HABANA

La Mission d’observation électorale de l’Union européenne a rendu son verdict. Elle met en lumière des manquements vieux de 26 ans et connus de tous les partenaires du Gabon, notamment l’ancienne puissance coloniale, soutien inconditionnel du régime en place. Rétroviseur et anticipation.

© Twitter/MOE-UE


 

«Anomalies évidentes»… Ce groupe de mots résume à lui seul le sentiment de la Mission d’observation électorale de l’Union européenne (MOE-UE) au sujet de la présidentielle du 27 août dernier. «Anomalies». Ce terme revient plusieurs fois dans ce rapport, présenté à Libreville le 12 du mois courant. Il en est même le fil rouge… Du fait de leurs conséquences éventuelles sur la crédibilité de l’ensemble des institutions nationales, il convient maintenant de se pencher sur les causes profondes de ces «anomalies». «2016 ne sera pas 2009», répètent à l’envi les partisans de l’opposition. Mais, 2016 doit surtout devenir le point de départ d’un Gabon nouveau, respectueux des libertés fondamentales et standards démocratiques, universellement reconnus.

Libertés fondamentales et standards démocratiques ? Ils n’ont pas toujours été respectés par les institutions nationales, notamment les différents gouvernements. Mais, ils n’ont, dans le même temps, jamais été promus ou protégés par les partenaires du Gabon. Se réfugiant opportunément derrière le fumeux principe de «non ingérence dans les affaires intérieures», les partenaires bilatéraux, notamment la France, ont même cautionné leur déni. Ils ont fermé les yeux devant les révisions constitutionnelles décidées en opportunité, accompagné la mise en place d’institutions inféodées à un parti politique, validé des simulacres d’élections, entraîné et armé une garde prétorienne dédiée à la survie du régime. Finalement, le rapport de la MOE-UE ne leur apprend rien.

Responsabilité

Libertés fondamentales et standards démocratiques ? L’Union européenne ne les a pas défendues ou promues non plus. Se servant de son statut juridique comme paravent, elle a laissé faire. Même si son partenariat avec le Gabon comporte un volet «dialogue politique», elle a surtout concentré ses interventions sur le commerce et l’aide au développement. Elle a soutenu la diversification de l’économie et la gouvernance sectorielle, délaissant complètement le processus de démocratisation et la gouvernance globale. Ses financements ont essentiellement été destinés à la pêche, aux mines, aux forêts, à l’environnement, aux infrastructures routières, à la formation professionnelle et, dans une certaine mesure, à l’éducation. Jamais, elle n’a osé s’attaquer au régalien : la sécurité et la justice ont ainsi été laissées au bon vouloir des représentants d’un pouvoir façonné par Jacques Foccart.

Libertés fondamentales et standards démocratiques ? Ces remarques s’adressent aussi aux institutions africaines, singulièrement l’Union africaine (UA) et la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC). Certes ces organisations ne bénéficient pas de la supranationalité. Mais on les a vues s’impliquer dans des crises militaires. On a également noté leur empressement à féliciter les vainqueurs supposés d’élections présidentielles. Elles ne peuvent, en conséquence, décemment s’exonérer de toute responsabilité dans la rupture entre les peuples et les institutions étatiques. Surtout au regard de l’attitude ou du mutisme complice de leurs principaux responsables vis-à-vis du vaudeville du 23 septembre dernier.

Libertés fondamentales et standards démocratiques ? Désormais reconnu comme le vrai vainqueur de la présidentielle du 5 décembre 1993, Paul Mba Abessole avait déjà appelé à leur respect. Dans l’indifférence complice de la communauté internationale, il avait dénoncé, pêle-mêle, l’absence de scrutateurs, le manque d’urnes, l’insuffisance des cartes d’électeur, l’ouverture tardive des bureaux de vote, le mauvais affichage des listes électorales… Se référant aux standards démocratiques, il avait même demandé l’invalidation de la candidature d’Omar Bongo, alors accusé d’user des moyens de l’Etat et d’avoir corrompu l’ensemble des parties prenantes, notamment les journalistes. Certes, l’actuel président du Rassemblement pour le Gabon (RPG) se voyait aussi reprocher son boycott inexpliqué des législatives de septembre 90. Mais le sort de cette élection fut décidé à Paris. Bravo François Mitterrand… Si la MOE-UE entend donner une suite à son rapport, elle devra préalablement s’assurer du soutien de la France. Ou alors, il lui faudra passer par Strasbourg et Bruxelles.

