Un gardien de prison condamné à passer de l’autre côté des barreaux. Deux civils qui écopent de la même peine. Et, au cœur du dossier, du cannabis qui aurait été subtilisé dans les scellés du tribunal de Mouila. Une affaire où les versions se heurtent et où la provenance de la marchandise donne au trafic une tout autre dimension.

Avec deux civils, le maton séjourne désormais à la prison de Mouila. © D.R.

 

À Mouila, cinq hommes se sont retrouvés devant le Tribunal de première instance pour répondre de faits de détention, de vente ou de complicité de vente de cannabis remontant à février 2026. Sur le banc des prévenus : trois agents pénitentiaires, Vinique Kassa Kassa, Ndembi Aworet et Terence Eyeghe, et deux civils, Clarek Mombo Boussougou et Abdoulaye Bobo.

Mais ce dossier comporte un détail de taille. Selon une source bien informée de l’affaire, le cannabis aurait été frauduleusement soustrait à un scellé conservé au tribunal. De la drogue saisie par la justice qui se retrouve au cœur d’une affaire de revente : voilà le point le plus troublant du dossier.

Une chambre, du cannabis et des explications qui coincent

L’enquête démarre avec l’arrestation des deux civils par les policiers de l’Office central anti-drogue (OCAD) de la Ngounié. Ils sont en possession de cannabis. Les enquêteurs interpellent ensuite Terence Eyeghe, qui partage leur domicile. Dans sa chambre aussi, ils découvrent du chanvre.

D’où vient cette drogue ? L’agent pénitentiaire affirme d’abord s’en être procuré lors d’un voyage à Libreville. Seulement, les récits des cinq prévenus se contredisent. À la barre, sommé de préciser ses explications, Terence Eyeghe s’embrouille, notamment sur l’implication de ses coaccusés. Il reconnaît néanmoins la découverte du cannabis dans sa chambre.

Abdoulaye Bobo admet, lui, avoir participé à la vente. Son argument pour solliciter l’indulgence du tribunal : il aurait voulu rendre service à Terence Eyeghe plutôt que le dénoncer. Clarek Mombo Boussougou reconnaît consommer du cannabis depuis près d’un an. Les deux autres agents pénitentiaires nient toute participation.

Dix ans réclamés, deux hommes mis hors de cause

Le procureur requiert dix ans de prison contre Ndembi Aworet et Terence Eyeghe. Il réclame un an ferme et 100 000 FCFA d’amende pour chacun des deux civils, ainsi que la relaxe de Vinique Kassa Kassa au bénéfice du doute.

Le jugement ne suit pas ces réquisitions. Vinique Kassa Kassa et Ndembi Aworet sont mis hors de cause. Terence Eyeghe, Clarek Mombo Boussougou et Abdoulaye Bobo sont condamnés chacun à douze mois de prison ferme et à 100 000 FCFA d’amende. Pour l’un des trois gardiens poursuivis, les barreaux changent désormais de côté.

 
GR
 

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