Migrants expulsés des États-Unis : Oligui Nguema affirme avoir refusé un accord proposé par Washington
Dans un entretien exclusif accordé à France 24, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a révélé que l’administration du président américain Donald Trump avait sollicité le Gabon pour accueillir des migrants expulsés des États-Unis. Une proposition que Libreville a catégoriquement rejetée, marquant sa différence avec plusieurs pays africains ayant accepté de coopérer avec Washington sur ce dossier sensible.

Brice Clotaire Oligui Nguema et Donald Trump, le 9 juin 2025 à la Maison-Blanche. © D.R.
Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a déclaré avoir refusé une demande formulée par les États-Unis visant à accueillir sur le territoire gabonais des migrants en situation irrégulière expulsés du sol américain.
Interrogé par France 24 sur les accords conclus par Washington avec certains États africains dans le cadre de sa politique de renvoi de migrants vers des pays tiers, le chef de l’État gabonais a confirmé que son pays avait bien été approché par l’administration Trump.
« La même chose nous a été demandée », a-t-il affirmé, avant de préciser : « Je ne les ai pas acceptés chez moi. Il n’y a pas de migrants américains au Gabon. Je n’ai jamais signé cet accord, et le Gabon n’est pas prêt à signer cet accord qui ne nous arrange pas. »
Tout en soulignant les bonnes relations qu’il entretient avec le président américain, qu’il dit « aimer beaucoup » et qui l’a reçu aux États-Unis, Brice Clotaire Oligui Nguema a indiqué que les discussions n’avaient pas abouti sur cette question migratoire.
Une stratégie américaine controversée
Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, les États-Unis ont multiplié les accords dits de « déportation vers des pays tiers ». Cette politique consiste à transférer vers des États partenaires des migrants que Washington ne parvient pas à renvoyer directement dans leur pays d’origine, notamment lorsque ceux-ci refusent de les réadmettre.
Plusieurs pays africains ont accepté de participer à ce dispositif. Le Rwanda a ainsi conclu un accord prévoyant l’accueil de migrants expulsés depuis les États-Unis, tandis que le Ghana, l’Eswatini, l’Ouganda ou encore la Guinée équatoriale ont également coopéré avec Washington sous différentes formes.
Selon diverses enquêtes de presse et rapports parlementaires américains, ces accords se sont souvent accompagnés d’aides financières, d’avantages diplomatiques ou d’assouplissements de certaines mesures américaines à l’égard des pays concernés.
Libreville trace sa propre ligne
La position exprimée par le président gabonais traduit la volonté des autorités de préserver leur souveraineté en matière migratoire et de ne pas s’engager dans un mécanisme dont elles ne perçoivent pas l’intérêt direct pour le pays.
Cette prise de position intervient alors que les accords de transfert de migrants conclus par Washington font l’objet de critiques croissantes de la part d’organisations de défense des droits humains. Celles-ci dénoncent un manque de transparence ainsi que les risques encourus par certaines personnes déplacées vers des pays avec lesquels elles n’ont aucun lien.
En refusant de s’associer à cette politique, le Gabon rejoint ainsi les États africains qui ont choisi de ne pas participer au programme américain de relocalisation des migrants expulsés.













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