12 postes de contrôle en 2007, 49 aujourd’hui entre la frontière nord et Libreville un transporteur dénonce cette multiplication, au nom d’un collectif réuni face à la presse le 31 octobre à Libreville. Le collectif juge ses conditions de travail devenues incompatibles avec l’exercice serein de son activité, et estime que cette situation pèse sur l’acheminement des denrées alimentaires et renchérit le coût de la vie.

‎Quelques membres du collectif des transporteurs face à la presse. © Capture d’écran/ GMT

 

Pour les transporteurs de marchandises réunis en collectif, ce métier est la principale source de revenus et leur permet de subvenir aux besoins de leurs familles, notamment pour la scolarisation des enfants et le paiement des loyers.

Or, estiment-ils, les contraintes rencontrées sur les routes rendent leur activité de plus en plus difficile. « Ce que nous faisons comme travail pour pouvoir nourrir nos familles, envoyer nos enfants à l’école et payer nos locations, ce n’est que le transport des marchandises, des denrées alimentaires », a expliqué l’un des représentants du collectif.

Au cœur de leurs réclamations figure la multiplication des postes de contrôle entre la frontière nord du Gabon, notamment les postes frontaliers d’Eboro et de Meyo-Kyé, et Libreville. Un phénomène qui, selon les transporteurs, s’est considérablement accentué au fil des années. L’un d’eux affirme être passé de 12 postes de contrôle en 2007, année de ses débuts dans le transport, à plusieurs dizaines aujourd’hui. « Nous quittons les 12 postes de contrôle entre la frontière du Gabon et Libreville. Nous nous retrouvons aujourd’hui à 49 postes de contrôle », a-t-il dénoncé, évoquant les interventions de différents services, notamment la gendarmerie, la police, les administrations des Transports, du Commerce et de la Santé, ainsi que les collectivités locales.

Des exigences financières jugées démesurées

À ces contrôles s’ajoutent, selon le collectif, des exigences financières auxquelles les transporteurs doivent se conformer pour poursuivre leur trajet. Une accumulation de contraintes qui, d’après ses membres, fragilise aussi bien les transporteurs que les commerçants dont ils acheminent les marchandises. « C’est à cause de toutes ces multitudes de postes de contrôle que le transporteur et le commerçant que nous transportons n’arrivent plus à exercer sur le territoire national du Gabon », a-t-il regretté.

Les transporteurs dénoncent également le fonctionnement du pont-bascule de Ndjolé, en service depuis 2009. Ils affirment que les sommes réclamées lors de certains contrôles de pesage peuvent être très élevées. « Quand tu arrives au niveau du pont-bascule de Ndjolé, on te fait passer sur le pont, tu te retrouves à payer une quittance de 400 000, 500 000, 600 000, voire même un million de francs CFA », a indiqué l’un des membres du collectif. Selon lui, ces charges supplémentaires fragilisent le transport des produits alimentaires, dont certains finissent par se détériorer pendant le trajet ou en raison des retards occasionnés.

Les conséquences se répercuteraient également sur les prix pratiqués sur les marchés. Les transporteurs établissent notamment un lien entre les coûts supportés sur les routes, les pertes de marchandises et la hausse des prix des produits de première nécessité. « Voilà pourquoi le panier de la ménagère se retrouve énormément enflammé », soutient-il.

À travers cette sortie médiatique sur Gabonmediatime, le collectif entend alerter les autorités sur des conditions de travail qu’il juge de plus en plus difficiles et réclamer des mesures susceptibles de faciliter le transport des marchandises sur le territoire national.

Thécia Nyomba

 
GR
 

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