Deux Gabonais ont été interpellés fin juillet dernier à Libreville lors d’une opération conjointe de l’administration des Eaux et Forêts et de la Police judiciaire, avec l’appui de l’ONG Conservation Justice. Ils étaient en possession de quatre pointes d’ivoire et d’une queue d’éléphant. L’un des suspects est soupçonné d’avoir abattu au moins six éléphants et d’avoir tenté de tromper les agents des Eaux et Forêts en invoquant le conflit homme-éléphant.

Les trophées de braconnage saisis. © D.R.

 

L’opération a permis de mettre la main sur quatre pointes d’ivoire ainsi qu’une queue d’éléphant, détenues par les deux suspects dans un quartier de Libreville. Selon Conservation Justice, ils ont été pris en flagrant délit de détention et de tentative illégale de commercialisation de ces produits issus d’une espèce intégralement protégée au Gabon.

Placés en garde à vue, les deux présumés trafiquants doivent désormais être présentés à un magistrat, qui décidera de leur sort.

Un stratagème autour du conflit homme-éléphant

Au-delà de la saisie, l’affaire met en lumière un procédé que dénonce l’ONG Conservation Justice : l’exploitation du conflit homme-éléphant pour justifier ou dissimuler des actes de braconnage.

« Sous couvert du conflit homme-éléphant, qui constitue une problématique majeure au Gabon, certains braconniers et trafiquants organisent l’abattage d’éléphants et la commercialisation de leur ivoire », explique Luc Mathot, directeur de Conservation Justice.

D’après lui, « c’est manifestement le cas ici », l’un des suspects étant soupçonné d’avoir abattu au moins six éléphants et d’avoir tenté de tromper l’administration des Eaux et Forêts.

Cette affaire intervient alors que les contrôles restent confrontés à la circulation des trophées de faune entre les provinces. Conservation Justice estime que ces mouvements permettent à certains produits issus du braconnage d’échapper à la vigilance des dispositifs de contrôle.

Jusqu’à dix ans de prison

La détention, le transport et la commercialisation de l’ivoire sont sanctionnés par la législation gabonaise. Selon le communiqué, les deux suspects encourent jusqu’à dix ans d’emprisonnement, ainsi qu’une amende pouvant atteindre cinq fois la valeur des produits saisis, conformément aux articles 390 et 398 du Code pénal.

L’affaire est désormais entre les mains de la justice, qui devra notamment déterminer les responsabilités de chacun dans la détention et la tentative de commercialisation des trophées saisis.

 
GR
 

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