C’est la fin d’une épreuve de nerfs ayant tenu en alerte les parents, amis et connaissances de l’activiste et leader d’opinion, Gael Koumba Ayouné, plus connu sous le pseudonyme de «Général des Mapanes». Porté disparu depuis le 25 août dernier et resté introuvable jusqu’à hier, il a regagné le domicile familial, le jeudi 21 septembre en soirée, à la grande satisfaction des siens. Où était-il ? Qu’il l’a «enlevé» ? Que lui était-il reproché ? Il répond à ces questions dans l’entretien accordé, ci-dessous en exclusivité, à Gabonreview.

Gael Koumba Ayouné, ce vendredi 22 septembre 2023 après sa libération. © D.R.

 

Gabonreview : Que vous est-il arrivé ces derniers jours ?

Gael Koumba Ayouné : J’étais à ma radio, Mapane FM, à Plein-Ciel. J’étais en train de discuter avec ma tante et des individus ont apparu autour de moi.  Ils m’ont pris et m’ont fait monter dans un véhicule qui n’avait pas de plaque et ils m’ont emmené. On a roulé jusque dans la zone du Pont Nomba. J’avais encore la vue un peu claire. Mais arrivé vers le Pont Nomba, ils m’ont doublé les cagoules et je n’ai plus rien vu, jusqu’à hier quand ils m’ont libéré. 

Dans la cellule où j’étais, les gens qui venaient me nourrir avaient des cagoules. 

Où est-ce que vous étiez détenu ?

Je ne sais pas. Ce qui s’est passé c’est que quand ils m’ont emmené et au niveau du Pont Nomba comme je vous ai dit, ils m’ont doublé les cagoules et ensuite, nous sommes arrivés à un endroit, ils se sont garés. Ils sont descendus de la voiture, ils sont allés, je ne sais pas si c’était pour se concerter ou quoi, et puis ils sont revenus. Quand ils sont revenus, ils m’ont pris, ils m’ont emmené et ils m’ont changé de voiture trois fois. Et on m’a emmené passer la nuit dans une espèce de bureau où j’étais assis sur une table, avec des menottes.   

En clair, vous ne savez pas exactement où vous étiez ? 

Je ne peux pas dire que j’étais à la DGR (Direction générale des recherches) ou à quel autre endroit que ce soit parce que même dans l’endroit où j’étais, je n’avais que la vue du ciel. Je ne pouvais rien identifier.

Quand avez-vous été libéré?

Dans la nuit (la nuit du jeudi 21 septembre 2023, Ndlr). Ils sont venus me chercher et ils m’ont emmené. Ils m’ont demandé où ils me déposent. J’ai dit : non, je veux descendre chez mes parents. Ils m’ont dit: non, on t’emmène chez toi. J’ai dit chez moi au Pavillon ? Ils m’ont dit OK. Et on est arrivé à un endroit où ils m’ont dit descend de la voiture. Je suis descendu. Ils m’ont dit : ne te retourne pas et cours. J’ai couru devant et je me suis retrouvé à Plein-Ciel.

Que vous reprochait-on ? 

Rien du tout ! Ils ne m’ont rien dit. Le premier jour j’ai parlé à quelqu’un et je lui ai demandé ce qu’on me reprochait. Personne ne me parlait. 

On vous a vu dans un reportage de Gabon Première avec un autre activiste, Jeff Blampain, et d’autres personnes.

Je n’étais pas avec  Jeff Blampain. On n’était pas ensemble ! Beaucoup de gens m’ont demandé si j’ai vu Jeff Blampain. J’ai dit non je ne l’ai pas vu ! Moi, ce que je sais c’est qu’on m’a emmené dans une salle où j’ai vu trois individus. Ce sont ces trois individus qui sont avec moi dans la photo. Et j’ai vu un photographe et un caméraman qui nous filmaient. Puis, on m’a rhabillé, on m’a mis ma cagoule et on m’a ramené là où j’étais.

Que peut-on en tirer de cette affaire ?

Je ne sais pas trop. Mais, je vais vous dire une chose: c’est que depuis le 25 août où on m’a arrêté, c’est hier soir quand on me libère, je suis en train de marcher, que je pose une question aux gens que j’ai croisés en chemin: «mais finalement, Ali a-t-il gagné? Ils m’ont répondu : non, ce n’est pas Ali, c’est l’armée qui a le pouvoir». Et ils m’ont dit que c’est Oligui qui a le pourvoir. Personne ne m’a parlé de ça. 

Vous sentez-vous en sécurité après être rentré chez vous ?

Je ne peux pas dire que je me sens en sécurité. Parce qu’à n’importe quel moment, je peux être récupéré, je ne sais pas par qui. Je ne suis pas en sécurité. Mais, au sortir de là, ce que j’ai remarqué, c’est ce qu’on attendait, nous autres. Si Oligui a pris le pouvoir et qu’il garantit la sécurité à tous les Gabonais, c’est bien. J’ai d’ailleurs une déclaration où je parlerais de tout ça.

 
GR
 

1 Commentaire

  1. Gayo dit :

    Ahahahahah! C’était un jeu. Koumba Ayouné était avec ses amis, il sait où il était. Tous des voyous, des fumeurs de chanvre comme Nourredine, tous ces jeunes sur qui Ali avait livré le Gabon et son peuple.

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