Hold-up électoraux à répétition

Libertés fondamentales et standards démocratiques ? Ayant vu sa victoire confisquée en 1998, Pierre Mamboundou avait alors annoncé une «riposte graduée» en vue de les faire respecter. Egalement candidat, Pierre-André Kombila dénonça une «séquence historique déplorable». Mais, pour le Quai d’Orsay, «les irrégularités constatées (alors n’affectaient) pas le sens du scrutin». Dirigée à cette époque par le Rassemblement pour la République (RPR – droite néo-gaulliste devenue Les Républicains), la France frappait ainsi de son autorité ce deuxième hold-up électoral. Les électeurs gabonais pouvaient ainsi remiser leurs rêves de démocratie ou les remettre à plus tard. Vive Jacques Chirac…

Libertés fondamentales et standards démocratiques ? Nonobstant le rôle joué par Pierre Mamboundou, André Mba Obame les invoqua aussi en 2009. En vain. A travers le quatuor Bourgi-Joyandet-Fillon-Sarkozy, la France avait fait son choix : perpétuer une dynastie familiale sans égard pour le vote populaire. Faute d’avoir envoyé ses propres observateurs, l’Union européenne ne fit guère entendre sa voix. Pouvait-il seulement en être autrement ? L’Elysée avait, d’ailleurs, reconnu les résultats avant même la fin du contentieux : sans attendre la décision finale de la Cour constitutionnelle, le président français s’empressa de féliciter le vainqueur désigné. Merci Nicolas Sarkozy…

Traumatisés, dégoûtés par les hold-up électoraux à répétition, les électeurs gabonais voient dans le rapport de la MOE-UE une rupture, le signe d’un changement voire une «porte (ouverte) sur le monde libre», selon la formule de Jean de Dieu Moukagni-Iwangou. Au final, ce rapport peut être une chance, non pas pour Jean Ping et l’opposition, mais pour le peuple gabonais et les démocrates du monde entier. Il offre une seconde chance aux partenaires du Gabon, notamment la France. Dans un rapport intitulé «L’Afrique est notre avenir», Jean-Marie Bockel et Jeanny Lorgeoux dénoncent le «manque de stratégie à long-terme» de leur pays. Ils formulent des propositions pour y remédier et tenter de contrer l’influence grandissante de la Chine et des Etats-Unis sur le continent. Ils mettent, entre autres, l’accent sur la nécessité de tenir un «autre discours sur l’Afrique». Un autre discours ? Surtout des actes conformes aux libertés fondamentales et standards démocratiques universellement reconnus, n’est-ce pas Robert Bourgi ?

 
GR
 

0 Commentaires

  1. CHARY dit :

    L’UE vient de confirmer la victoire, que nous savions large et éclatante, de MR PING, (malgré la trahison de la France), désormais, tout agent des forces de sécurité et de défense Gabonaises, a commencer par les hauts gradés, doivent prêter allégeance au PRÉSIDENT ÉLU DE LA RÉPUBLIQUE GABONAISE, sous peine de cour martial et de haute trahison, le DROIT et l’AUTORITÉ ont été confiés a MR PING par LE PEUPLE, et vous êtes soumis a ce DROIT et a cette AUTORITÉ. Ne trahissez pas votre pays pour un biafrais qui n’a que haine pour le GABON et les GABONAIS.

  2. dikoka dit :

    Faut connaître la vrai histoire du Gabon avant de raconter tes ballivernes ici ce chez les blanc chary la france afrique tu a suivi le documentaire? Vas sur YTB

    • totobianco dit :

      Donc dikoka « ici » comme c’est pas chez les blancs le peuple n’a aucun droit? c’est ça que tu veux nous faire comprendre?
      « Ici », comme c’est pas chez les blancs, le gabonais que tu es n’a pas d’autre choix de dirigeants à par bongo?
      Tu aimes l’esclavage?

