Assuré de se voir éjecter de son poste dans les prochains jours, voire les prochaines heures, le directeur général de la Société gabonaise Pizo de formulation des lubrifiants est accusé d’avoir coulé cette entreprise publique qui est actuellement en état de quasi-faillite. Au-delà des critiques sur ses prétendues insuffisances managériales, beaucoup le disent victime d’une cabale menée aussi bien par ses alliés du PDG que par les natifs de Port-Gentil qui verraient d’un mauvais œil un «étranger» à la tête de Pizolub.

Guy Christian Mavioga, patron de Pizolub, sur un siège éjectable ? © D.R.

 

Guy Christian Mavioga pourrait se voir éjecter de la tête de Pizlub dès ce soir. C’est du moins ce que croient savoir certains sites d’information plus ou moins proches du palais présidentiel, dont certains affirment de façon à peine voilée que l’éviction de l’actuel directeur général sera actée au cours du Conseil des ministres convoqué par le président de la République ce vendredi 20 novembre. Ça reste à voir.

Comme pour préparer les esprits à ce limogeage, plusieurs raisons sont données, dont la principale : les carences managériales supposées du patron de Pizolub que son prédécesseur Pono Opapé, natif de la province de l’Ogooué-Maritime, avait traité d’«incompétent notoire» sans que cela n’offusque ni le gouvernement ni les instances du Parti démocratique gabonais (PDG), dont le Bloc démocratique chrétien (BDC) est un des plus fervents alliés.

Si Guy Christian Mavioga dont certains collaborateurs demanderaient actuellement le départ est également critiqué pour la nomination de son épouse et celle de son fils au sein de l’entreprise publique, ses proches flairent une odeur de diabolisation injustifiée, d’autant que pour eux, les difficultés de Pizolub n’ont pas commencé avec l’actuel directeur général. Ces 10 dernières années, la société n’est pas parvenue à se défaire de ses dettes qui se chiffrent à plusieurs milliards de francs, et la crise vécue par l’industrie pétrolière depuis fin 2014 n’a pas arrangé sa situation.

Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux ces dernières heures, Anna Claudine Mavioga Ayo dénonce une mauvaise foi de la part des contempteurs du président du BDC et accuse des proches et collaborateurs d’Ali Bongo (ministres, hauts fonctionnaires, responsables politiques) d’être les auteurs de la «cabale» dont son époux ferait l’objet depuis quelque temps. Selon la prophétesse qui n’a pas manqué de réaffirmer la fidélité et la loyauté de son couple vis-à-vis du Président et du régime en place, certains gagneraient à voir son mari perdre son poste à la tête de Pizolub, surtout après que le gouvernement a promis en août d’aider la société à se remettre à flot.

Parmi les détracteurs qui y trouveraient un certain intérêt à l’éviction de Guy Christian Mavioga, son épouse cite les originaires de l’Ogooué-Maritime, et particulièrement ceux de l’ethnie Myènè. La faute du patron de Pizolub, estime Anna Claudine Mavioga Ayo, est qu’il est «anongoma», un étranger. À l’en croire, les myènès ne verraient pas d’un bon œil que le DG de Pizolub, dont le siège est à Port-Gentil, n’est pas issu de leur ethnie. Dans tous les cas, le couple dit se tenir prêt pour une éventuelle contre-attaque.

 
GR
 

4 Commentaires

  1. Serge Makaya dit :

    Un vrai incompétent à une place qu’il ne mérite pas. Heureusement pour lui, tout flatteur vit au dépend de celui qui l’écoute. le défunt Ali Bongo aimait être encensé et donner ainsi des points, pardon des postes (et pas les moindres) à ces derniers. Mavioga est un grand flatteur vivant au dépend de ceux et celles qui l’écoute. Pitié!! A Ntare Nzame!!

  2. Gayo dit :

    En nommant son fils et sa femme il n’a fait que suivre le modèle de gouvernance des Bongo que Ali a perfectionné basé notamment sur le népotisme et le clientélisme. Ali Bongo ne gouverne-t-il pas avec son fils et sa femme. Les carrences managériales ne sont que le reflet de lq médiocrité et de l’incompétence de Ali qui pène à trouver les hommes qu’ils faut à défaut de pouvoir influencer leur façon de faire par son exemple et sa rigueur.

  3. diogene dit :

    Si l’on écoute les prophétesses auto proclamées…
    Il y en a une douzaine rien que dans mon quartier et qui se contredisent à qui mieux mieux !

    Après avoir couler Pizo; Maviogi pourra aller vider d’autres caisses ailleurs c’est un pdgiste quand même !
    Ce n’est pas une prophétie, c’est juste la ripoublique du Gabongo dans toute sa splendeur !

  4. MOUNDOUNGA dit :

    Bjr. Du déjà vue et entendue à GABAO. Amen.

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