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Surpris de la nomination de leur président et porte-parole, Wielfried Erisco Mvou Ossialas, au poste de conseiller du directeur général de l’Institut gabonais de l’image et du son (Igis), le collège des présidents de la Confédération des syndicats des régies financières et des administrations assimilées(Cosyrefaa) a dénoncé, le 17 juin, cette mesure assimilée à une atteinte grave à la démocratie, à l’Etat de droit et aux libertés syndicales.

Le 1er vice-président de la confédération, Carlos Roberto Otounga. © Gabonactu

 

Nommé en conseil des ministres du 12 juin courant au poste de conseiller du directeur général de l’Institut gabonais de l’image et du son (IGIS), l’inspecteur vérificateur adjoint, Wilfried Erisco Mvou Ossialas, par ailleurs président et porte-parole de la confédération des syndicats des régies financières et administrations assimilées (Cosyref) a refusé cette nomination. Il la considère comme une manœuvre sordide ourdie contre lui pour l’empêcher de dénoncer les détournements massifs de deniers publics commis par des fossoyeurs de l’Etat.

Le 17 juin, ses camarades membres du collège des présidents de cette confédération ont condamné cette initiative, la qualifiant d’«atteinte grave à la démocratie, à l’état de droit et aux libertés syndicales».

«La Cosyrefaa interpelle humblement le président de la République, la communauté nationale et internationale sur les dérives visant à restreindre les libertés syndicales au Gabon et plus précisément au sein du ministère de l’Economie et des Finances», a déclaré le 1er vice-président de la confédération, Carlos Roberto Otounga, affirmant que cette manœuvre vise à éloigner son leader de l’arène syndicale.

Se réservant le droit d’épuiser toutes les voies de recours pour garder Wilfried Erisco Mvou Ossialas au sein du ministère, Carlos Roberto Otounga n’a pas manqué de rappeler que la Cosyrefaa est un partenaire de l’Etat et que le Gabon est signataire de nombreux traités internationaux visant à protéger l’activité syndicale qui est encadrée par des textes supranationaux et nationaux.

Il a notamment cité les conventions de l’OIT N°87, article 3 alinéa 2 qui stipule que «les autorités publiques doivent s’abstenir de toutes interventions de nature à limiter ce droit ou en entraver l’exercice légal» ; la convention OIT n°151, annexe B, partie II article 4 alinéa 1 qui stipule que «les agents publics doivent bénéficier d’une protection adéquate contre tous actes de discrimination tendant à porter atteinte à la liberté syndicale».

Sur la base des textes nationaux ; la Loi n° 8/91 du 26 septembre 1991 portant statut général des fonctionnaires à son article 21 stipule que «l’exercice des droits syndicaux y compris celui du droit de grève est reconnu aux fonctionnaires … » et l’article 63 dispose que. «les nominations à certaines hautes fonctions de responsabilité, dont la liste est fixée par la loi, sont prononcées par décret pris en conseil des ministres sur une liste d’aptitude par spécialité, conformément à la constitution et aux statuts particuliers, et sous réserve que l’emploi en cause existe et qu’il soit effectivement vacant».

Pour la Cosyrefaa, cette nomination est davantage perçue une sanction qu’une quelconque promotion. Elle vise à faire taire son leader, à l’éloignant du ministère de l’Economie et des finances.

 
GR
 

2 Commentaires

  1. JAMES DE MAKOKOU dit :

    VOICI UN COMPATRIOTE, UN VRAI QUI SAIT DIRE NON AU SYSTEME BONGO, CAR IL SAIT BIEN QUE C’EST UNE NOMINATION PIEGE, CAR UNE FOIS A CE POSTE, IL SERA MIT AU PLACARD AU PROCHAIN CONSEIL DES RIGOLOS ET DES EXPERTS EN DETOURNEMENTS DES FONDS PUBLIC

    BRAVO

  2. bill ngana dit :

    Je ne comprends pas bien ce qui se passe dans cette affaire. Cet agent du ministère de l’Economie et des Finances, syndicaliste à ses heures perdues, est aussi expert dans la production des images et du son ? Il est donc aussi costaud que ça ? Ou bien le Gabon est toujours en manque de cadres comme en 1963, à une époque où le neveu du chef, chasseur de gazelles de son état, était désigné dentiste à temps plein, …ou l’instituteur à jouer le rôle du technicien des Postes et Télécommunications ? Tout cela, parce qu’il y avait un manque criard de spécialistes de premier ordre dans toutes les contrées d’un Gabon à peine indépendant. Aahhh, j’accusais donc à tort, ceux qui disent partout que le Gabon, en 2020, a régressé de quelques décennies ? Ne peuvent-ils pas avoir raison lorsqu’on assiste à des événements de cette sorte ? Les conseillers juridiques apprécieront, s’ils trouvent des indices s’opposant à une telle nomination dans les procédures en vigueur.

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