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Pour la première fois dans l’histoire des municipalités, le ministre de tutelle choisit de désigner, à la place des conseils locaux ou des maires centraux, les maires d’arrondissement dans un domaine. C’est connu, la gestion des ordures ménagères est une affaire de gros sous. Bizarrerie !

Est-ce parce que sa troisième épouse est maire d’arrondissement à Akanda au nord de Libreville que Lambert-Noël Matha en a décidé ainsi ? © Gabonreview

 

Après la décision de Lambert Matha de désigner les maires d’arrondissement du Grand Libreville dans le dossier de la gestion des ordures ménagères, quelques voix s’interrogent dans l’opinion : le ministre de l’Intérieur veut-il se substituer aux maires centraux en allant s’immiscer jusque dans la répartition des taches au sein des conseils municipaux ? Est-ce son rôle ? Jusqu’où ira-t-il ? Tout lui est-il permis en tant que tutelle administrative ?

Une épouse maire d’arrondissement

«Est-ce parce que sa troisième épouse est maire d’arrondissement dans la commune d’Akanda au nord de Libreville qu’il a décidé de déraper en toute conscience ?», s’interrogent certains observateurs de la vie politique nationale. Selon un universitaire, enseignant de droit public à l’Université Omar-Bongo, «ce n’est pas parce qu’il assure la tutelle des collectivités locales qu’un ministre doit aller jusqu’à choisir lequel ou lesquels des élus dans un conseil local doit ou doivent gérer un dossier ; cela est incompréhensible et inadmissible». Un autre, sociologue de la même université Omar Bongo, affirme qu’avec une telle décision, «le ministre de l’Intérieur s’est pris les pieds dans le plat, car il s’agit d’une décision visiblement dictée par des considérations autres qu’objectives ; cette décision est basée sur des critères sentimentaux et népotiques».

«C’est au maire de la commune, en tant que président du conseil municipal, de confier, s’il le souhaite, avec l’accord des conseillers municipaux, telle ou telle tâche à tel ou tel maire d’arrondissement», affirme un conseiller municipal d’Akanda. «Le reste relève de critères quelconques. Dans ce pays, même si on nous a habitués à des décisions irréfléchies, ne pensez pas que nous n’en connaissons pas les fondements ; la gestion des ordures ménagères est une affaire de gros sous qu’il faut absolument contrôler», ajoute l’élu cité plus haut.

Décision diversement appréciée

Depuis deux semaines, le Ministre d’État, Ministre de l’Intérieur a entrepris de rencontrer les maires d’arrondissement dans leurs circonscriptions, afin d’assurer le service après-vente de sa décision. Après avoir annoncé sa décision aux maires d’arrondissement de Libreville un samedi matin lors d’une convocation express dans ses bureaux, il s’est rendu à Owendo, Ntoum et Akanda.

La décision est cependant diversement appréciée et interprétée. Lambert-Noël Matha a peut-être commis là sa première grande faute dans son rapport avec les collectivités locales. «Qu’il laisse les collectivités territoriales décider elles-mêmes la gestion de ce dossier !», aurait voulu lui suggérer un ancien maire de Libreville.

 
GR
 

4 Commentaires

  1. Paul-Marie DIVASSA dit :

    Affaire de gros sous en effet. Sur le budget 2021, Lambert Matha avait sollicité 7 milliards CFA contre 3,6 milliards jusque-là. Grosse manne financière. Une loi prise pour des raisons sentimentales. Notre pays-là vraiment… J’étais juste de passage.

  2. ENDUNDU dit :

    Tout est dit ici. Les populations gabonaises sont habituées aux décisions irréfléchies de leurs autorités ( désormais, gestion des ordures ménagères léguée aux Maires d’arrondissements, Augmentation des prix des tests PCR Covid19…). Pathétique heinn 🤔🤔🤔

  3. Herbert Angelus dit :

    Depuis 1990, nous fonctionnons avec le même système et il est visible que ça ne marche pas. Les villes du Gabon sont toujours aussi sales sinon plus qu’avant. Ce qui témoigne de l’incapacité des maires centraux à gérer ce dossier. Pourquoi ne pas essayer quelque chose de différent ?

  4. Paul Bismuth dit :

    La question est : que disent les textes encadrant les compétences des collectivités locales et leur rapport à l’administration de tutelle ? Par ailleurs, il faudrait que le conseil d’Etat nous dise concrètement ce qu’on entend par tutelle administrative dans ce « pays de merde ». Car il se peut que ce terme y est un sens sui generis. À partir de là on pourra savoir si oui ou non Matha se rend coupable d’un excès de pouvoir (violation de la l’égalité).

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