Lors de son discours sur l’état de la Nation prononcé ce lundi 15 juin 2026, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a rappelé la mise en place d’une mesure destinée à intégrer les acteurs du secteur informel au système national de protection sociale. Commerçants, personnels de maison, coiffeuses, cordonniers, vendeurs ambulants et autres travailleurs indépendants sont désormais appelés à s’affilier à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et à la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS).

Une commerçante au marché Mont-Bouet sur sa table. © Tripadvisor

 

«Les commerçants, les personnels de maison, les coiffeuses, les cordonniers, les vendeuses au marché… c’est vous qui êtes concernés par le Fonds 4», a déclaré le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, présentant ce nouveau mécanisme comme une réponse au déficit de cotisants qui fragilise le système de protection sociale gabonais, lors de son allocution à l’Assemblée nationale ce lundi 15 juin 2026. 

Selon lui, le fonctionnement actuel de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) repose sur un équilibre devenu difficile à maintenir. «Est-ce que 660 000 concitoyens peuvent soigner 1 300 000 malades ? Non, c’est impossible», a-t-il lancé devant son auditoire, estimant qu’il est indispensable d’élargir la base des cotisants afin d’assurer la pérennité du système. 

Le président a ainsi expliqué que le Fonds 4 permettra aux travailleurs du secteur informel de cotiser plus facilement à la CNSS et à la CNAMGS. «Vous aussi, vous devez faire des efforts, surtout quand on sait que vous avez des revenus», a-t-il insisté, appelant chacun à participer au financement de la solidarité nationale.

Démonstration du mécanisme par un cas pratique

Pour illustrer son projet, le chef de l’État a pris l’exemple des taxes journalières perçues sur les marchés. Sans augmenter le coût payé par les commerçants, une partie des recettes pourrait être automatiquement affectée à la CNAMGS grâce à un système numérique. «Je ne vous demande pas d’augmenter le prix de la table. Quand la commerçante paie ses 10 000 FCFA, une partie pourrait être directement reversée à la CNAMGS grâce à un système digitalisé», a-t-il expliqué. Autrement dit, lorsqu’une commerçante s’acquitte d’une contribution de 10 000 F pour son emplacement auprès des autorités municipales, la répartition s’effectue comme suit : 5 000 F reviennent à la mairie, 2 500 F sont reversés à la CNAMGS et 2 500 F à la CNSS. Ainsi, cette contribution permet non seulement de financer les services municipaux, mais aussi d’assurer l’affiliation de la commerçante à un système de protection sociale.

Un audit de la CNAMGS annoncé

Parallèlement, Oligui Nguema a annoncé un audit de la CNAMGS afin d’identifier les véritables bénéficiaires économiquement faibles et de renforcer la transparence dans la gestion des assurés. La digitalisation du système devrait également permettre un meilleur suivi des cotisations et des prestations.

Le président a enfin plaidé pour une meilleure organisation du secteur informel, évoquant notamment la nécessité d’encadrer les activités commerciales et de limiter les ventes sur les trottoirs, tout en favorisant l’affiliation des commerçants aux régimes de protection sociale.

Si l’exécutif entend renforcer la viabilité financière de la CNSS et de la CNAMGS par cette réforme en élargissant la couverture sociale à une frange importante de la population active, le véritable défi reste désormais à savoir comment cette stratégie sera mise en œuvre et accueillie par les principaux concernés.

Thécia Nyomba

 
GR
 

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