TATIE

A la tête de la première banque d’images d’Afrique centrale, Afrikimages Agency, Désirey Minkoh se positionne en capitaine de navire. Bien connu dans le milieu médiatique gabonais et international, il se défini comme celui qui a inspiré une nouvelle génération de photographes de presse. L’homme a publié un livre qui met en relief son talent « Le Gabon en images ».

Désirey Minkoh, le 19 août 2020, à la rédaction de Gabonreview. © Gabonreview

 

A la question de savoir qui est Désirey Minkoh, l’homme répond d’emblée, «je suis un photojournaliste» avant d’expliquer, «je suis un photographe de presse, je raconte mon époque. Je me définis aussi comme celui qui a inspiré une nouvelle génération de photographes de presse. J’ai donné un peu de mon temps pour former pour qu’il y ait une continuité par rapport à ce que je fais». Tranquille dans les locaux de Gabonreview, il retrace son parcours et assure, «L’Union a été mon premier grand centre de formation parce que c’est à L’Union que j’ai appris le métier de photo journaliste».

Son passage au quotidien gabonais L’Union a favorisé son intégration dans la presse internationale. «Pour la petite histoire, L’Union dans les années 2000 était déjà en Mac. Et quand j’arrive à l’Agence France presse (AFP) en formation à Paris, ils sont surpris de me voir moi qui reviens des tropiques, que je maîtrise aussi bien le Mac que le PC», raconte-t-il affirmant avec fierté que L’Union a été l’élément déclencheur qui, en plus de l’avoir mis dans un milieu professionnel, lui a permis de s’adapter à l’environnement international. Sa plus grande satisfaction, c’est d’être resté 7 ans à l’exigence de la presse internationale avec une couverture d’une quinzaine de pays d’Afrique pour l’AFP qui l’envoyait comme envoyé spécial.

Reporter de guerre

Desirey Minkoh présentant le site Internet Afrikimages le 1er février 2019 © Twitter Désirey Minkoh

Des grands reportages, il en a fait et en période trouble notamment au Congo, Centrafrique, RDC, Libéria, Sierre-Léone, Tchad, Côte-D’Ivoire, Soudan (Darfour). «Le premier c’était la mort de Laurent Désiré Kabila en RDC. A l’époque, je débutais à l’AFP j’avais déjà démissionné de L’Union et il se trouvait qu’il y avait le sommet France-Afrique qui devait se tenir au Cameroun on avait envoyé toutes les grosses pointures (photographes) de l’AFP pour la couverture de l’événement» fait-il savoir, rappelant que c’était pendant la préparation de ce sommet que le président Kabila avait été tué. «Je reçois un coup de fil autour de 14h, de l’AFP Paris qui me demande de faire tout pour être à Kinshasa. Et comme j’étais nouveau, ils avaient mis une grosse pointure de l’AFP qui résidait en Afrique du Sud. Mais la chance que j’ai eue c’est que les frontières étaient fermées. Donc je suis un des premiers reporters internationaux à arriver à Kinshasa» se souvient-il gaiement, indiquant que la presse internationale avait loué un avion qui avait été bloqué à Brazzaville.

Désirey Minkoh couvre pour le compte de l’AFP cet événement et ses prises sont reprises à travers le monde. «L’AFP avait été le premier dans les choix. On avait eu plus de reprises par rapport à d’autres. C’est pour vous dire qu’ils étaient satisfaits de mon travail». Cela lui a valu une dotation en matériel numérique avec 10 jours de vacances en France ou en Côte-D’Ivoire. «Et comme je ne connaissais pas la Côte-D’Ivoire j’avais pris ce pays et c’est la première fois que je dormais dans un 5 étoiles parce que l’AFP m’avait fait cet honneur», se remémore-t-il. Des conflits proprement dit, il en a couvert. «Je me rappelle de mon reportage au Darfour où j’ai passé 15 jours», évoque-t-il. «Les 15 jours les plus difficiles de ma vie parce que l’environnement était marqué des conflits. C’est d’ailleurs une des périodes qui m’a le plus marqué» murmure-t-il, soulagé d’être sorti de là sain et sauf avec à la clé, une belle invitation.

Photographe privé des présidents africains

Désirey Minkoh feuilletant son livre. © Twitter Désirey Minkoh

Sorti du Darfour, Désirey Minkoh est directement invité par le président Omar Bongo à l’accompagner en Europe. «Donc je sors d’une période difficile et je me retrouve à vivre en 5 étoiles deux jours après. Pour moi c’est un des plus beaux souvenirs et il n’y a que dans notre métier qu’on peut vivre de telles expériences», témoigne-t-il.

L’homme qui a une expérience à la presse présidentielle gabonaise a été le photographe privé de trois présidents africains. Il a créé en 2009 Afrikimages Agency, première banque d’images d’Afrique centrale et première agence panafricaine de photographie lancée au Gabon. Basée au Gabon et au Rwanda, l’agence propose aux utilisateurs des photos illustrant la vie en Afrique à acheter en ligne. En février 2019, il lance le site en ligne et aujourd’hui, c’est l’une de ses plus grosses fiertés.

Né à Libreville, Désirey Minkoh s’est formé à la photographie par correspondance à l’Institut supérieur d’enseignement par correspondance de Liège, puis au photojournalisme lors des IIe rencontres de la photographie à Bamako, au Mali, organisées par l’Ecole supérieure de journalisme de Lille (ESJ).

 
GR
 

1 Commentaire

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