Pénalisé par des contraintes opérationnelles persistantes et les perturbations de ses activités en début d’année, Rougier affiche un recul de 20,3 % de son chiffre d’affaires au Gabon sur les six premiers mois de 2026. Le groupe forestier entend désormais normaliser ses opérations et retrouver des marges de progression au second semestre.

Des employés de Rougier dans une usine de la société au Gabon. © Rougier

 

Les activités gabonaises de Rougier traversent une nouvelle période de ralentissement. Dans ses résultats semestriels publiés le 30 octobre 2026, le groupe français spécialisé dans l’exploitation et la transformation du bois africain fait état d’une baisse de 20,3 % de son chiffre d’affaires au Gabon au premier semestre 2026. Cette contre-performance intervient dans un contexte de reprise progressive après les interruptions administratives de fin 2025, auxquelles se sont ajoutées de nouvelles difficultés d’exploitation.

À l’échelle du groupe, le chiffre d’affaires consolidé s’établit à 35 millions d’euros, contre 38,7 millions un an plus tôt, soit une contraction de 9,6 %. Le Gabon apparaît ainsi comme le principal point de fragilité opérationnelle de la période, alors que la filiale congolaise enregistre une progression de 21,2 %.

Des contraintes qui pèsent sur l’exploitation

Pour expliquer le recul de ses performances dans le pays, Rougier évoque notamment «des contraintes opérationnelles persistantes au premier semestre 2026», avec, en particulier, «l’arrêt temporaire d’un chantier au deuxième trimestre, désormais levé».

Cette situation a pesé sur les volumes commercialisés, dans un environnement international également marqué par une demande et des prix moins favorables. Malgré ces difficultés, le groupe affiche des signes de redressement sur le plan opérationnel. Son EBITDA atteint 3,6 millions d’euros, représentant 10,2 % du chiffre d’affaires, contre une marge de 2,6 % sur l’ensemble de l’exercice 2025. Une amélioration attribuée aux efforts de préservation des marges, de réduction des charges externes et d’adaptation de l’organisation.

Le résultat net part du groupe demeure toutefois déficitaire, à 1,2 million d’euros.

La normalisation des opérations en ligne de mire

Pour le second semestre, Rougier place la normalisation des opérations forestières et industrielles au Gabon au cœur de ses priorités. Le groupe entend également poursuivre ses mesures de maîtrise des coûts et maintenir une gestion prudente de ses investissements.

Il affirme vouloir continuer à investir dans l’adaptation de ses capacités forestières et industrielles, tout en préservant ses équilibres financiers. À fin juin, son endettement financier net s’établissait à 15,5 millions d’euros, un niveau quasiment stable par rapport à décembre 2025.

Au-delà du redressement conjoncturel, Rougier entend conforter son positionnement sur les marchés internationaux à travers l’exploitation responsable et certifiée des forêts naturelles, la transformation industrielle et la commercialisation des bois tropicaux africains. Le groupe mise notamment sur les exigences croissantes de traçabilité et de durabilité pour soutenir son potentiel de rebond au Gabon et au Congo.

 
GR
 

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