HABANA

 

Effective et obligatoire depuis le 15 juin, la mise en quarantaine pour 24 heures des passagers en provenance de l’étranger enregistre déjà des dysfonctionnements.  Les premières personnes ayant suivi le dispositif en sont pour la grande majorité mécontents, notamment du fait du dépassement des délais induisant des frais supplémentaires d’hôtellerie et de la difficulté à retrouver les passeports confisqués.

Test du dispositif de la quarantaine à l’aéroport Léon Mba de Libreville avant son entrée en service, le 15 juin 2021. © D.R.

 

Annoncée le 29 mai par le président Ali Bongo dans le cadre de la lutte contre le Covid-19, la mise en place d’une nouvelle quarantaine de 24 heures pour tous les passagers internationaux est entrée en vigueur le 15 juin dernier. Mais au-delà de la volonté de l’exécutif de protéger sa population, des grincements de dents et des mécontentements se manifestent relatifs à l’organisation et au fonctionnement du dispositif.

Un dispositif simple et bien présenté

Selon le protocole de cette mise en quarantaine de 24 heures, les routards internationaux débarquant à l’aéroport international Léon Mba de Libreville sont tenus de présenter la preuve d’un résultat négatif à un test PCR du Covid-19 effectué 72 heures avant la date d’embarquement ; de se soumettre à un test PCR dès leur débarquement à Libreville ; de réserver librement une chambre pour une nuitée au minimum dans un établissement hôtelier jusqu’à l’obtention des résultats de leur test PCR du Covid-19 ; de demeurer en auto-isolement dans leur chambre d’hôtel jusqu’à la communication de leur test dans les 24 heures ; de se mettre à la disposition des autorités sanitaires compétentes en cas de résultat positif au test effectué et de prendre à leur charge le coût du séjour en demi-pension dans la structure hôtelière choisie.

Frais supplémentaires et résultats des tests parfois annoncés verbalement

Pourtant, premiers couacs, selon un voyageur en provenance d’Asie, les résultats des tests arrivent bien au-delà des 24 heures indiqués, et ils sont «parfois annoncés de bouche sans support papier officiel». De même, il faut rebrousser chemin vers l’aéroport pour récupérer les passeports y ayant été confisqués.

Outre ces désagréments, les témoins relatent des disputes dans certains hôtels où les mis en quarantaines refusent de payer les factures des jours supplémentaires passés à attendre les résultats au-delà des 24 heures préconisées. «A l’hôtel, c’était infernal. En plus des tracasseries endurées à l’aéroport, c’est la croix et la bannière pour manger. Pis, dès que la quarantaine s’achève, si vous n’avez pas le résultat de votre test, on vous dit de payer une nouvelle nuitée ou alors on vous met dehors. On vous met sous pression continue quoi ! Ce qui fait que beaucoup de personnes sont rentrées chez elles sans avoir eu leur résultat au bout de 24 heures».

Passeports confisqués sans indication

Si tous les passagers se soumettent aux exigences de la quarantaine, force est de relever que les passeports, second grand couac, sont «confisqués» dès l’arrivée à l’aéroport, alors que des policiers campent devant les hôtels pour en empêcher la sortie des pensionnaires covid. «A notre arrivée, un policier et un agent de la santé, je suppose, ont pris nos passeports. Rien ne précise qui ils sont, où et comment les retrouver en cas de perte. Depuis quatre jours, j’attends mon passeport et toujours rien !», raconte un voyageur ayant regagné Libreville vendredi dernier.

Un Européen ayant obtenu son attestation de test négatif raconte avoir été contraint à des va-et-vient entre l’aéroport et l’hôtel. «A l’hôtel, on me dit que mon passeport est à l’aéroport, alors qu’à l’aéroport on me dit qu’il a été envoyé à l’hôtel. Depuis 4 jours, je suis contraint à ce manège», maugrée le voyageur.