  3. Airborne dit :

    Les choses se mettent en marche, comme tu le bien Chary, les forces de securité doivent se resignier maintenant et comprendre que la personne d’Ali qu’ils defendent ou rendent allegence, ne represente plus rien comme autorité sinon un simple citoyen qui veut se maintenir à une place qui ne lui convient plus.Il est temps qu’il aille gerer les biens mal acquis de leur pere avec Pascaline

  4. mayombodieudonne dit :

    LES PARTISANTS DU BIAFRAI DISENT QUE PING EST VIEUX ET INSULTENT PING;
    OMAR BONGO ETAIT VIEUX OU BIEN JEUNES?
    POURQUOI LE BIAFRAI PAR DANS LES SOMMET POUR RENCONTRER LES AUTRES VIEUX
    SON PERROQUET DIT QU4ILS ONT FELICITEE TRUMP? POURQUOI VONT ILS FELICITER
    UN VIEUX COE TRUMP?
    NOUS COMPRENONS QUE ILS SONT TOUS DES ENENMIS DU GABON LE BIAFRAIS ET SONT PERROQUET BILY BE NZIE QUI LUI REJETTE A MAKOUKOU ET A OVENG PARCEQUE LUI MEME IL EST UN CAMEROUNAIS

  5. Nkembo dit :

    En réalité le vrai ennemi du Gabon c’est celui qui prône la haine.

  6. diogene dit :

    La présence du 6ème BIMA à LBV n’est pas neutre.
    Les dons en matériel anti émeute et les formations de policiers et militaires non plus.
    La françafric qui est depuis plus de vingt ans internationafric, regroupe des bandes maffieuses qui protègent leurs privilèges, assurés par le régime du bongoland.
    Sur des principes aristocratiques :
    allégeances,alliances,cooptations et droit divin,servage, cuissage,extorsions et prébendes… Ce petit monde vit une planète dans la planète.
    Les bains de sang épisodiques réponses aux révoltes populaires, l’omniprésence de l’armée dans les rues et les essenceries (station service), les octrois aux portes de chaque cité , nous vivons au moyen âge européen.
    Il faut donc considérer que le massacre programmé par Omar a fait fléchir le père Mba tout autant, si ce n’est plus que ce salopard de Mitterrand
    En ce qui concerne l’avenir, ce n’est l’influence de tel ou tel qui importe, c’est l’usage qu’on en fait et les règles édifiées.
    Le monde actuel est aux mains des économistes dont les standards sont obsolètes et même nocifs, délétères, contre productifs, polluants, humiliants…
    Une femme n’est plus qu’une consommatrice.
    Un homme n’est plus qu’un consommateur (version machiste).
    Nous sommes sous un régime concentrationnaire à l’air libre, les nazis s’appellent golden boys; les SS : banquiers internationaux etc…
    La machine infernale est en place, la démographie nécessaire pour faire de « la croissance économique »- plus de consommateurs – est en train de faire basculer la planète tout entière.
    Les enfants ne sont plus notre avenir, ce sont nos boulets.

  7. jean-jacques dit :

    de n’importe quoi ping a farudé les pv avec sa bande des criminels ivoiriens, il ne deviendra jamais et jamais pdt du Gabon
    Omar Bongo ne s’est jamais presenter à une election presidentielle pour la premiere fois à 74 ans.Il n’est pas vieux MAIS C’EST UN VIEILLARD.ET IL NE DEVIENDRA JAMAIS PDT AU GABON peut etre en chine oui.

    • totobianco dit :

      Tu sais quel est l’âge de Donald Trump ?
      Bon.
      Tu sais à quel âge est mort Omar Bongo?
      Bon.
      Les pirates informatique ivoiriens piratent le papier?
      Bon.
      Tu as vu le nom des pirates là dans le rapport?
      Bon.
      Tu as pris tes médicaments?
      Bon.

  8. lepuant dit :

    Vive Jean Jacques le grand polemiste .

  9. AndrémbaConbilaMabondubongo dit :

    Dieu sait faire les choses,la prophétie s’accomplit toujours…Ping sera le prochain président du Gabon après Omar bongo…Ceux qui ne veulent pas le vire…Préparez vous à vous suicider,car la roue va tourner…Dieu protège les Gabonais qui éprouvent de l’amour,pour leurs frères et qui se battent pour le bienêtre de leurs progénitures,dans un pays ou les élèves,apprennent dans les motels,recopient les leçons à cause du manque de table-blanc pour un pays qui a 80% de foret,ou toutes les administrations sont en grève,ou les budgets de l’état ne sont pas justifiés,ou on noie et tue la jeunesse dans l’alcool,ou on tue nos parent,les enferme injustement et nous demande d’aller au dialogue…Ou la justice n’existe que de nom pour le peuple,mais ne sert que le pouvoir…Ou des idiot comme certain ici parlent pour protéger leurs bout de pain…Honte à vous Dieu a un plan pour tout ceux qui parle au nom du diable…

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