Après l’expiration d’un préavis déposé le 18 septembre, les employés des Sucreries du Gabon ont déclenché une grève générale. Conditions de travail, sécurité, couverture sociale et dialogue avec la direction figurent parmi leurs revendications, sur fond de fragilité financière et industrielle de l’entreprise.

Vue d’une partie de l’usine en pleine activité, en août 2024. © Facebook/Chesly 241

 

Les Sucreries du Gabon sont à nouveau dans la tourmente. Après l’expiration, le 18 septembre dernier, d’un préavis de grève déposé auprès de la direction générale, les employés ont décidé de passer à l’arrêt de travail. Une mobilisation qui intervient alors que l’entreprise, héritière de l’ancienne Sucaf, traverse déjà une période particulièrement délicate.

Réunis autour de leur base syndicale, les salariés dénoncent plusieurs manquements relatifs à leurs conditions de travail. Santé et sécurité, équipements de protection individuelle, avantages sociaux, formation et respect de certaines dispositions des accords d’entreprise figurent notamment au cœur de leurs revendications. Les travailleurs déplorent également l’absence de dialogue social avec la direction.

Une crise sociale sur fond de difficultés industrielles

La contestation intervient surtout dans un contexte où les difficultés des Sucreries du Gabon ne sont plus seulement d’ordre social. Le 28 août dernier, le gouverneur du Haut-Ogooué, Jacques Denis Tsanga, s’était rendu sur le site de l’entreprise, sur instruction du chef de l’État. La direction avait alors alerté sur une situation financière «très difficile et très menacée», appelant l’État à davantage de soutien. Le gouverneur avait, en retour, promis que «l’engagement de l’État [serait] respecté» afin de préserver l’outil de production.

Quelques semaines plus tard, le ministre de l’Industrie et de la Transformation locale, Me Lubin Ntoutoume, effectuait à son tour une descente sur le terrain. Après avoir rencontré la direction et les représentants du personnel, il reconnaissait la nécessité d’examiner «toutes les pistes» permettant d’assurer la continuité des activités. «C’est un outil de travail qu’on ne peut pas abandonner», avait-il insisté.

«On ne veut pas que notre entreprise meure»

Au-delà des revendications immédiates, les salariés s’inquiètent donc de l’avenir même de leur entreprise. La baisse continue de la production et l’obsolescence des équipements constituent des préoccupations majeures. Le directeur général, Ousmane Mabignath Sall, reconnaissait récemment que l’appareil industriel était «très obsolète», malgré les efforts pour le maintenir en activité.

Les salariés évoquent par ailleurs des recettes de plus de 7,43 milliards de francs CFA générées par les ventes de sucre entre janvier et septembre 2026, estimant que la situation justifie un accompagnement permettant de préserver l’activité et les emplois. «On ne veut pas que notre entreprise meure», résume un salarié.

Pour les grévistes, l’intervention des autorités doit désormais déboucher sur des actes concrets. Ils appellent à la reprise du dialogue social et à une réponse rapide à leurs revendications. Car derrière le conflit du travail se joue désormais une question plus large : celle de la pérennité d’un outil industriel stratégique pour l’approvisionnement du marché gabonais et pour l’économie du Haut-Ogooué.

 
GR
 

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