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Un mois après son retour à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), le Gabon a reçu les félicitations du représentant résident du Fonds monétaire international (FMI) au Gabon, Gomez Agou. Dans ce propos recueilli par Gabonreview, le 22 novembre, il a salué le respect de l’engagement pris par les autorités pour jeter les bases d’une gestion transparente des richesses provenant des ressources naturelles du Gabon.

Le représentant résident du Fonds monétaire international (FMI) au Gabon, Gomez Agou, adressant ses félicitations au Gabon pour son retour à l’ITIE. © D.R.

 

Gabonreview : Le retour du Gabon à l’ITIE est-il un signal fort pour le FMI, partenaire technique du Gabon ?

Gomez Agou : Le retour du Gabon à l’ITIE est un signal très fort envoyé aux Gabonais, ensuite à la communauté nationale et internationale, y compris le Fonds monétaire international, dans le cadre du nouvel accord au titre du Mécanisme élargi de crédit (MEDC) qui a été adopté en fin juillet 2021 par les autorités. Les autorités s’étaient engagées à faire réintégrer le Gabon au sein de cette initiative. Ce qui a été fait, donc c’est une mesure à saluer. Effectivement, la transparence est au coeur de la démarche que les autorités ont engagéé et l’idée est d’améliorer la transparence dans la gestion des ressources des industries, notamment des revenues du pétrole.

Comment le FMI compte aider le Gabon à évoluer dans cette démarche ?

C’est d’abord le Gabon qui a pris les engagements. Le FMI accompagne ces engagements, assiste les autorités dans cette volonté d’améliorer la gestion de leurs ressources. Il faut rappeler que le Gabon a deux défis importants : le premier est celui du Programme d’accélération de la transformation qui vise à améliorer les conditions de vie des Gabonaises et des Gabonais. Dans ce sens-là, une bonne gestion des ressources de façon transparente permettrait de financer une partie de ses besoins. Le deuxième défi important du Gabon qui s’inscrit dans le programme adopté par le conseil d’administration du FMI est la réduction du niveau de la dette du pays. Pour pouvoir réduire la dette, il faut pouvoir collecter plus de ressources et les secteurs pétrolier et minier en général doivent pouvoir participer à cet effort.

Bien entendu, le FMI a un programme doté d’un certain nombre de mesures qui permettraient de renforcer ce besoin de transparence. Je citerais essentiellement trois mesures. La première mesure, c’est la publication sur le site du gouvernement d’un rapport trimestriel sur la production et les revenus dans le secteur pétrolier. La deuxième mesure importante sur laquelle les autorités se sont engagées est de s’assurer que toutes les ressources du pétrole sont dirigées principalement dans le seul compte du Trésor qui est logé à la banque centrale. Les autres comptes en dehors de celui-là selon les autorités seront fermés. Le dernier engagement important est d’améliorer la transparence et la gouvernance de deux entreprises d’Etat qui sont impliquées dans la gestion quotidienne du secteur pétrolier. Il s’agit de la GOC et de la Sogara.

En cas d’échec, peut-on craindre une rupture de collaboration avec le FMI?

Il faut saluer la démarche des autorités qui consiste à réadhérer à cette initiative. Les attentes sont très fortes, maintenant que le signal a été envoyé, il faut que les autorités puissent permettre que l’on puisse voir les fruits de cette démarche. Et dans ce sens, je viens de mentionner les mesures dans le programme du FMI, plus globalement, on doit sentir davantage de transparence dans la gestion des ressources.

Propos recueillis par Loïc Ntoutoume

 
GR
 

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