Le dispositif a-t-il suffisamment été étudiée ? Qui finalement est aux commandes de l’opération ? Du fait de ces couacs et dysfonctionnements, de nombreux Gabonais notent qu’avec «un tel laxisme, les autorités auront du mal à faire croire, à nous-mêmes Gabonais qui avons voyagé mais aussi aux étrangers et expatriés que nous recevons, que nous sommes réellement en train de lutter contre le Coronavirus».

Champion de l’organisation

Le même voyageur gabonais en vient à comparer le dispositif gabonais avec qu’il se passe dans un pays voisin et se désole.  «Je suis allé à Yaoundé, ils ont certes beaucoup plus de cas que nous, mais rien n’a voir», a-t-il laissé entendre. «A l’aéroport, il y a les mesures barrières, chacun est assis sur une chaise espacée des autres. Séance tenante, on nous prélève et change de place pour ne pas nous mélanger avec ceux qui n’ont pas encore fait été prélevés. Au bout de 20 à 30 minutes, une personne vient avec un listing des premiers résultats. Tout se fait sur place. Et si c’est négatif, vous pouvez partir. C’est tout le contraire chez nous. C’est triste ce qu’il se passe chez nous !», a-t-il regretté, invitant les dirigeants gabonais «à penser au peuple qui n’en peut plus».

Pourtant mis en place mis en place 17 jours après la décision du président de la République, le dispositif semble n’avoir pas été étudié sous toutes ses coutures par ceux qui ont travaillé à sa matérialisation. Ils se sont contentés des aspects commerciaux à travers la sélection des hôtels, et coercitifs, notamment avec le déploiement des policiers dans les hôtels et la rétention des documents de voyage. Tous les autres aspects et commodités semblent avoir été négligés. Connu pour être un champion de l’organisation, ainsi qu’on l’a vu avec les deux coupes d’Afrique de football qu’il a abrité, le Gabon a-t-il tant reculé en la matière ? Faut-il désormais du bakchich à tous les niveaux pour faire fonctionner les choses ? Ce n’est pourtant pas l’organisation la plus difficile qu’ait eu à entreprendre le pays.

 
GR
 

3 Commentaires

  1. OGOWET dit :

    Je veux dire c’était prévisible!!!!
    En local GAHOUMA n’arrive pas à nous gérer : il n’y a qu’à voir comment se passe la remise des test…
    Nous on aime reproduire des choses qui nous dépassent sans penser à l’image du pays qu’on renvoie aux touristes ( tourisme sur quoi on compte soit disant pour diversifier l’économie).
    Le Rwanda applique le même procédé à la difference que les nationaux rentre chez eux . Ca coûtait quoi d’envoyer une équipe aux Rwanda… Quand c’est pour les choses non essentielles on envoie les gens partout partout en mission!!!
    On parle de lutte contre la propagation du virus mais on est entassé comme du bétail à l’aéroport, quand on monte dans les bus Trans’Urb on retrouve encore des gens qui sont assis côte à côte.
    Perso ce dispositif à été mis en place plus pour essayer de combler les pertes qu’ont subies les hôteliers que pour lutter contre la propagation du virus.
    De bonnes initiatives mais jamais pensées jusqu’au bout malheureusement.

  2. MOUNDOUNGA dit :

    Bjr. Constat pourtant réel et déplorable mais une fois vous pointez du doigt ce fiasco qui frise l’amateurisme comme dirais l’autre on fait de vous un paria on vous voue aux gémonies. A contrario un compatriote a prit l’exemple du Cameroun limpide comme de l’eau de roche. Dans quelques jours vous verrez cette initiative sera annulé sans déceler les Responsables. Amen.

  3. asphalt dit :

    Je dis hein? ditent moi un peu si y’a quelque chose qu’on a organisé ici au Gabon et il n’y a pas eu de couacs? Le premier confinement général, ils nous ont sortie la banque alimentaire: Fiasco total. Bon on peu comprendre que c’était à l’échelle nationale et que la tache était trop lourde pour eux. Là il s’agit de quelque personnes qui arrivent dans un avion (un vol par jour) et ils sont débordés.

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