Mouila : 1,2 milliard de FCFA réclamé à Airtel Gabon par un ancien ministre 2 ans après un incendie
Près de deux ans après l’incendie ayant ravagé l’immeuble du « Point 9 » à Mouila, le contentieux opposant son propriétaire, Martin Moulengui Mabende, à Airtel Gabon se poursuit devant le Tribunal de première instance de Mouila. L’ancien ministre et ancien député réclame au total 1,228 milliard de FCFA au titre de la reconstruction du bâtiment, des loyers et du préjudice qu’il estime avoir subi. L’opérateur télécom rappelle toutefois qu’il s’agit, à ce stade, des prétentions d’une partie dans une procédure en cours.

L’ancien ministre Martin Moulengui Mabende, le 11 janvier 2023, à Libreville. © Capture/GabonReview
Le dossier judiciaire autour de l’ancien site commercial d’Airtel Gabon à Mouila prend une nouvelle dimension. Selon des informations rapportées par La presse judiciaire gabonaise et reprises par Direct Infos Gabon, Martin Moulengui Mabende, propriétaire de l’immeuble dit « Point 9 », réclame 1 228 116 760 FCFA à l’opérateur télécom, après le sinistre du 18 juillet 2024.
La demande est ventilée en trois principaux postes : 421 391 000 FCFA pour la reconstruction intégrale de l’immeuble, 756 755 760 FCFA correspondant au préjudice financier lié aux loyers, et 50 millions de FCFA au titre des dommages-intérêts.
Plus de 756 millions de FCFA au titre des loyers
Le poste le plus important concerne les revenus locatifs. Le propriétaire réclame ainsi plus de 756 millions de FCFA correspondant, selon ses prétentions, aux loyers échus et non réglés depuis le sinistre.
Dans sa démarche judiciaire, Martin Moulengui Mabende estime que cette interruption prolongée des revenus locatifs constitue un préjudice financier important. Le contentieux porte donc également sur les conséquences économiques de l’arrêt d’exploitation du bâtiment.
Dans cette affaire, on évoque un bail commercial conclu avec Celtel Gabon, devenue Airtel Gabon, suivant un acte sous seing privé signé le 1er novembre 2004. L’immeuble abritait notamment une boutique, des bureaux et un dépôt.
421 millions de FCFA pour reconstruire l’immeuble
À la perte des loyers s’ajoute le coût revendiqué pour la remise en état du bâtiment. Le propriétaire chiffre à plus de 421 millions de FCFA le montant nécessaire à sa reconstruction intégrale.
L’incendie du 18 juillet 2024 avait fortement endommagé l’ancien site commercial. Depuis, le bâtiment serait resté dans un état de dégradation avancée. Dans les éléments rapportés dans le cadre de la procédure, le propriétaire estime même qu’une simple réhabilitation ne suffirait plus et qu’une démolition suivie d’une reconstruction pourrait être nécessaire.
À ces deux postes s’ajoutent 50 millions de FCFA de dommages-intérêts, réclamés par le propriétaire au titre de ce qu’il présente comme une résistance abusive dans le traitement du dossier.
Airtel Gabon rappelle que le contentieux est en cours
Face à la médiatisation de l’affaire, Airtel Gabon a publié, le 28 septembre, un communiqué de presse destiné à préciser sa position.
L’opérateur souligne que les montants diffusés dans la presse « correspondent exclusivement aux prétentions d’une partie à un contentieux en cours ». Ils ne constitueraient donc, selon lui, « ni une créance reconnue, ni une dette établie, ni une condamnation judiciaire ».
Airtel Gabon estime qu’il appartient aux juridictions saisies, au terme du débat contradictoire, de déterminer « les faits allégués, les responsabilités éventuelles et l’évaluation des préjudices invoqués ».
La justice appelée à trancher
L’entreprise dit par ailleurs faire confiance à « l’indépendance et à l’impartialité de la justice gabonaise » et indique qu’elle continuera à défendre ses droits par les voies légales prévues.
Elle précise également qu’elle ne fera pas davantage de commentaires sur le fond de l’affaire « jusqu’à l’intervention d’une décision définitive ».
Le dossier reste ainsi suspendu à la procédure judiciaire. À ce stade, les 1,228 milliard de FCFA correspondent aux sommes réclamées par Martin Moulengui Mabende et non à une condamnation définitive d’Airtel Gabon. La détermination des responsabilités et, le cas échéant, du montant d’une éventuelle indemnisation relève du Tribunal de première instance de Mouila et des voies de recours prévues par la loi.
















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