Réuni du 8 au 10 mai à Libreville pour sa première Convention nationale, le Conseil national des Églises pentecôtistes, évangéliques et de réveil (CNEPER) a adopté une résolution majeure portant sur la création d’une carte professionnelle pastorale annuelle. Cette mesure vise à renforcer l’éthique et la crédibilité du ministère pastoral, dans un contexte marqué par les dérives dénoncées aussi bien par les autorités publiques que par les responsables religieux eux-mêmes.

Une vue des membres du CNEPER, lors de la convention à Libreville. © D.R.

 

Le Conseil national des Églises pentecôtistes, évangéliques et de réveil (CNEPER) a clôturé, dimanche à Libreville, sa première Convention nationale par l’adoption d’une série de résolutions destinées à assainir le paysage religieux gabonais, dont la plus emblématique concerne la création d’une carte professionnelle pastorale annuelle pour ses membres.

Organisée du 8 au 10 mai aux Assemblées de Dieu du Gabon autour du thème : « Seulement, au point où nous sommes parvenus, marchons d’un seul pas », cette rencontre a réuni plusieurs responsables religieux et autorités administratives, parmi lesquelles le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault.

Selon le président du CNEPER, le Révérend Gaspard Obiang, cette carte professionnelle permettra d’encadrer davantage l’exercice du ministère pastoral et de sanctionner les comportements contraires à l’éthique. « La Convention a adopté la mise en place d’une carte professionnelle pastorale annuelle, qui pourra être retirée à ceux qui ne respecteront pas l’éthique pastorale, car notre pays a trop souffert des antivaleurs », a-t-il déclaré.

Le responsable religieux a également insisté sur la nécessité de mieux réglementer l’accès au pastorat. « Il est important aujourd’hui de codifier le ministère pastoral, car n’est pas pasteur qui veut », a-t-il ajouté, estimant que cette réforme contribuera à restaurer l’image des Églises pentecôtistes, évangéliques et de réveil.

Assainir l’environnement religieux

Les officiels, dont le vice-président du gouvernement, lors de la clôture de la convention. © AGP

Présent à la cérémonie de clôture, Hermann Immongault a salué les orientations prises par le CNEPER, tout en rappelant les attentes du gouvernement en matière de moralisation du secteur religieux.

« Le milieu religieux gabonais souffre aujourd’hui de dérives sérieuses qui affectent profondément la confiance des populations et portent atteinte à la dignité même de la vocation pastorale. Les scandales à répétition, le commerce de la foi, les querelles de leadership et les divisions permanentes fragilisent la confession des fidèles et ternissent l’image du ministère pastoral », a déploré le vice-président du gouvernement.

Au nom du président de la République, il a assuré les responsables religieux de l’attention portée par les autorités à « la vitalité et à la responsabilité du fait religieux » au Gabon. Il a par ailleurs recommandé au Conseil de se doter d’un véritable mécanisme d’agrément, de contrôle et de discipline de ses membres afin de renforcer sa crédibilité.

Pour le CNEPER, la mise en place de cette carte professionnelle s’inscrit précisément dans cette dynamique d’assainissement et de responsabilisation des acteurs religieux.

Une institution appelée à structurer le courant pentecôtiste

Le Révérend Gaspard Obiang s’est félicité de la création de cette nouvelle organisation faîtière, estimant qu’elle permettra désormais de mieux représenter et coordonner les Églises pentecôtistes, évangéliques et de réveil du pays.

« Le courant pentecôtiste, charismatique et de réveil a toujours été décrié et, aujourd’hui, nous avons cette institution qui va représenter officiellement notre courant religieux, assurer la coordination et veiller à l’éthique », a-t-il indiqué.

Le président du CNEPER a enfin assuré que l’ensemble des recommandations formulées au terme de cette convention sera appliqué dans le strict respect des textes en vigueur.

 
GR
 

1 Commentaire

  1. […] Au-delà du cas gabonais, l’expérience sera scrutée par d’autres conférences évangéliques de la sous-région. Si la carte annuelle parvient effectivement à réduire les dérives sans étouffer la vitalité du mouvement de réveil, le modèle pourrait essaimer. À l’inverse, un dispositif perçu comme bureaucratique ou instrumentalisé risquerait de provoquer de nouvelles divisions internes. Les prochains mois, marqués par la phase de déploiement opérationnel, diront si l’ambition affichée à Libreville se traduit en discipline effective sur le terrain. Selon Gabon Review. […]

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