Face aux récentes tensions d’approvisionnement en carburant, SOS Consommateurs appelle à une réforme transparente de la filière pétrolière. L’association exige notamment la publication du bilan de l’audit de 2016 et un renforcement des contrôles, de la production à la distribution.

Des véhicules en attente de carburant dans une station-service à Libreville, en octobre 2026. © L’Union

 

La récente crise du carburant relance le débat sur la gouvernance du secteur pétrolier gabonais. Dans un communiqué publié ce vendredi 16 octobre à Libreville, SOS Consommateurs invite les autorités à tirer les leçons de l’audit de 2016 avant d’engager la réforme annoncée du cadre réglementaire des hydrocarbures. Pour l’association, la modernisation de la filière doit s’accompagner de mécanismes de contrôle indépendants, d’une meilleure traçabilité des flux et d’une transparence accrue sur les recettes publiques.

«Connaître précisément ce qui est produit constitue le premier niveau de protection des droits des citoyens», estime l’organisation, qui alerte sur les conséquences d’une éventuelle sous-évaluation de la production. Une telle situation pourrait affecter les recettes fiscales et contractuelles de l’État, le partage de la production et les capacités d’investissement public.

Un bilan attendu depuis l’audit de 2016

Avant toute nouvelle réforme, SOS Consommateurs réclame la publication d’un bilan complet de l’audit réalisé dix ans plus tôt. L’association souhaite que les autorités précisent les anomalies alors identifiées, les redressements financiers opérés, les recettes effectivement recouvrées et les mesures correctives adoptées.

L’objectif est de déterminer si les faiblesses relevées à l’époque ont été durablement corrigées. Pour l’organisation, la révision des textes ne saurait suffire sans une capacité accrue de l’État à vérifier les déclarations des opérateurs et à mesurer indépendamment les volumes produits et commercialisés.

Les récentes pénuries illustrent, selon l’association, les fragilités de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, du raffinage au stockage, en passant par le transport et la distribution. «Il est anormal qu’un pays producteur subisse des vulnérabilités persistantes face aux ruptures d’approvisionnement en produits finis», déplore-t-elle, non sans préconiser le renforcement des stocks de sécurité, la consolidation des capacités de raffinage et l’amélioration des infrastructures logistiques.

Pour un contrôle indépendant et citoyen

L’association plaide enfin pour un système intégré de traçabilité croisant les données de production, de transport, de stockage, de raffinage, d’importation et de distribution. Elle propose des audits indépendants périodiques, la modernisation des équipements de mesure et une transparence accrue sur les données clés du secteur.

Au-delà des enjeux techniques et financiers, SOS Consommateurs veut faire de la protection des usagers un pilier de la réglementation. La réforme doit, selon elle, garantir une énergie disponible et accessible, tout en assurant une gestion transparente d’une ressource qui «appartient à la Nation».

 
GR
 

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