Loi antitabac au Gabon : dix ans après, SOS Tabagisme dénonce une application quasi inexistante
Dix ans après l’entrée en vigueur des décrets d’application de la loi antitabac au Gabon, l’ONG SOS Tabagisme Gabon dénonce une application jugée largement insuffisante des textes en vigueur. Dans une déclaration signée par son président Anthony Silver Mba Nkogo, l’organisation interpelle les autorités sur l’urgence de faire respecter effectivement la législation afin de protéger les populations, en particulier les jeunes, contre les dangers du tabagisme.

Des membres de l’ONG SOS Tabagisme Gabon et leur président (chemise à carreaux), Anthony Silver Mba Nkogo. © GabonReview/Montage
L’ONG SOS Tabagisme Gabon appelle les autorités gabonaises à appliquer effectivement la loi antitabac, dix ans après la promulgation des décrets d’application adoptés le 17 mai 2016. Dans une déclaration signée par son président, Anthony Silver Mba Nkogo, l’organisation estime que les dispositions légales existantes restent, pour une large part, inappliquées malgré l’ampleur croissante du phénomène du tabagisme au Gabon.
Selon l’organisation, le pays dispose pourtant d’un arsenal juridique important, avec la ratification de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac en 2003, l’adoption de la loi antitabac en 2013, puis la publication des décrets d’application en 2016. Mais sur le terrain, « le constat sur la mise en œuvre de cette loi reste mitigé, voire alarmant », affirme SOS Tabagisme Gabon, qui pointe une progression « inquiétante » du tabagisme, notamment chez les jeunes.
L’ONG cite plusieurs décrets dont l’application demeure incomplète ou inexistante. Elle souligne notamment que le décret relatif au conditionnement des produits du tabac, imposant des illustrations sanitaires sur les paquets de cigarettes, « n’a jamais été appliqué au Gabon dix ans après ». SOS Tabagisme Gabon évoque également « une interférence manifeste de l’industrie du tabac » dans le retard observé dans la mise en œuvre de cette mesure.
Interdiction de la publicité, une application encore trop partielle
L’association dénonce par ailleurs une application partielle de l’interdiction de la publicité et de la promotion du tabac. Si les médias traditionnels respecteraient globalement la réglementation, l’industrie du tabac continuerait néanmoins à promouvoir ses produits sur les lieux de vente, à travers des affichages visibles dans certaines boutiques.
Concernant l’interdiction de fumer dans les lieux ouverts au public, SOS Tabagisme Gabon estime que les dispositions prévues par le décret 287 restent insuffisamment respectées dans de nombreux espaces publics. L’organisation regrette également que la Commission nationale de lutte contre le tabagisme, prévue par le décret 0339, soit toujours inexistante dix ans après son adoption.
Face à cette situation, l’association considère que « l’application de la loi semble constituer aujourd’hui le maillon faible de la lutte antitabac en République gabonaise ». Elle appelle ainsi les autorités à prendre rapidement les dispositions nécessaires afin d’assurer le respect effectif de la loi et de protéger les jeunes générations « de ce fléau extrêmement dangereux ».













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