L’Ordre des médecins révise son texte fondateur de 1975
Cinquante et un ans après sa promulgation, l’ordonnance fondatrice de l’Ordre des médecins du Gabon est soumise à révision : le corps médical a pris en main, ce 12 avril, la modernisation de son propre cadre éthique et réglementaire.

Emmanuel Ogandaga, président de l’Ordre des médecins au Gabon, le 12 avril 2026, au sortir de l’assemblée généale du même jour. © GabonReview
Les médecins gabonais se sont réunis en assemblée générale à Libreville le 12 avril 2026 pour engager la révision de l’ordonnance 34/75 du 18 juin 1975, texte fondateur de l’Ordre des médecins du Gabon. L’ordre du jour portait également sur l’adoption d’un code de déontologie actualisé, tenant compte des évolutions juridiques nationales et des nouvelles réalités de la pratique médicale. La démarche s’inscrit dans un mouvement plus large de modernisation institutionnelle que le Gabon connaît depuis le changement de régime du 30 août 2023.
Cinquante et un ans donc après sa promulgation, l’ordonnance 34/75 du 18 juin 1975 qui institue l’Ordre des médecins du Gabon apparaît aujourd’hui insuffisante face aux mutations profondes qu’a connues la médecine contemporaine.
Éthique et discipline au cœur des préoccupations
L’assemblée générale a donc examiné les grandes lignes d’une révision qui vise à rendre le texte fondateur conforme aux standards juridiques actuels et aux exigences éthiques d’une profession en constante évolution. La question de la responsabilité médicale, des nouvelles technologies de santé, du secret médical à l’ère numérique et des relations entre praticiens et établissements de soins figure parmi les enjeux centraux de cette modernisation. Le code de déontologie adopté lors de ces travaux entend fournir aux médecins gabonais un référentiel clair et opposable, ancré dans la réalité juridique du pays.
L’adoption d’un code de déontologie rénové représente bien plus qu’un exercice formel. Elle constitue un signal adressé à la société gabonaise sur la capacité du corps médical à réguler lui-même ses pratiques et à sanctionner les manquements à l’éthique professionnelle. Dans un contexte où le système de santé gabonais fait face à des défis structurels persistants, la consolidation de l’autorité disciplinaire de l’Ordre apparaît comme un préalable indispensable à toute ambition de qualité des soins. Cette assemblée générale marque ainsi une étape décisive dans la professionnalisation et l’autonomie normative d’une corporation qui entend peser dans le débat public sur la santé au Gabon.












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