Innovation : le MIT inscrit Libreville sur sa carte des marchés en croissance
Le Massachusetts Institute of Technology (MIT) organisera à Libreville, dans les douze prochains mois, une grande conférence panafricaine sur l’innovation et l’entrepreneuriat numérique. Annoncée depuis Boston par Dina H. Sherif et coorganisé avec le ministère gabonais de l’Économie numérique, l’événement vient sanctionner une année de réformes, et acter, depuis le Gabon, un changement de paradigme assumé : «La véritable prospérité ne s’importe pas.»

Dina H. Sherif (MIT Kuo Sharper Center) et Mark-Alexandre Doumba (MENDI). De Cambridge à Libreville, la même conviction : faire du Gabon le second laboratoire africain du MIT, après le Botswana. © GabonReview
C’est par écran interposé que la nouvelle est tombée à Libreville. Depuis Cambridge, Massachusetts, Dina H. Sherif, qui dirige le MIT Kuo Sharper Center for Prosperity and Entrepreneurship, a annoncé l’organisation, dans les douze prochains mois et au Palais des Congrès de Libreville, d’une grande conférence panafricaine consacrée à l’innovation et à l’entrepreneuriat numérique. Coorganisée avec le ministère gabonais de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation (MENDI), l’initiative installe le Gabon au cœur d’un récit qu’il n’avait pas l’habitude d’écrire.
Il faut imaginer la scène. Un parterre d’Excellences, le bruissement des protocoles, et sur l’écran, une silhouette américaine qui, en quelques phrases, congédie un demi-siècle d’orthodoxie développementaliste. «C’est la fin de la dépendance», a tranché la directrice exécutive. Sept mots, et toute une grammaire.
Si la formule a fait mouche, elle n’est pourtant pas tombée dans le vide. Elle vient saluer, au sens noble du terme, le travail abattu en une année par Mark-Alexandre Doumba, ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, et lui-même ancien Fellow du Centre du MIT.
Une assise bâtie en douze mois
L’inventaire est éloquent. La loi n°037 instaure la préférence nationale dans les marchés publics de digitalisation, au profit des entreprises locales. Deux ordonnances structurantes complètent le dispositif : l’une dématérialise le paiement des services publics, l’autre encadre l’archivage électronique de l’État. S’y ajoute un décret instituant un statut des start-ups, taillé pour les jeunes pousses gabonaises.
Le capital humain suit. Une vingtaine de bourses ont été obtenues au Maroc dans les métiers du numérique, et l’INPTIC bénéficie d’un programme d’investissement destiné à muscler la formation technologique. Côté usages, le programme Madigipaie installe ses QR codes dans les commerces librevillois ; côté infrastructures, deux data centers et l’extension du backbone national en fibre optique dessinent l’ossature d’une véritable souveraineté numérique.
Le pari du producteur
Restait plus qu’à donner à ce socle son débouché continental. C’est tout l’enjeu de la conférence librevilloise, structurée autour de quatre priorités : reconquête de l’agentivité économique, transformation numérique, intégration régionale, partenariats public-privé. Objectif assumé : faire passer l’Afrique «du statut de consommateur net d’innovation à celui de producteur mondial». Dina H. Sherif l’a martelé en récusant jusqu’au vocabulaire : exit le «Sud global», exit les «marchés émergents». Le Botswana, lié au MIT par un partenariat historique signé cette année, fait figure de laboratoire. Libreville s’apprête à en devenir le second.
Reste l’essentiel : la commande adressée aux gouvernants. «Dépasser le rôle de régulateurs pour devenir les architectes de leur propre avenir», a exhorté la directrice du Centre, avant de saluer la «vision» du président Brice Clotaire Oligui Nguema. Douze mois pour transformer la promesse en architecture. Le chantier est ouvert.













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