Qu’on retire le Gabon de l’équation, et Maurel & Prom ne pèse plus grand-chose. Les résultats éclatants du premier trimestre 2026, 163 millions de dollars (environ 91 milliards de FCFA) de chiffre d’affaires, une production en hausse de 14 %, un titre boursier envolé de 70 %, reposent presque entièrement sur le sous-sol gabonais, qui concentre plus de 100 millions de barils de réserves et la moitié des revenus de production du groupe. Derrière le triomphe affiché, une dépendance que le pétrolier français préfère ne pas commenter.

Chantier pétrolier de Maurel & Prom au Gabon (en arrière-plan) : c’est ici, dans le sous-sol gabonais, que se joue l’essentiel de la fortune du groupe français. © Photomontage GabonReview

 

Le pétrolier français Maurel & Prom a publié son point d’activité du premier trimestre 2026, confirmant le rôle central du Gabon dans son architecture financière. Porté par l’envolée des cours du brut et un net rebond de la production sur le permis d’Ezanga, le groupe a vu son chiffre d’affaires bondir à 163 millions de dollars, soit 91,3 milliards de FCFA. Avec plus de 100 millions de barils de réserves logées dans son sous-sol, le pays demeure, et de loin, le premier poumon financier de la compagnie.

Les chiffres ne laissent guère place à l’ambiguïté. La production du groupe s’est établie à 37 444 barils équivalent pétrole par jour, en hausse de 7 % par rapport au quatrième trimestre 2025. Mais c’est au Gabon que la dynamique a été la plus vigoureuse : la production y a progressé de 14 %, à 14 456 barils par jour, sur le permis d’Ezanga, détenu à 80 % par le groupe. Le pays a généré près de la moitié des revenus de production du trimestre.

Une mécanique de prix au service du sous-sol gabonais

La performance doit beaucoup à un marché exceptionnel. Le prix moyen de vente du baril s’est hissé à 90,8 dollars, contre 64,3 dollars au trimestre précédent, soit une progression de 41 %, sous l’effet des tensions au Moyen-Orient et des craintes pesant sur le détroit d’Ormuz.

 Le chiffre d’affaires consolidé a bondi de 85 %, à 163 millions de dollars ; les revenus gabonais ont approché 98 millions de dollars, en hausse de 29 %. À Paris, le titre a gagné 70 % depuis le 1er janvier.

Cent millions de barils et un virage gazier

C’est la profondeur des réserves qui ancre durablement le Gabon dans la stratégie du groupe : plus de 100 millions de barils prouvés et, selon le rapport annuel 2022, près de 70 % des réserves prouvées et probables. Le groupe élargit désormais cette base : le puits Mouletsi-2, sur le permis d’Etekamba, affiche un potentiel d’environ 25 millions de pieds cubes par jour, avec une mise en production prévue d’ici fin 2026, premier projet gazier de la compagnie dans le pays.

Reste une équation que ces résultats ne dissipent pas : la concentration de la valeur du groupe sur un seul territoire enrichit autant qu’elle expose. Pour le Gabon, une manne fiscale et industrielle ; pour le pétrolier, une dépendance qu’aucune trésorerie nette de 235 millions de dollars (environ 132 milliards FCFA de trésorerie nette) ne saurait totalement couvrir.

 
GR
 

0 commentaire

Soyez le premier à commenter.

Poster un commentaire