Dans la nuit du 14 au 15 août au quartier Didjanu, six enfants ont péri dans l’incendie de deux habitations mitoyennes à Mouila. Alors que le drame aurait pu connaître une issue moins tragique, selon les témoignages recueillis, certains riverains auraient choisi de filmer la scène plutôt que de porter secours aux victimes. Une attitude vivement dénoncée par les ministres des Affaires sociales et du Tourisme, venues apporter leur soutien aux familles endeuillées.

Les deux membres du gouvernement à l’issue de la rencontre avec les familles endeuillées (Capture d’écran). © GabonReview

 

Le drame continue de susciter l’émoi à Mouila. Dans la nuit du 14 au 15 août, six enfants ont trouvé la mort dans l’incendie de deux habitations mitoyennes construites essentiellement en matériaux précaires, au quartier Didjanu. Sept enfants se trouvaient dans les deux logements au moment du sinistre. Ils étaient sous la responsabilité de deux jeunes mères célibataires, Romance et Jacqueline Mboumba, toutes deux âgées de 24 ans.

Quelques jours après cette tragédie, une délégation gouvernementale s’est rendue sur les lieux pour apporter son soutien aux familles éprouvées. Conduite par la ministre des Affaires sociales, Armande Longo épse Moulengui, elle comprenait notamment la ministre du Tourisme durable et de l’Artisanat, Pr Marcelle Ibinga épse Itsitsa, ainsi que les autorités administratives de la province de la Ngounié.

« Les accompagner et leur apporter notre soutien »

Face aux familles endeuillées, les membres du gouvernement ont exprimé les condoléances des plus hautes autorités du pays et assuré leur accompagnement dans cette douloureuse épreuve. La question des obsèques des victimes a également été évoquée.

« Si nous sommes là, c’est au nom du gouvernement tout entier, au nom du président de la République, pour accompagner ces familles qui sont endeuillées et pour leur apporter notre soutien », a déclaré Armande Longo épse Moulengui.

La ministre des Affaires sociales a indiqué que les autorités travaillaient avec les familles et les responsables locaux afin de permettre aux victimes d’être inhumées dignement. « Nous sommes en train de tout faire avec le président du Conseil départemental, monsieur le gouverneur et les autres autorités, ainsi que les familles, pour pouvoir les inhumer dignement comme ils le méritent parce que c’est une grande perte », a-t-elle ajouté.

Un drame d’autant plus douloureux que les victimes étaient des enfants. « Nous savons tous que les enfants, c’est la relève, les enfants, c’est l’avenir », a insisté la ministre.

« Cinq garçons » auraient-ils pu sauver les enfants ?

Au-delà de la compassion exprimée aux familles, les échanges avec les riverains ont surtout été marqués par une interrogation : le bilan aurait-il pu être différent si certains témoins avaient privilégié le secours aux enfants plutôt que l’enregistrement de la scène avec leurs téléphones ?

Selon les témoignages recueillis après le drame, plusieurs voisins auraient assisté à la scène et pris des photos ou des vidéos alors que les enfants se trouvaient encore dans les habitations en flammes. Une attitude vivement regrettée par les membres du gouvernement.

Pour la ministre du Tourisme durable et de l’Artisanat, cette situation illustre la nécessité de renouer avec les réflexes élémentaires de solidarité et d’entraide face à une situation d’urgence.

S’adressant aux habitants du quartier, Pr Marcelle Ibinga épse Itsitsa a ainsi regretté que davantage de personnes ne soient pas intervenues pour tenter de porter secours aux victimes.

« S’il y avait eu cinq garçons comme ce jeune-là, ce brave garçon, je pense qu’on n’en serait pas là », a-t-elle déploré.

Cette déclaration renvoie au geste d’un jeune riverain qui aurait, selon les témoignages, tenté d’intervenir face aux flammes. Pour les autorités, son comportement contraste avec celui de témoins qui auraient préféré sortir leurs téléphones pour filmer le sinistre.

La solidarité remise au cœur du débat

Pour les deux membres du gouvernement, le drame de Didjanu ne doit donc pas seulement être considéré comme une tragédie familiale. Il pose également la question des comportements collectifs face aux situations d’urgence.

Les ministres ont rappelé aux riverains que la solidarité constitue l’une des valeurs essentielles devant guider la vie en société. Une exigence que les autorités souhaitent voir davantage s’exprimer, particulièrement lorsqu’une vie humaine est en jeu.

À Mouila, derrière les six vies fauchées par les flammes, demeure ainsi une autre question, difficile à éluder : que peut faire une communauté lorsqu’un drame survient sous ses yeux ? Pour le gouvernement, la réponse ne saurait être la passivité ou la captation d’images. Elle doit d’abord être le secours.

Le drame de Didjanu rappelle, avec une violence particulière, que quelques minutes d’intervention peuvent parfois faire la différence entre une tragédie et des vies sauvées.

 
GR
 

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