La lutte contre les cancers féminins et masculins se poursuit au-delà des campagnes de sensibilisation. Au Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL), le gouvernement renforce les capacités du laboratoire d’anatomopathologie avec quatre microscopes supplémentaires et deux médecins spécialistes affectés à cette structure. Un dispositif destiné à améliorer la fiabilité des diagnostics et le suivi des cas suspects détectés à travers le pays.

La ministre Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou s’imprégnant du dispositif, le 4 novembre 2026. © GabonReview

 

Après la sensibilisation et les dépistages organisés dans le cadre de la campagne Octobre Rose, place au suivi médical des personnes présentant des signes suspects. C’est dans cette perspective que la ministre de la Santé, le Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou, a procédé, ce mercredi 4 novembre 2026, à la remise d’un don d’équipements au laboratoire d’anatomopathologie du Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL).

Cette dotation, qui intervient dans le prolongement des actions menées durant Octobre Rose et à l’entame de Novembre Bleu, vise à renforcer les capacités techniques de cette unité essentielle dans la détection des cancers. Elle comprend notamment quatre microscopes à lumière blanche supplémentaires. À cet investissement matériel s’ajoute un renforcement des ressources humaines, avec l’affectation de deux médecins anatomopathologistes au CHUL.

Pour la ministre de la Santé, l’enjeu est de taille, tant cette spécialité occupe une place déterminante dans la chaîne de diagnostic. «L’anatomopathologie est une spécialité en médecine dont l’objectif est d’examiner l’ensemble des tissus ou des organes que l’on prélève», a-t-elle expliqué. Et de préciser : «On peut prélever le col, le sein, la prostate. C’est donc la spécialité qui vise à examiner ces prélèvements et à décider justement s’il s’agit d’un cancer ou pas».

Réduire les risques d’erreurs médicales et améliorer la qualité de la prise en charge

La remise symbolique du matériel et quelques moments de la journée au CHUL. © GabonReview

Au-delà de l’acquisition des équipements, le gouvernement entend surtout réduire les risques d’erreurs médicales et améliorer la qualité de la prise en charge. «Ces quatre microscopes à lumière blanche supplémentaires vont permettre d’améliorer justement le diagnostic de ces cancers. Lorsqu’on parle d’amélioration du diagnostic, on va tout de suite limiter les erreurs diagnostiques potentielles et, bien sûr, améliorer l’offre de soins», a souligné Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou.

La ministre a également rappelé que le CHUL constitue le principal centre d’analyse des prélèvements anatomopathologiques provenant aussi bien de Libreville que des provinces. Les échantillons sont également examinés à l’Institut de cancérologie d’Akanda, structure de référence en matière de prise en charge des cancers. Une organisation qui place ces deux établissements au cœur du dispositif national de dépistage et de confirmation diagnostique.

La question du coût des examens et de la prise en charge reste toutefois un enjeu important. 

Interrogée sur la possibilité de maintenir la gratuité des examens au-delà des campagnes de sensibilisation, la ministre a reconnu les contraintes financières liées à cette spécialité. «C’est du matériel qui coûte cher. Il y a des appareils, des microscopes, des colorants à acheter, il y a beaucoup de matériel derrière. Donc c’est vrai que parler de gratuité tout au long de l’année, c’est difficilement envisageable», a-t-elle indiqué.

Le gouvernement travaille néanmoins avec la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) afin de garantir une prise en charge à 100 % des patients une fois le diagnostic du cancer confirmé. Une perspective qui pourrait contribuer à réduire le poids financier de la maladie pour les familles et à faciliter l’accès aux soins.

Enfin, la ministre a tenu à rappeler que l’anatomopathologie ne se limite pas au diagnostic des cancers du sein, du col de l’utérus ou de la prostate. «Il n’y a pas que les cancers, il y a d’autres pathologies qui sont diagnostiquées au niveau de l’anatomopathologie. Donc, il est important aujourd’hui de mettre en avant cette spécialité», a-t-elle insisté.

À travers ce renforcement du laboratoire du CHUL, l’enjeu est désormais de transformer les opérations ponctuelles de dépistage en un véritable parcours de diagnostic et de prise en charge, accessible aux populations sur l’ensemble du territoire national.

 
GR
 

0 commentaire

Be the first one to leave a comment.

Post a Comment