Le marché gabonais des lubrifiants, largement dominé par les produits importés, pourrait connaître un tournant avec la relance de la formulation locale. Installée à Port-Gentil depuis 1978, Pizolub mise sur le nouveau cadre réglementaire et l’intérêt de plusieurs marques internationales pour reconquérir une part significative d’un marché estimé à 18 000 tonnes par an.

Une visite dans l’usine de Pizolub à Port-Gentil. © D.R.

 

Le Gabon veut réduire sa dépendance aux importations dans le secteur des lubrifiants. Au cœur de cette ambition, Pizolub S.A entend repositionner son usine de Port-Gentil comme un outil industriel important pour l’approvisionnement du marché national. Depuis 2023, sur les quelque 18 000 tonnes constituant le marché formel, 17 000 tonnes sont importées contre seulement 1 000 tonnes formulées localement par Pizolub, soit à peine 6 % du marché formel. La consommation réelle, en intégrant le secteur informel, est quant à elle estimée entre 30 000 et 50 000 tonnes par an.

Cette situation pourrait progressivement évoluer grâce à l’arrêté ministériel n°000036/MP du 26 mars 2025. Ce nouveau cadre réglementaire réoriente les approvisionnements vers la formulation locale et impose désormais aux marques internationales de passer par une production ou un contrôle local pour accéder au marché gabonais. Pour Pizolub, cette réforme constitue un levier pour replacer la production nationale au centre de la chaîne d’approvisionnement.

Depuis mai 2026, l’entreprise multiplie ainsi les échanges avec les propriétaires de marques internationales. Huit marques se sont déjà rendues sur le site de Port-Gentil, parmi lesquelles Repsol, Fuchs, Cofran, My Lubricants, Champion, Minerva Oil et Yacco. Trois modèles de collaboration sont actuellement à l’étude : le façonnage sous licence, la fabrication sous marque propre et l’importation encadrée. Les délégations étrangères auraient notamment salué l’expertise technique des équipes et le niveau du laboratoire d’analyse de Pizolub.

Une re-certification de l’usine d’ici décembre 2026 

Reste désormais à transformer cette dynamique en contrats. Pizolub a engagé le processus de re-certification de son usine, dont la finalisation est prévue d’ici décembre 2026. Cette étape doit permettre la conclusion des futurs accords de façonnage et de licence avec les marques partenaires. «Notre priorité est de transformer ces échanges en contrats de fabrication locale, au service de la souveraineté industrielle du Gabon», souligne le directeur général de Pizolub, Hans Landry Ivala.

Au-delà de Pizolub, l’enjeu porte sur la capacité du Gabon à créer davantage de valeur localement, à renforcer le contrôle de la qualité des lubrifiants commercialisés et à réduire sa facture d’importation. L’entreprise estime toutefois que la réussite de cette nouvelle dynamique dépendra de la pleine application du cadre réglementaire. Autrement dit, la reconquête du marché est engagée, mais elle devra désormais composer avec les éventuelles résistances et pesanteurs susceptibles de freiner la montée en puissance de la formulation locale.

 
GR
 

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