Confrontée depuis plusieurs mois à des difficultés de fonctionnement et désormais à une grève au sein des Sucreries du Gabon, la filière sucrière gabonaise fait l’objet d’un nouveau suivi gouvernemental. Hermann Immongault a réuni, mercredi 7 octobre, les acteurs concernés pour accélérer le retour à la normale.

Un moment de la rencontre avec le VPG. © Capture d’écran/Gabon 1ère

 

Le gouvernement tente de trouver une issue aux difficultés qui secouent la filière sucrière gabonaise. Le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a présidé, mercredi 7 octobre, une nouvelle réunion consacrée à la situation du secteur, alors qu’un mouvement de grève est en cours au sein des Sucreries du Gabon.

Cette rencontre intervient quelques jours après le déclenchement de la grève des agents de l’entreprise, à l’issue du préavis déposé le 18 septembre. Les salariés dénoncent notamment des conditions de travail jugées difficiles, des insuffisances en matière de santé et de sécurité, ainsi que des problèmes liés aux équipements de protection. Leurs revendications portent également sur la couverture et les avantages sociaux, la formation, le respect des accords d’entreprise et la reprise d’un véritable dialogue social.

Au-delà des revendications sociales, les agents s’inquiètent également de l’avenir de leur entreprise, confrontée à des difficultés financières, à une baisse de sa production et à un outil industriel jugé vieillissant. La crainte d’un désengagement de l’actionnaire alimente davantage les préoccupations du personnel. Entre janvier et septembre 2026, les ventes de sucre annoncées par l’entreprise dépassaient pourtant 7,43 milliards de francs CFA.

Les échanges commerciaux au centre

C’est dans ce contexte que le gouvernement a de nouveau réuni les différents acteurs de la filière. Les discussions ont notamment porté sur les relations commerciales entre les industriels et MFB, producteur local de sucre.

«Il était question de voir comment les échanges commerciaux se passent entre les industriels et MFB, qui est aujourd’hui le producteur de sucre local», a expliqué la ministre du Commerce et des PME-PMI, Zenaba Gninga Chaning.

L’enjeu concerne à la fois le sucre destiné aux industriels et celui destiné à la consommation des ménages. Les difficultés de fonctionnement de la filière, auxquelles s’ajoute désormais le conflit social aux Sucreries du Gabon, font peser des inquiétudes sur la continuité de l’approvisionnement du marché national.

Le gouvernement veut accélérer le retour à la normale

Autour du vice-président du gouvernement, la ministre du Commerce, son collègue de l’Industrie et les responsables concernés ont fait le point sur l’état d’avancement du dossier. À l’issue des échanges, Hermann Immongault a donné des orientations visant à accélérer les mesures nécessaires au rétablissement d’un fonctionnement normal de la filière.

Cette nouvelle intervention gouvernementale prolonge les démarches engagées ces dernières semaines autour de la situation des Sucreries du Gabon. Le 28 août, le gouverneur de la province du Haut-Ogooué, Jacques Denis Tsanga, avait notamment échangé avec les responsables et le personnel de l’entreprise, affichant l’engagement de l’État à suivre la situation. Début octobre, le ministre Lubin Ntoutoume avait à son tour appelé à examiner «toutes les pistes» pour préserver l’outil industriel, alors que les salariés exprimaient leur crainte de voir leur entreprise disparaître.

Pour le gouvernement, l’enjeu dépasse ainsi le seul règlement du conflit social. Il s’agit également de préserver la production locale, de sécuriser l’approvisionnement en sucre et de rapprocher les différents maillons de la chaîne. La priorité affichée est désormais de trouver des solutions permettant à la fois de répondre aux préoccupations des travailleurs et de rétablir durablement le fonctionnement de la filière.

 
GR
 

0 commentaire

Be the first one to leave a comment.

Post a Comment