«On n’épouse pas une divorcée» : Chancia Mapaga met les préjugés à l’épreuve de l’amour
Un mariage défait doit-il condamner les amours à venir ? Avec son deuxième roman, présenté le 26 septembre à Port-Gentil, Chancia Mapaga interroge le discrédit attaché aux femmes divorcées et l’emprise familiale sur les choix du cœur. Un récit où se reconstruire suppose aussi de résister au jugement des autres.

Chancia Mapaga, l’écrivaine Gabonaise, présentant son deuxième ouvrage »On n’épouse pas une divorcée ». © GabonReview
Chancia Mapaga a choisi une interdiction pour titre, et sa contestation pour matière romanesque. Présenté samedi à l’École de commerce de Port-Gentil, On n’épouse pas une divorcée, publié chez Terre Noire Éditions, prolonge l’attention portée aux expériences féminines dans Les soupirs d’une femme, son premier ouvrage.
« Une femme divorcée n’est pas une femme finie », affirme l’auteure. Cette conviction traverse l’histoire de Bousseyi et d’Obiang, dont le projet amoureux se heurte aux résistances de l’entourage familial. Le passé matrimonial de Bousseyi devient un argument contre leur avenir commun, tandis que l’ancienne compagne d’Obiang conserve une place auprès de certains de ses proches.
Le couple face au tribunal familial
Autour des deux personnages, rumeurs, médisances et interventions familiales fragilisent la relation. Obiang se retrouve partagé entre ses sentiments et ses attaches ; Bousseyi, renvoyée à une séparation qui menace de la définir tout entière. Le roman déplace ainsi la question : moins que le divorce, c’est le pouvoir accordé aux autres sur une existence qu’il met en discussion.
Lors de la présentation, un intervenant a souligné la place des repas et des réunions familiales dans la construction du récit. Ces scènes, où les paroles s’affrontent et les intentions se dévoilent, lui confèrent, selon cette lecture, une dimension théâtrale.
Au milieu des tensions, le jeune Ebelle pose une question qui élargit la perspective : « Pourquoi les adultes ont-ils si peur d’être heureux ? » À travers ce regard d’enfant se dessinent la crainte de déplaire, la difficulté à rompre avec le passé et le besoin d’approbation.
Inscrit, comme le précédent roman, dans la collection Moughétou de Terre Noire Éditions, consacrée notamment à la condition des femmes africaines, cet ouvrage défend la possibilité d’un nouveau départ. Avec cette interrogation en filigrane : quelle liberté reste-t-il d’aimer lorsque la famille s’arroge le droit de choisir ?
















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