TATIE

 

Du fait de la tendance du gouvernement à agir dans l’opacité, le coronavirus apparaît comme l’excuse à une interminable parenthèse à l’Etat de droit.

De nombreux observateurs s’inquiètent de l’effet d’accoutumance, susceptible de transformer le régime d’exception en régime de droit commun. Pour l’heure, on peine à savoir si les restrictions sont proportionnées aux risques sanitaires encourus. © Gabonreview/Shutterstock

 

Pour les populations, ça devrait être une préoccupation de premier ordre. Au-delà des appartenances partisanes, chacun devrait s’en soucier. Depuis quelques jours, cette question revient : concédés par le Parlement le 02 octobre dernier, les 45 jours d’état d’urgence sanitaire sont-ils arrivés à leur terme ? Ont-ils été prorogés de façon tacite et sans autorisation du Parlement ? Est-ce légal ? Même si personne n’a encore apporté de réponse définitive, une chose est certaine : la lutte contre la covid-19 fait peser une lourde hypothèque sur les libertés publiques. Autrement dit, du fait de la tendance du gouvernement à agir dans l’opacité, le coronavirus apparaît maintenant comme un ennemi déclaré des droits fondamentaux. En raison de la propension de l’exécutif à s’exonérer de tout contrôle, il est désormais utilisé comme une excuse à une interminable parenthèse à l’Etat de droit.

Restrictions proportionnées aux risques

Même si la Première ministre a déjà proclamé sa détermination à maintenir «la stratégie de riposte (…) sous réserve de l’évolution de la pandémie», on ne saurait lui donner un blanc-seing. Sans remettre en cause l’existence du virus, on ne peut s’accommoder de la multiplication de ces entraves. Depuis la fin de la Conférence nationale, le Gabon n’a jamais enduré pareilles entorses aux libertés publiques. Depuis mars dernier, elles sont bridées voire confisquées. Il en va ainsi de celles d’aller et venir, d’entreprendre, de se réunir, de mener une vie privée et familiale, d’accéder à l’éducation, de pratiquer sa religion et même de… travailler. Entre le couvre-feu, la limitation des rassemblements à un nombre réduit de personnes, l’obligation du port du masque dans les lieux clos, la fermeture des écoles, bars et restaurants, l’interdiction de pratiquer les sports collectifs ou de rendre visite aux malades et prisonniers, les mesures les plus liberticides ont été édictées, altérant profondément notre mode de vie.

Dans ce contexte, de nombreux observateurs s’inquiètent de l’effet d’accoutumance, susceptible de transformer le régime d’exception en régime de droit commun. Dénonçant «l’illégalité du maintien des restrictions des libertés publiques», Appel à agir a récemment invité le gouvernement à la clarification. Disant y voir un stratagème de «dissimulation de l’incapacité d’Ali Bongo», il s’est étonné du silence du Parlement, l’exhortant à mieux s’acquitter de sa mission de contrôle de l’action gouvernementale. Pour ce collectif citoyen, les 45 jours sont échus. Les pouvoirs publics lui répondront-ils ? Accepteront-ils de donner aux populations les outils d’une meilleure analyse de la situation ? Pour l’heure, on peine à savoir si les restrictions sont proportionnées aux risques sanitaires encourus. On se aussi demande si elles sont appropriées aux circonstances de temps et de lieu, si elles seront levées un jour et sur quels fondements scientifiques.

La liberté doit rester la règle

Sauf à militer pour la consécration de l’arbitraire, on ne peut se contenter du mutisme des pouvoirs publics. Certes, le risque sanitaire peut justifier une restriction des libertés. Mais cela doit se faire dans les formes requises et conformément au droit. Or, dans un Etat de droit, la hiérarchie des normes, la séparation des pouvoirs et la responsabilité des dirigeants sont des principes intangibles. Mieux, les libertés publiques y sont gravées dans le marbre de la Constitution. Idem pour le contrôle parlementaire de l’action gouvernementale. Pour rien au monde, le gouvernement ne peut s’en affranchir. D’où l’agacement voire l’indignation de certains citoyens. Après tout, les restrictions doivent prévenir un risque pour l’ordre public. Elles doivent aussi être de nature à atteindre le but visé et, strictement proportionnées à leurs fins. Hors de ces critères, elles deviennent attentatoires aux libertés. Comme la liberté doit rester la règle, les restrictions doivent respecter l’exigence de proportionnalité. Est-ce le cas au Gabon ? Au train où vont les choses, on peut émettre des doutes.

En attendant les explications des pouvoirs publics, les démocrates et républicains de tous bords ne peuvent sombrer dans la passivité. Ils doivent rechercher les statistiques de la mortalité au Gabon, se pencher sur l’évolution de la covid-19, réfléchir à la mise en œuvre du principe de proportionnalité afin d’évaluer la légalité des mesures de restriction. En un mot, ils doivent refuser l’exagération pour exiger une gestion plus raisonnée et démocratique de la crise sanitaire. Faute de le faire, ils pourraient se faire les complices d’une confiscation durable des libertés publiques. Pour le plus grand malheur de la démocratie et l’Etat de droit.

