Opération “sans papiers” : la Police s’apprête à lancer une chasse nationale aux clandestins
Un document interne ultra-sensible, signé le 14 novembre 2025 par le Général de Corps d’Armée Serge Hervé Ngoma, révèle le déclenchement d’une opération d’interpellations massives ciblant l’immigration clandestine sur tout le territoire gabonais. Plus de 2 280 policiers sont mobilisés, avec des consignes strictes, une interdiction de filmer et une traçabilité obligatoire de chaque interpellation.

Zones bouclées, interdiction de filmer, fichage systématique : la Police déclenche la plus grande opération de contrôle de population depuis des années. © D.R.
Une note du patron des Forces de police nationales (FPN) demande aux Directeurs provinciaux de la Sécurité Publique (DPSP) et aux responsables d’unités opérationnelles de la Police Nationale de prendre les dispositions en vue du lancement d’une opération de sécurisation et d’interpellation ciblée sur l’ensemble du territoire national.
L’opération combine contrôles d’identité, fouilles, quadrillages urbains et sécurisation de périmètres. Elle s’inscrit dans une stratégie de reprise en main de l’ordre public dans un contexte de criminalité transfrontalière croissante.
Derrière les mots froidement administratifs, une réalité brute : contrôles systématiques, quadrillage des quartiers, bouclage de périmètres, pénétrations d’unités spécialisées et fichage intégral des personnes arrêtées. Le Grand Libreville est désigné comme épicentre prioritaire. Objectif officiel : frapper fort contre l’immigration clandestine, la drogue et le banditisme. Mais les méthodes employées posent une question politique et juridique majeure : jusqu’où l’État peut-il aller pour “sécuriser” ?
Une opération massive, structurée comme une offensive
Le dispositif mobilise 2 280 agents issus des unités les plus robustes : BRI, BAC, GAS, EMPI, USP, brigades nautiques, police judiciaire et renseignements.
La structure opérationnelle repose sur deux pôles : un Poste de Commandement unique, composé des plus hauts responsables policiers, et des équipes déployées sur le terrain, chargées des patrouilles, de l’interpellation, du bouclage et de la pénétration dans les zones ciblées.
Chaque arrestation doit faire l’objet d’une fiche nominative, avec identité, âge, nationalité, motif d’interpellation et observations. Autrement dit : aucune interpellation sans enregistrement administratif, ce qui confirme une stratégie de fichage systématique.
Interdiction de filmer et contrôle centralisé : sécurité ou dérive ?
La note impose l’interdiction absolue de filmer l’opération avec un téléphone. L’usage de la force n’est autorisé qu’en cas de nécessité absolue, et un rapport détaillé doit être rédigé à la fin de l’opération pour examen par le Poste de Commandement.
Ces instructions, inhabituelles dans un cadre civil, renforcent l’idée d’une opération menée dans une logique quasi-militaire, loin du regard public, sans garantie explicite sur la transparence ni sur les droits des personnes contrôlées.
L’ampleur du dispositif, l’interdiction de filmer et la centralisation totale des informations posent une question sensible : s’agit-il d’une opération de sécurité indispensable ou d’une opération de contrôle administratif de populations, risquant d’ouvrir la porte à des abus ?
















1 Commentaire
La programmation de cette opération rendue publique traduit en soi les faiblesses de l’administration en charge de ces problématiques de s’assurer de ce qu’à travers les contrôles de tous les jours pour récolter 500fcfa par ci par la,
(1) les personnes interpellées disposent de documents d’identification en règle et donc pour les sujets étrangers, qu’ils jouissent d’un séjour régulier consacré par une carte dûment délivrée par les organes compétents, en cours de validité
(2) les personnes contrôlées sont libres de toutes poursuites et de tous délits (trafics de stupéfiants, activités illicites…auteurs de crimes…)
Bref, il y’a du boulot pour mon neveu Mark Alexandre du numérique qui devrait construire une plateforme consultable par la maréchaussée, aux fins de s’assurer de ce que les identités déclarées sur les documents produits lors des contrôles sont avérées, et je précise que cette opération de contrôle doit s’inscrire au titre d’exercice permanent, quotidien en somme pour les agents des fds déployés sur les voies publiques à cette fin, au lieu de brandir ça comme un épouvantail pour impressionner et susciter une simple accalmie à l’occasion du séjour du chef gaulois.