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Alors qu’il s’est lancé ces dernières semaines dans une nouvelle traque contre la corruption au sein de l’administration publique et privée, l’État gabonais qui a bénéficié en 2019 d’un prêt de la Banque africaine de développement (Bad) de près de 80 milliards de francs CFA, dans le cadre du financement de la première phase du Projet d’appui au programme Graine (PAPG1), envisage de faire auditer les comptes financiers de 2019 et 2020, pour juger de la bonne utilisation de l’argent mobilisé pour la matérialisation dudit projet.

Le Gabon va auditer les comptes du PAPG 1 et le processus de passation des marchés. © D.R.

 

Au ministère de l’Agriculture, certains assurent que cet avis à manifestation d’intérêt adressé exclusivement aux firmes spécialisées dans l’audit n’a rien d’anodin, un an après l’obtention par le Gabon d’un prêt de la Bad d’environ 75 milliards de FCFA pour le financement du Projet d’appui au programme Graine (PAPG1). Bien que tout à fait normale et respectant les procédures en la matière, la publication lundi dans le quotidien L’Union de cet AMI s’inscrirait pour eux dans le cadre de la nouvelle traque lancée par les autorités gabonaises ces dernières semaines contre la corruption au sein des administrations publique et privée.

Le 30 novembre en effet, le Gabon, par l’entremise du ministère de l’Agriculture, s’est mis en quête d’«une firme qui sera chargée de la vérification des comptes des exercices 2019 &  2020 ensemble et 2021» du PAPG1. La même firme, précisent les autorités gabonaises, sera également chargée d’auditer les processus de passation des marchés liés au Projet. Dans sa même volonté de faire baisser de façon considérable la corruption dans le domaine des marchés publics, le Gabon a d’ailleurs fait de la Direction générale des marchés publics (DGMP) une entité à part entière, en janvier 2020.

De cet audit externe, le Gabon attend de la firme qui remportera le marché qu’elle lui exprime «une opinion professionnelle et indépendante sur la situation financière et le processus de passation des marchés du Projet au 31 décembre de chaque année auditée». Les autorités gabonaises espèrent aussi que la firme sera capable de «s’assurer que les ressources mises à la disposition du Projet sont utilisées aux fins pour lesquelles elles ont été octroyées».

Selon la Bad, «le PAPG1 contribuera à l’objectif de développement de Graine qui est l’amélioration de la sécurité alimentaire et la diversification de l’économie gabonaise par la promotion  des  cultures  industrielles  et  vivrières,  à  travers le  développement de  nouvelles plantations par SOTRADER et l’appui aux coopératives. De façon spécifique, le projet vise plusieurs  objectifs : contribuer à  la réduction  de  la  dépendance  alimentaire  du pays, créer des zones de développement agricole au niveau des différentes provinces du pays ;  améliorer les conditions de vie en milieu rural à travers l’accès des populations rurales, aux infrastructures et services socioéconomiques ; améliorer l’offre de formation en milieu rural ; et développer l’entrepreneuriat agricole, notamment pour les jeunes».

 
GR
 

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