Depuis la mise en place effective du nouveau régime de traitement des agents publics, le gouvernement élude ouvertement la question du devenir de la Prime d’incitation à la performance (PIP).

© Gabonreview

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Ayant été, pendant de longs mois, la principale source d’agitation au sein de l’administration publique, la Prime d’incitation à la performance (PIP) a finalement fait «pschitt ». Disparue aussi brutalement qu’elle est arrivée, sans que nul n’ait véritablement compris pourquoi et comment elle avait été instituée, cette prime n’existerait plus que dans la mémoire des Gabonais. Une réalité que le gouvernement a bien du mal démentir, au regard du curieux silence actuel sur la question. Comme sortie du chapeau d’un prestidigitateur, alors que les agents s’échinaient à revendiquer une simple revalorisation salariale et le relèvement du point d’indice, la PIP a tout bonnement disparu.

Pourtant, la PIP qui était devenue une sorte d’«acquis indéniable» pour les agents qui stoppaient toute activité professionnelle ou battaient le pavé pour peu que son versement arrive en retard, n’existe vraisemblablement plus. A la simple évocation du sujet, les départements ministériels se rejettent la patate chaude. La PIP doit-elle définitivement être considérée comme une prime ayant existé jadis comme les fonds communs ? La question se pose, et les pouvoirs publics sont tout à coup muets, comme gênés. «Sur la Prime d’incitation à la performance, je tiens à préciser que celle-ci n’étant pas servie par la direction de la Solde, le directeur de la Solde que je suis n’est pas compétent pour répondre à cette question», peut-on lire dans l’interview accordée au directeur de la Solde par le quotidien L’Union, le 13 août 2015.

Si la réponse d’Edouard Mfoula Mbome sur la disparition ou non de la PIP suite à la mise en place effective, le 23 juillet dernier, du nouveau système de rémunération des agents apparaît clairement comme une façon de botter en touche, il est loin d’être le seul à réagir de la sorte. Lors de la conférence de presse donnée le 25 juillet dernier par les ministres de la Fonction publique et du Budget, la question avait également été éludée. Ni Jean-Marie Ogandaga ni Christian Magnagna n’avaient osé se jeter à l’eau. Le gouvernement se contente d’assurer que les primes, à l’instar de celle allouée aux chercheurs et enseignants-chercheurs – la Prime d’incitation à la recherche (Pir) -, seront désormais versées de façon mensuelle et ne souffriront donc plus d’aucun retard. Pourquoi tant de mystère autour de la PIP ? Les pouvoirs publics auraient-ils peur de reconnaître sa disparition pour éviter de nouveaux troubles ? Pour l’heure personne ne semble avoir le courage d’aborder clairement le sujet.

 

 
GR
 

7 Commentaires

  1. jwice dit :

    Cette prime a disparu rapidement de la meme manière qu’elle a été créee.Je me pose une question, pourquoi le gouvernement l’a t-elle créee?

  2. CANTON LEYOU dit :

    Encore une fois de plus et spectaculairement curieux qu’Ali vient de vous montrer qu’il ne « fait pas ce qu’il dit » et ne « dit pas ce qu’il fait ». Mais comment comprendre qu’un PR se ravise à chaque fois sur ses propres initiatives ou ses propres décisions? Depuis son avènement à la magistrature suprême, on en dénombre plusieurs cas de ravissement ou du genre « j’ai jamais promis ou dis cela »; c’est lamentable. Je retiendrais au moins ceci: « je préfère être un amateur de la politique et non un professionnel de la politique » signé ABO lors d’un des conseils des ministres délocalisés à l’intérieur du pays. Amateurisme quand tu nous tiens.
    Cordialement.

  3. le Blogueur Gabonais dit :

    pour ma part c’est MIEUX ainsi

    • TARAMEK dit :

      Mr le Blogueur Gabonais,

      De grâce soyez un plus clair. Je peux être d’accord avec vous sur un point. celui de la suppression pure et simple de cette PIP. Le Gabon ne fonctionne pas qu’avec les agents publics mon Dieu !
      Et nous qui sommes au privée qui s’occupera de nous? Que fait l’Etat avec la fameuse « TAXE COMPLEMENTAIRE »? Les agents du secteur privé sont éssouflés avec l’impôt qui ne cesse d’augmenté.
      Tenez, j’ai un salaire de base d’1 million 69000fcfa, mais je suis déjà 380000FCFA d’impôt. J’ai 4 enfants et une femme.
      Et tout cela pour aller payer cette histoire de PIP aux paresseux de fonctionnaires gabonais.
      OUI BIEN D’ACCORD AVEC VOUS LE BLOGUEUR GABONAIS.

  4. moulamba boniface dit :

    le gabon ne vit que des rumeurs,on ne sait pas qui fait quoi ou encore qui est qui et cest regrettable pour un pays de droit comme le gabon

  5. Bukulu bu ngani dit :

    Au commencement étaient les fonds communs. Leur suppression fit grand bruit surtout dans les régies financières où cette prestation représentait une énorme manne financière pour leurs bénéficiaires. Puis fut créée la PIP qui eut le mérite de profiter à un plus grand nombre d’Agents publics.Enfin naquit le NSR. Il est à craindre que malgré les espoirs que celui-ci suscités, nous n’assistions encore à des grèves à répétition pour réclamer la PIP, tant sa suppression n’a pas été annoncée de manière formelle par les décideurs. Grèves qui pourraient être assimilées à de l’ingratitude de la part du gouvernement qui estime avoir fait beaucoup. C’est pour ça qu’il convient d’avoir dès le début un langage clair. Ce qui n’est pas le cas apparemment.

  6. Nzela jean dit :

    La suppression de cette prime n’ affecte en rien les salaires des agents du secteur publique . Au contraire les salaires ont été revu à la hausse .

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