Soins contre paiement préalable : les députés interpellent la ministre de la Santé
Des résultats qui « ne répondent pas encore pleinement aux attentes » : l’aveu vient de la ministre de la Santé, Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou, devant les députés, lors de l’examen du projet de loi de règlement du budget 2025. Entre insuffisances budgétaires, pratiques hospitalières décriées et difficultés d’évacuation sanitaire dans les zones enclavées, les défis du système de santé gabonais ont été au centre des échanges.

La ministre (à gauche) aux côtés de la présidente de la commission Finances lors de l’audition. © D.R.
Au Palais Léon-Mba, la ministre de la Santé a présenté aux parlementaires le bilan des crédits ouverts pour son département, hors dépenses de personnel, arrêtés à 67,17 milliards de FCFA. L’exécution de ces crédits, les pratiques dénoncées dans les hôpitaux publics et les inégalités territoriales d’accès aux soins ont dominé l’audition. Elle a reconnu que les résultats enregistrés restaient en deçà des attentes, tout en assurant que des efforts étaient engagés pour améliorer les performances du secteur.
« Les résultats enregistrés par mon ministère ne répondent pas encore pleinement aux attentes des plus hautes autorités, et par ricochet à celles des populations que vous représentez ici au Palais Léon-Mba », a-t-elle reconnu. Parmi les difficultés soulevées figure la faible exécution des crédits du programme « Offre et Accès aux Soins ». Cette situation, selon les échanges, affecte le fonctionnement des établissements sanitaires et leur capacité à répondre aux besoins des populations. « Nonobstant l’existence de points de satisfaction, nous avons pris la mesure des défis à relever et des efforts à consentir pour atteindre nos objectifs », a-t-elle poursuivi.
Paiement préalable, zones enclavées : les inquiétudes des députés
Au-delà des chiffres, les députés ont surtout insisté sur les conséquences concrètes de ces insuffisances pour les patients. Les conditions de prise en charge dans les structures publiques ont suscité de vives réactions. Les députés Béni Ngoua Mbina et Dorland Chancely Olengue ont notamment dénoncé des comportements qu’ils jugent contraires aux principes d’éthique et de déontologie médicale. Béni Ngoua Mbina a particulièrement interpellé la ministre sur les pratiques consistant à subordonner les premiers soins au paiement préalable de frais. Une situation qui, selon l’élu, peut mettre en danger la santé, voire la vie des patients. Les échanges ont ainsi remis au centre des préoccupations l’humanisation des soins et la responsabilité du personnel soignant.
Autre point soulevé : les disparités territoriales dans l’accès aux soins. Le député Dorland Chancely Olengue a questionné la répartition des moyens roulants, plaidant pour une meilleure prise en compte des départements enclavés, où les évacuations sanitaires demeurent difficiles. L’élu a également attiré l’attention sur les conditions de fonctionnement des 545 dispensaires évoqués lors des échanges, considérés comme des structures essentielles pour les populations éloignées des grands centres urbains.
Au terme de cette audition, un constat se dégage : l’amélioration du système sanitaire ne dépend pas uniquement des ressources financières et des infrastructures. Elle passe aussi par une meilleure exécution des crédits, une prise en charge digne des patients et une répartition plus équitable des moyens sur l’ensemble du territoire.
















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