«Je n’ai pas de différend avec lui» : «C’est faux, et il le sait» rétorque Ali Bongo à Oligui Nguema
Au lendemain de l’entretien accordé par le président Brice Clotaire Oligui Nguema à France 24, l’ancien chef de l’État Ali Bongo Ondimba est sorti de son silence. Dans une déclaration rendue publique mercredi 3 juin 2026 par son porte-parole Ali Akbar Onanga Y’Obègue, l’ex-président conteste fermement les propos du chef de l’État gabonais, notamment lorsqu’il affirme n’avoir « aucun problème » avec lui et minimise son rôle dans la conduite des affaires du pays après son AVC.

Oligui Nguema, l’homme sur qui Ali Bongo comptait pour assurer son maintien au pouvoir, est devenu l’architecte de sa chute en août 2023. © D.R.
Alors que le président Brice Clotaire Oligui Nguema affirmait mardi sur France 24 n’entretenir « aucun différend » avec Ali Bongo Ondimba et réitérait que ce dernier est libre de revenir au Gabon, l’ancien chef de l’État a réagi avec virulence dans un communiqué diffusé ce mercredi 3 juin sur Facebook par Ali Akbar Onanga Y’Obègue, qui se présente comme le “secrétaire général du Parti démocratique gabonais (PDG)”.
Dans cet entretien, le président gabonais rappelait avoir accordé un passeport diplomatique à son prédécesseur et indiqué que celui-ci avait été invité à l’inauguration de la salle des congrès de Libreville portant le nom d’Omar Bongo Ondimba. « Pour moi, Ali Bongo est considéré comme un ancien chef d’État », déclarait-il, soulignant qu’aucune procédure judiciaire n’avait été engagée contre lui et qu’il demeurait libre de ses mouvements.
Mais cette main tendue est rejetée par l’ancien président. « Monsieur Oligui affirme n’avoir aucun problème avec moi. C’est faux, et il le sait », rétorque Ali Bongo dans sa déclaration. L’ex-chef de l’État évoque notamment les accusations de tortures infligées à son épouse Sylvia Bongo Ondimba et à son fils Noureddin Bongo Valentin après le coup d’État du 30 août 2023. Il affirme disposer de preuves qu’il dit avoir déjà transmises aux autorités françaises ainsi qu’aux instances des Nations unies et réclame l’ouverture d’une enquête indépendante.
Une réponse directe sur la question de son rôle après l’AVC
L’un des points les plus sensibles de l’entretien de Brice Clotaire Oligui Nguema concernait la capacité d’Ali Bongo à gouverner après l’accident vasculaire cérébral qui l’avait frappé en 2018. Le président gabonais estimait que durant les cinq dernières années de son mandat, Ali Bongo n’était pas réellement aux commandes du pays et que d’autres acteurs détenaient le pouvoir décisionnel, à l’instar de son épouse et de son fils aîné.
Une analyse que l’ancien président balaie catégoriquement. « Il prétend ensuite que j’aurais été, cinq années durant, un président absent, privé de volonté et de pouvoir », écrit-il avant de retourner l’argument contre l’actuel chef de l’État.
Ali Bongo rappelle en effet que Brice Clotaire Oligui Nguema a occupé durant cette période des fonctions stratégiques à la tête de la Garde républicaine. « Qui l’a nommé ? Qui l’a placé à la tête de la Garde républicaine ? », interroge-t-il, estimant que les responsabilités assumées par l’actuel président sous son mandat contredisent le récit d’un chef d’État totalement écarté du pouvoir.
L’ancien président juge ainsi incohérent de le présenter simultanément comme un dirigeant sans autorité tout en revendiquant la légitimité des responsabilités exercées par ceux qui servaient alors sous son autorité.
Des accusations et un ton particulièrement offensif
Au-delà des divergences politiques, la déclaration marque un net durcissement du ton entre les deux hommes. Ali Bongo affirme que plusieurs responsables civils et militaires de l’ancien régime connaissent « la vérité » sur le fonctionnement du pouvoir durant ses dernières années à la tête de l’État et regrette leur silence.
Dans les passages les plus incisifs du communiqué, l’ancien président accuse également Brice Clotaire Oligui Nguema de mentir sur plusieurs aspects de cette période et rejette l’image d’apaisement renvoyée par le chef de l’État.
Près de trois ans après la chute du régime Bongo, cet échange à distance révèle néanmoins que les divergences entre l’ancien président et son successeur demeurent profondes, notamment sur la lecture des événements ayant précédé le coup d’État du 30 août 2023 et sur les conditions de détention de certains membres de sa famille.













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