Port de Mayumba : au-delà de Bélinga, le pari minier de la Nyanga à l’étude
Le Gabon relance les études du port en eaux profondes de Mayumba, mais le paysage a changé. Bélinga, qui devait alimenter ses quais, est désormais associé à Kobé-Kobé. Derrière la procédure engagée le 21 septembre, une question s’impose : quelle place reste à Mayumba dans la nouvelle architecture minière du pays ?

Le pont franchit la lagune. Le projet de port de Mayumba doit encore franchir le cap des études, dans une carte minière redessinée. © Oprag
À Mayumba, le prochain rendez-vous concerne les bureaux d’études. Selon des sources concordantes et dignes de foi, le ministère des Transports, de la Marine marchande et de la Logistique a lancé, le 21 septembre 2026, un appel à manifestation d’intérêt international restreint pour présélectionner des consultants gabonais et internationaux chargés des études techniques du projet. Les candidatures sont attendues le 3 novembre, date également annoncée pour l’ouverture des plis.
Il ne s’agit donc pas encore d’attribuer les travaux de construction. Les cabinets devront notamment justifier de dix années d’expérience et démontrer leur capacité financière à démarrer les prestations. Des garanties sur les prestataires, qui ne préjugent pas du financement du port.
Bélinga change de débouché
Le projet s’inscrivait dans un schéma minier plus vaste. En mai 2025, le ministère des Mines associait le port de Mayumba, une liaison ferroviaire depuis Bélinga et la centrale hydroélectrique de Booué. L’ensemble devait desservir Bélinga, Baniaka, Milingui et la potasse de Mayumba.
Depuis, un autre débouché s’est imposé dans les annonces officielles. Le 8 juin 2026, la présidence a annoncé le lancement des travaux de Kobé-Kobé, au sein d’un projet intégrant Bélinga, son chemin de fer et le barrage de Booué. Cette évolution oblige à préciser la répartition des trafics. Elle ne suffit cependant pas à effacer la vocation minière de Mayumba, la Nyanga disposant de ressources dont la mise en valeur pose ses propres défis logistiques.
La Nyanga a ses propres arguments
À Milingui, l’État et Havilah Mining Gabon ont signé, le 15 mai 2026, une convention pour l’exploitation du fer, avec l’ambition de transformer le minerai sur place. Cet accord ouvre la voie au développement de la mine, sans signifier que la production industrielle a commencé.
Le marbre de Doussiégoussou figure aussi parmi les ressources de la Nyanga dont la présidence a examiné les projets de valorisation le 19 mars 2026. Reste à déterminer les volumes qui pourraient être acheminés vers le futur port.
La potasse de la Banio, utilisée dans la fabrication d’engrais, représente un autre débouché potentiel. Le 19 mars 2026, Millennial Potash indiquait étudier deux solutions pour ses exportations : le port de Mangali, au nord de Mayumba, et un terminal minéralier plus proche du gisement. Rien ne permet toutefois d’affirmer que ces installations correspondent au port en eaux profondes visé par la nouvelle consultation.
Les ressources de la Nyanga donnent donc une justification économique au projet de Mayumba. Les études devront déterminer les volumes à transporter, les liaisons à aménager et les équipements portuaires nécessaires. La réalisation du projet suppose de coordonner le développement des mines, leur approvisionnement énergétique et le transport des minerais, tout en assurant le financement de cet ensemble.
















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