Médicaments falsifiés, escroqueries, vol de données bancaires : l’achat de médicaments sur Internet expose les patients à des risques que le Gabon veut encadrer par la loi. Le 6 novembre à Libreville, la ministre de la Santé, le Pr Elsa Nkana Ayo-Bivigou, a ouvert un atelier national de l’Agence nationale du médicament et des autres produits de santé (ANMAPS), chargé de recueillir des propositions devant servir de socle à un projet de loi.

Les principaux acteurs des secteurs concernés et les officiels immortalisés à l’ouverture des travaux. © D.R.

 

La ministre de la Santé, le Pr Elsa Nkana Ayo-Bivigou, a ouvert, le 6 novembre à Libreville, un atelier national consacré à la préparation d’un cadre réglementaire pour la vente en ligne des médicaments au Gabon. Organisée par l’Agence nationale du médicament et des autres produits de santé (ANMAPS), cette rencontre, rapportée par l’Agence gabonaise de presse (AGP), vise à doter le pays d’un dispositif juridique adapté à la commercialisation croissante des produits pharmaceutiques sur Internet.

«Le médicament n’est pas un produit de consommation ordinaire»

Réunissant les acteurs des secteurs concernés, les travaux entendaient recueillir des propositions devant servir de socle à un projet de loi encadrant la commercialisation des produits pharmaceutiques en ligne. À l’ouverture, la ministre a reconnu les opportunités du numérique, tout en alertant sur ses dérives potentielles. «Si cette évolution offre de nouvelles possibilités aux populations, elle renvoie également à des enjeux majeurs en matière de sécurité sanitaire», a-t-elle relevé. Le Pr Nkana Ayo-Bivigou a par ailleurs rappelé que «le médicament n’est pas un produit de consommation ordinaire».

En menant cette démarche, les autorités sanitaires du pays souhaitent garantir la qualité, la sécurité et l’efficacité du médicament, depuis sa fabrication jusqu’à sa dispensation. «Sa commercialisation ne saurait donc être soumise aux seules règles d’une consommation classique, au risque de compromettre la santé des populations», a averti la ministre de la Santé.

Protéger les patients des plateformes non autorisées

Pour sa part, le directeur général de l’ANMAPS, le Dr Ange Mibindzou Mouelet, a souligné que cet encadrement renforcera l’homologation, la surveillance du marché et la vigilance sanitaire, tout en contribuant à l’objectif d’atteindre le niveau de maturité 3 en matière de régulation pharmaceutique. Il s’agit, en effet, de prévenir la circulation de médicaments falsifiés, sous-dosés, toxiques ou dépourvus de principes actifs, mais aussi les escroqueries et le vol de données personnelles et bancaires.

Face aux plateformes non autorisées, les populations sont ainsi appelées à vérifier l’agrément des pharmacies, notamment auprès de l’Ordre national des pharmaciens. L’ambition est d’accompagner l’innovation numérique sans sacrifier la sécurité des patients et de garantir un accès fiable aux produits de santé.

 
GR
 

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