Réunis à la mairie d’Owendo ce 30 avril 2026, autorités locales, partenaires éducatifs et communautés ont pris connaissance du bilan d’une campagne de sensibilisation menée auprès des jeunes. Entre précarité menstruelle, violences et addictions, le diagnostic posé met en lumière des réalités préoccupantes et ouvre la voie à des actions concrètes.

Parfait Junior Magnaga lors de la présentation du bilan, le 30 avril 2026 à Owendo. © GabonReview

 

La mairie d’Owendo a servi de cadre, ce jeudi 30 avril 2026, à la présentation du bilan de la campagne de sensibilisation menée auprès des jeunes âgés de 5 à 22 ans. Portée par l’UNESCO en partenariat avec la municipalité, cette initiative visait à renforcer les connaissances en matière de santé et de bien-être, en abordant des problématiques majeures, telles que la précarité menstruelle, les grossesses précoces, les violences basées sur le genre (VBG), la consommation de drogues et la prévention du VIH.

Conduite en février 2026, cette immersion s’inscrivait dans une démarche d’écoute active et d’accompagnement de la jeunesse d’Owendo. L’objectif n’était pas seulement de collecter des données, mais d’apporter des réponses concrètes aux réalités vécues sur le terrain. Les résultats présentés mettent en évidence des situations préoccupantes, souvent invisibles, mais profondément ancrées dans le quotidien des adolescentes.

Le représentant résident de l’UNESCO au Gabon, Patricio Zambrano Restrepo, a dressé un constat sans détour : «Ils témoignent des vulnérabilités qui entravent le quotidien de nos adolescentes : la précarité menstruelle, les grossesses précoces, les violences basées sur le genre et l’emprise des addictions. Nos échanges ont également mis en lumière des situations alarmantes : agressions physiques, tentatives d’agressions sexuelles, agressions sexuelles avérées et cas de VIH/SIDA, autant de réalités que nos jeunes filles affrontent souvent dans le silence».

Avoir une vision pour la jeunesse d’Owendo

Le maire Arnaud Sandri Nombo ouvrant les travaux et la photo de famille à l’issue de la cérémonie. © GabonReview

Il a par ailleurs insisté sur la portée des recommandations formulées dans le rapport : «Mais au-delà des pages, c’est une vision que je vous propose : celle d’un Owendo où aucune jeune fille ne craint de grandir, où les menstruations ne sont plus synonymes de honte ou d’absence scolaire, et où l’école redevient ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : ‘’un sanctuaire de savoir et d’épanouissement’’».

Pour le maire de la commune, Arnaud Sandri Nombo, cette démarche traduit un engagement collectif face aux défis sociaux. «Les résultats présentés doivent être perçus non pas comme une finalité, mais comme un point de départ vers des politiques publiques locales encore plus audacieuses, mieux ciblées et durablement efficaces. La Commune d’Owendo réaffirme à cet effet sa pleine disponibilité à poursuivre et à intensifier les actions en faveur de la population, de l’éducation et de l’encadrement de sa jeunesse», a-t-il déclaré.

De son côté, Sandrine Wamy, directrice générale d’OCT, a souligné l’impact de cette campagne, en lien avec les réalités humaines qu’elle aborde : «Cette campagne a porté particulièrement parce qu’elle touche à des réalités profondément humaines. Parfois aussi souvent difficiles, mais déterminantes pour les choix de vie et l’avenir de notre société».

Une implication plus active des parents

La question du rôle des parents a également été mise en avant lors de cette rencontre. Le sexologue clinicien Parfait Junior Magnaga a appelé à une implication plus active des familles : «Je vais conseiller aux parents d’être des protecteurs vrais, d’être des protecteurs positifs pour leurs enfants. D’écouter les enfants, de les sensibiliser, d’accompagner les enfants et de ne pas avoir le droit d’être jugés auprès des enfants. Laisser la porte ouverte aux enfants de manière à ce que les enfants nous approchent lorsqu’ils ont un problème, et parler franc avec nos enfants».

Au-delà de la restitution des résultats, cette rencontre marque le début d’une coordination renforcée entre l’UNESCO, la mairie d’Owendo et l’ensemble des parties prenantes. Les enseignements tirés serviront de base à la mise en œuvre d’actions ciblées et à l’élaboration de stratégies de financement durable en faveur de la santé et du bien-être des jeunes.

 
GR
 

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