Mouila : des juridictions à bout de souffle interpellent le ministre de la Justice
En déplacement à Mouila, le 20 mai, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, chargé des Droits humains, Augustin Emane, a été confronté à une réalité préoccupante au sein des juridictions sous tutelle. À l’occasion de la visite du tribunal administratif, du tribunal de première instance et de la Chambre provinciale des Comptes, les chefs de ces juridictions ont exprimé, avec insistance, leurs difficultés quotidiennes. Ils ont particulièrement évoqué des conditions de travail contraignantes qui entravent l’exercice de leurs missions.

Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Augustin Emane, scrutant les dossiers relatifs aux juridictions de Mouila. © D.R.

Instantanés de la visite du ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Augustin Emane, dans les Tribunaux de Mouila. © D.R.
Le 20 mai, à Mouila, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Augustin Emane, a constaté, lors d’une descente sur le terrain, dans le cadre des visites des structures sous tutelle, les difficultés dans lesquelles évoluent les juridictions de cette ville. Ce qui a amené les responsables de ces tribunaux à dénoncer les conditions de travail difficiles qui compliquent l’exercice de leurs fonctions.
Face au premier responsable du département ministériel en charge de la Justcice, le Premier président de la Chambre d’accusation, Badiath Ndjia Ndjia, le président du Tribunal de première instance, Michel Mapangou Mambinga, le président du Tribunal administratif, Wilfrid Oyougou, ainsi que le président intérimaire de la Chambre provinciale des Comptes, Brice Vianney Zué Allogo, ont insisté sur l’urgence d’une prise en charge effective de leurs préoccupations. Tous ont souligné que «la satisfaction de toutes leurs préoccupations participerait à la bonne marche des juridictions dont ils ont la lourde responsabilité».
Cette situation reflète les défis auxquels sont confrontées de nombreuses juridictions à travers le pays
Le constat dressé par le ministre lui-même a mis en évidence de profondes difficultés. Malgré une offre judiciaire équivalente à celle de Libreville, les juridictions de Mouila souffrent d’un déficit d’infrastructures et d’un environnement de travail dégradé, conséquence d’un «laisser-aller entretenu dans un passé récent». Loin d’être isolée, cette situation reflète les défis auxquels sont confrontées de nombreuses juridictions à travers le pays. Augustin Emane a reconnu que «le challenge est immense», en rendant hommage aux personnels qui exercent «dans des conditions extrêmement difficiles».
Au-delà du diagnostic, plusieurs problématiques spécifiques ont été soulevées, notamment la sécurité des actes juridiques dans le cadre de l’extension de la compétence de la Chambre provinciale de Mouila sur Lambaréné, l’absence d’accompagnement lors des affectations, le suivi des carrières et les questions de protection des magistrats. Autant de préoccupations auxquelles le ministre a répondu par un engagement à apporter des solutions «à court, moyen et long terme». Toute chose qui a laissé entrevoir une volonté politique de réforme, dont la concrétisation sera scrutée de près par les acteurs judiciaires.













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