 
GR
 

4 Commentaires

  1. Maniambu dit :

    Très bonne analyse. Mais je me demande s’ils suivront ces précieux conseils.

  2. Ponce_Pilate dit :

    Bonjour,
    Je vous ai lu plus fine dans l’analyse des données et des évènements.
    Il y a trop d’éléments dans votre propos qui sont au conditionnel alors que vous avez les réponses.

    Par exemple, ce n’est au peuple de chercher à savoir si l’état d’urgence est reconduit ou pas.Il était valable jusqu’au 15/11. Il ne l’est plus au delà.
    Idem pour ce qui est de maintien de l’état d’urgence.
    Vous avez les données, vous savez donc si c’est justifié ou pas.

    Source A : http://covid-19-africa.sen.ovh/covid-19_GABON.php?test=ok&local=ok&pays=266&tp=1&xy=-0.549/11.118&z=6&isnc=1&np=GABON

    Source B : https://www.worldometers.info/coronavirus/country/gabon/

    Source C : https://infocovid.ga/

  3. Ponce Pilate dit :

    Lu sur facebook

    Pourquoi la 2e vague tant attendue au Gabon n’aura pas lieu ?

    Nous raisonnons au Gabon comme un DOM-TOM de la France.
    Nous prévoyons donc une 2e vague au Gabon parce que notre foyer principal du virus, la France, en a eu.

    Pourquoi la 2e vague en France ?
    Parce que la définition de cas actif a changé en France entre le début de l’épidémie et le début de la dite ‘2eme vague’.
    Au début de l’épidémie, avant l’arrivée des tests, un cas actif était un malade; une personne qui arrive à l’hôpital avec des symptômes graves (détresse respiratoire).
    Puis quand les test sont arrivés, le cas actif n’était plus le malade mais le cas positif même asymptomatique. Hors, il y a moins de 5% de malades parmi les cas positif, cela a donc généré une augmentation de plus de 80% cas dit actif, d’où la 2nde vague.

    Pourquoi alors une augmentation des décès dans le même temps en France?
    Parce qu’il y une substitution des décès des cas actif des infections respiratoires de l’hiver attribués au Covid.
    Cette prétendue seconde vague était de 65% inférieur à la première.

    Pour revenir au Gabon, contrairement à la France, nous avons définit dès le début comme cas actif tous les cas positifs au PCR (y compris les asymptomatiques ) et non uniquement les malades.
    On a donc des le début effectué l’extrapolation dans le décompte des cas actifs; il n’y a donc de très forte chance que cette extrapolation change de nouveau.

    Ceci est une analyse qui ne demande qu’a être contredite avec des argument.

    C’est une ouverture à un débat, un échange.

  4. Ponce Pilate dit :

    Lu sur facebook

    Pourquoi le vaccin contre le covid-19 peut être dangereux ?
    Avant de répondre à cette question , je vais en poser 3 :

    1-Pourquoi vacciner la terre entière pour une maladie avec un taux de mortalité de 0.05 % ?
    2-Pourquoi vacciner 2 200 000 gabonais pour une maladie qui en tue 60 ?
    3-Pourquoi vacciner la population mondiale avec une thérapie génétique qui n’a jamais été testé chez l’homme ?

    C’est cette 3e question qui réponds à la question initialement posée.
    Le vaccin chinois écarté fonctionne comme les vaccins classiques i.e. on injecte un virus inactif associé a des adjuvant pour générer une réponse immunitaire et une mémoire cellulaire créant ici une immunité.
    Ici on ,et donc l’organisme en présence d’un virus inactif et on laisse les cellules du corps faire le boulot.

    Avec les vaccins européens et américains (Pfizer, Moderna, Sanofi,…), il est question de faire un thérapie génique.
    C’est a dire que l’on envoi des ARNm ( des ordres sous forme de message génique) aux cellules du corps pour ordonner de produire des anticorps anticovid et générer une immunité.
    Cela n’a jamais été testé chez l’homme, les effets secondaires ne sont pas connus, il existe un risque de re-encodage de l’ADN avec possibilité de transmission de cette anomalie à ses enfants et les entreprises pharmaceutiques qui produisent ces thérapie géniques n’engagent pas leur responsabilité en cas d’effet secondaires.

    Des test espagnols, américains, anglais et français en cours sont effectués pour voir si la vitamine D protège du covid, ce qui expliquerait la résistance des africains.

    Pourquoi le Gabonais qui a vaincu le coronavirus avec un taux de mortalité de 0.0027% i.e. moins de 3 décès pour 100000 gabonais, qui a la vitamine D en stock, qui bouffe de l’Artemisia, le quiqueliba ou la nivaquine…des produits à base de quinine depuis son jeune âge irait s’embourber dans un vaccin non testé et à haut risque ?

    Une fois de plus c’est une analyse qui ne demande qu’a être contredite.

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