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Depuis l’annonce d’une conférence de presse sur la phase 2 d’allègement des mesures restrictives, animée par le Premier ministre et les membres du gouvernement, la population retient son souffle et espère une belle rosée d’allègement distillée par Rose Christiane Ossouka Raponda.

Balloté entre la perte de vitesse du virus et les affres du confinement, le gouvernement  va-t-il opter pour le déconfinent sans se déjugé ? © D.R.

 

Vendredi 16 octobre, a fait savoir la communication gouvernementale, le Premier ministre Rose Christiane Ossouka Raponda et les membres du gouvernement tiendront une conférence de presse sur la riposte contre le Covid-19. A en croire le communiqué du gouvernement, cette rencontre portera sur la phase 2 d’allègement des mesures restrictives. En clair, 7 mois après l’irruption  de la pandémie dans le pays et après le déconfinement progressif annoncé il y a près de 4 mois par le Premier ministre Julien Nkoghe Bekale, d’autres mesures de restriction imposées dans le cadre de la lutte contre la propagation du Covid-19 seront allégées. Lesquelles ?

Dans un Grand Libreville déjà échaudé par des restrictions qui étranglent chaque jour un peu plus la population, les dispositions prises par le gouvernement ne passent plus ou presque. «C’est du bluff», estiment ceux qui pensent  que l’heure est au déconfinement au regard de la perte de vitesse du virus.

En effet, en matière de surveillance épidémiologique, le Gabon se situe à un niveau plutôt rassurant. Les chiffres du Comité de pilotage du plan de veille et de riposte contre l’épidémie à Coronavirus au Gabon (Copil) l’attestent. Le 14 octobre, sur 5 095 prélèvements effectués dans les provinces de l’Estuaire et du Moyen-Ogooué, seulement 9 nouveaux cas positifs ont été déclarés dont 8 sur 5 053 prélèvements effectués à Libreville et 1 sur 42 prélèvements à Lambaréné. Mieux, 97 guérisons ont été confirmées tandis qu’aucun décès n’a été signalé.

De quoi se demander pourquoi maintenir la pression surtout que le taux de prévalence a encore baissé pour s’établir à 4,3% et parallèlement, le taux de guérison ne cesse de progresser (94,7%). Concrètement sur 206 362 prélèvements réalisés depuis le début de la pandémie, 8 869 cas ont été testés positifs dont 8 395 guéris et 54 décès. Certes ces résultats peuvent faussement rassurer et être anéantis par la survenue d’une nouvelle vague. Toutefois, certains estiment qu’au lieu de maintenir les restrictions, le gouvernement peut rester actif sur sa stratégie en continuant de tester la population et en exigeant l’obligation du port du masque, notamment là où la distanciation sociale est impossible.

«On a l’impression d’être les dindons de la farce», disent les hommes d’église qui rappellent que les membres du gouvernement n’ont pas eu des attitudes exemplaires. «Il faut que les gens recommencent à vivre», estiment ceux qui attendent l’annonce du déconfinement lors de la conférence de presse du 16 octobre. Pour eux, cela reviendrait à lever le couvre-feu, rouvrir les lieux de culte et les bars, mais aussi autoriser les commerces encore interdits d’exercice.  Si allègement il y a, nul doute qu’il se situerait dans ce segment. Cependant, le gouvernement va-t-l se déjuger alors qu’il a sollicité et obtenu du Parlement il y a à peine deux semaines, la prorogation des mesures de riposte contre cette pandémie ? Au Premier ministre de trouver la voie médiane.

 
GR
 

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