec l’établissement.
Le changement de tutelle de l’Institut serait au cœur de cette situation. « Lorsqu’il y avait la double tutelle assurée par l’Enseignement supérieur et l’Éducation nationale, ces enseignants pouvaient dérouler l’entièreté de leur carrière scientifique », explique le responsable.
Avec le nouveau dispositif institutionnel, l’IFME relève désormais exclusivement du ministère de l’Éducation nationale. Une évolution qui, selon le directeur général, aurait conduit les enseignants-chercheurs concernés à reconsidérer leur position.
« Maintenant que l’Institut est placé sous la tutelle exclusive de l’Éducation nationale, ces enseignants-chercheurs ne trouvent plus leur compte », affirme Pr Gilbert Nguema Endamne.
Des vacataires recherchés pour relancer les cours
Pour faire face à cette situation, l’IFME entend désormais s’appuyer sur des enseignants vacataires. Un appel à candidatures a ainsi été publié le 21 septembre 2026, notamment à l’attention des titulaires d’un doctorat nouveau régime.
L’objectif est de constituer rapidement un vivier d’enseignants susceptibles d’assurer les différents enseignements dispensés au sein de l’Institut, alors que la rentrée académique est annoncée pour le mois d’octobre. « Nous allons chercher ceux qui détiennent des compétences dans les domaines déclinés », a confirmé le directeur général.
Le document relatif à cet appel à candidatures a largement circulé sur les réseaux sociaux et les plateformes de messagerie instantanée, ravivant dans le même temps les interrogations des étudiants sur le calendrier réel de reprise des activités.
Une institution appelée à s’adapter
Pour la direction, la situation actuelle impose surtout à l’IFME de revoir son mode de fonctionnement. Pr Gilbert Nguema Endamne estime que l’établissement doit désormais composer avec cette nouvelle configuration et trouver les ressources humaines nécessaires à son fonctionnement. « L’IFME n’est pas la seule institution qui fonctionne au Gabon sans enseignants permanents », rappelle-t-il.
Reste désormais à concrétiser le dispositif annoncé. Après plusieurs mois d’attente depuis leur admission au concours, les étudiants espèrent que le recrutement des vacataires permettra enfin de lancer les enseignements et de donner un calendrier académique clair à la promotion 2026-2027.
















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