En visite, le 4 novembre 2026, à la Vallée des robots de Zhangjiang, à Shanghai, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a affiché son ambition de positionner le Gabon dans la révolution technologique mondiale. Formation des jeunes, intégration de l’intelligence artificielle dans les services publics et robotisation : Libreville entend prendre part à cette mutation plutôt que la subir.

Oligui Nguema en visite, le 4 novembre 2026, à la Vallée des robots de Zhangjiang, à Shanghai. © Communication présidentielle

 

La révolution technologique ne se fera pas sans le Gabon. C’est, en substance, le message délivré par Brice Clotaire Oligui Nguema à l’issue de sa visite de la Vallée des robots de Zhangjiang, à Shanghai, en Chine. À travers cette immersion dans un écosystème consacré à la robotique et à l’intelligence artificielle (IA), le chef de l’État entend inscrire la transformation numérique parmi les leviers du développement du pays.

Sur sa page Facebook, le 4 novembre, le président gabonais a décrit un environnement où les robots interviennent déjà dans les opérations chirurgicales, la rééducation des patients et le fonctionnement d’unités industrielles entières. Une réalité qui, selon lui, dépasse désormais le domaine de l’anticipation. « Ce que j’ai vu n’est pas de la science-fiction. C’est ce qui se vend déjà », a-t-il souligné, insistant sur l’urgence de préparer les nouvelles générations à ces technologies.

De la consommation à la maîtrise technologique

Cette ambition présidentielle trouve un prolongement dans les chantiers engagés au Gabon. Le 30 septembre dernier, les travaux préparatoires à l’élaboration de la première Stratégie nationale d’intelligence artificielle se sont achevés à Libreville, avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Ils ont permis d’identifier 22 défis et de formuler 36 recommandations autour d’une IA responsable, au service de la souveraineté, de l’innovation et du développement à l’horizon 2030. Le développement des compétences locales, la gouvernance des données et le renforcement des capacités de calcul figurent parmi les priorités. 

Le pays a également franchi une étape avec l’inauguration, le 3 juillet 2026, de son premier Data Center national à Nkok. Certifiée Tier III, cette infrastructure doit notamment permettre l’hébergement et la sécurisation des données stratégiques sur le territoire national. Le point d’échange Internet GABIX participe, lui aussi, à cette volonté de renforcer l’autonomie et la résilience des infrastructures numériques. 

Former pour ne pas subir la révolution

Mais pour Oligui Nguema, la souveraineté numérique ne saurait se limiter aux équipements et aux infrastructures. Elle suppose également de disposer de ressources humaines capables de concevoir, maîtriser et exploiter ces technologies. « Le Gabon ne regardera pas cette révolution de loin », a-t-il affirmé, annonçant implicitement une orientation qui place la formation des jeunes au cœur de cette transformation.

L’intégration de l’IA et de la robotique dans les hôpitaux, les administrations et les entreprises constitue désormais un autre horizon affiché par le chef de l’État. Reste à traduire cette ambition en programmes de formation, investissements et transferts de compétences.

Derrière cette visite à Shanghai se dessine ainsi un enjeu stratégique : faire du Gabon non plus un simple consommateur de technologies importées, mais un acteur capable de se les approprier et, à terme, de développer ses propres solutions. Le refus d’être spectateur est posé. La capacité à passer des déclarations aux réalisations constituera le véritable test.

 
GR
 

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