Moanda-Bakoumba : la menace d’éboulement relance l’urgence d’un chantier à l’arrêt
Dans le Haut-Ogooué, l’interruption des travaux sur l’axe Moanda-Bakoumba fait craindre une dégradation supplémentaire de la chaussée, jusqu’au risque d’éboulement. Alors que les pluies ravivent les inquiétudes, les populations appellent les pouvoirs publics à agir avant une éventuelle rupture de cette voie stratégique.

Vue d’une érosion sur l’axe Moanda-Bakoumba. © Capture d’écran/Gabon 1ère
Le chantier de la route Moanda-Bakoumba reste confronté à ses vieux démons : les difficultés de financement et l’interruption des travaux. Dans ce secteur du Haut-Ogooué, la dégradation de la chaussée inquiète les riverains, qui redoutent qu’un éboulement ne finisse par couper la circulation. L’arrivée des grandes pluies renforce l’urgence d’une intervention.
L’alerte a été relayée par Gabon 1ère dans son journal télévisé du 15 octobre. Les populations et les autorités locales dénoncent une situation qui perdure et appellent les pouvoirs publics à prendre des mesures préventives, plutôt que d’attendre une rupture de la route pour réagir.
«Les populations manifestent leur inquiétude, et nous avec, de ce qu’il y a un éboulement qui menace fortement de couper la route Moanda-Bakoumba. Et nous n’avons pas d’autre choix que d’interpeller à nouveau les pouvoirs publics. Faut-il attendre que la route se coupe pour que des dispositions soient finalement prises ? Parce que nous sommes tentés de penser, au risque de me tromper, que le chantier de la route Moanda-Bakoumba est le plus vieux chantier routier du Gabon», regrette Aubin janvier Mabecka, président du Conseil départemental de Lékoko.
Un projet qui s’éternise

© Capture d’écran/Gabon 1ère
L’aménagement de l’axe Moanda-Bakoumba, long d’environ 45 kilomètres, est engagé depuis une quinzaine d’années. Après plusieurs périodes d’inactivité, le chantier avait été confié à l’entreprise chinoise Sinohydro en janvier 2024. Mais les difficultés de paiement ont de nouveau paralysé les travaux.
En juillet dernier, le quotidien L’Union rapportait que les engins de l’entreprise étaient immobilisés, faute de règlements. À cette date, seuls 9,5 kilomètres avaient été réalisés en béton bitumineux, tandis que 11,5 kilomètres avaient atteint le stade de la couche de chaussée. Une situation qui compromet l’achèvement d’un axe important pour les déplacements des populations et les échanges économiques. La route permet notamment de rejoindre le Congo par le poste frontalier de Lekoko et dessert plusieurs localités de l’intérieur du pays.
La Loi de finances rectificative 2026 avait inscrit l’achèvement du bitumage parmi les priorités annoncées. Mais entre les engagements budgétaires et la reprise effective du chantier, le décalage reste manifeste.
Le récent remaniement gouvernemental suscite de nouveaux espoirs chez les riverains, qui attendent une relance du dossier par le nouveau ministre des Travaux publics, Lambert Mouvindé Millot. Mais à ce stade, aucune reprise effective ni aucun nouveau calendrier d’achèvement n’est établi. L’urgence consiste d’abord à sécuriser les zones menacées, puis à réunir les conditions financières nécessaires à la poursuite des travaux. Sans intervention, les conséquences pourraient dépasser le seul inconfort de circulation et affecter durablement la mobilité régionale.
















0 commentaire
Be the first one to leave a comment.