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Les salaires des cadres et dirigeants de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) sont éloignés de la rigueur et de la sobriété.

CNSS : Les salaires ne se conforment ni à la réglementation nationale ni aux recommandations de la Cipres. Pourtant dénoncés par Ali Bongo lui-même, «les passe-droits, (…) la cooptation sur des critères d’appartenance ethnique, politique, religieux ou familial» sont toujours de saison. © Montage Gabonreview

 

LES  SALAIRES des cadres et dirigeants de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) n’en finissent plus de faire jaser. Principal enseignement du fichier publié vendredi dernier ? Les prescriptions de l’annexe du décret n° 0087/PR/MBCP du 30 mars 2021 portant modification de certaines dispositions du décret n° 295/MBCPFRE du 30 juin 2010 «fixant le plafonnement des rémunérations (…) des personnels des établissements publics, des entreprises publiques et des sociétés d’Etat» ne sont guère respectées. Aux termes de celles-ci, la rémunération du directeur général de la CNSS devrait osciller entre 2.125. 000 et 4.250.000 francs CFA. Or, elle va au-delà, culminant à 11 millions de nos francs, avantages en nature non compris. Déduction logique : les salaires pratiqués à la CNSS ne correspondent pas aux consignes gouvernementales.

L’annexe du décret n° 0087/PR/MBCP du 30 mars 2021 portant modification de certaines dispositions du décret n° 295/MBCPFRE du 30 juin 2010 fixe «le plafonnement des rémunérations (…) des personnels des établissements publics, des entreprises publiques et des sociétés d’Etat». © Gabonreview

Convention collective du 19 avril 1986

Pourtant, la CNSS aurait pu concevoir une politique salariale cohérente et transparente. Dans les limites définies par la réglementation, elle aurait pu se doter d’un régime de rémunération fondé sur le niveau de qualification, l’expérience professionnelle, les compétences et, les performances individuelles ou les résultats collectifs. Sur tous ces éléments, la convention collective du 19 avril 1986 apporte des précisions. Outre le salaire de base, elle prévoit «différentes primes, indemnités et gratifications», calculés «en fonction du classement et du poste de travail occupé». Ainsi, l’indemnité mensuelle de tournée est réservée aux «agents ayant des fonctions essentiellement itinérantes», la prime de logement est versée à «tout agent (…) recruté en un lieu différent de son lieu d’affectation (ou) déplacé du fait de l’employeur.»

Certes, personne ne sait si ces salaires comprennent l’ensemble des primes et indemnités. Nul ne peut dire s’ils sont bruts ou nets d’impôts et de cotisations sociales. Mais, tout le monde en est convaincu : comme Patrick Ossi Okori, la plupart des cadres dirigeants exercent à Libreville, lieu de leur recrutement. Comme lui, ils occupent des emplois sédentaires. Quand ils sont amenés à se déplacer, ils perçoivent des frais de mission, payés rubis sur ongle. Du coup, ils ne peuvent revendiquer une indemnité mensuelle de tournée ou une prime de logement. Si les agents et cadres auront beau jeu de se défendre d’avoir fixé eux-mêmes leurs salaires, il n’en va de même pour le directeur général. Ce dernier peut-il s’abriter derrière une éventuelle délibération du conseil d’administration ? L’opinion le décrit déjà comme un adepte du cynisme. Son salaire n’étant ni conforme à la réglementation nationale ni aligné sur les recommandations de la Conférence interafricaine de la prévoyance sociale (Cipres), il apparaît comme un chantre de la prévarication.

Contingences politiciennes

Contrairement aux établissements publics, les organismes de prévoyance sociale ne sont pas seulement régis par les lois et règlements nationaux. Leur fonctionnement repose aussi sur les ratios de performance et indicateurs de gestion définis par la Cipres. Théoriquement, les frais de fonctionnement doivent correspondre à moins de 15% des dépenses totales. De même, les frais de personnel doivent s’établir à moins de 85% des charges de fonctionnement. La CNSS respecte-t-elle ces prescriptions ? De toute évidence, on peut répondre par la négative. Or, les ressources de la CNSS proviennent essentiellement de trois sources : les cotisations des employeurs et travailleurs, les majorations pour cause de retard dans le versement des cotisations ou dans la production des déclarations nominatives des salaires et, les intérêts moratoires. Pour faciliter le recouvrement, elle peut exercer des poursuites judiciaires ou lancer des avis à tiers détenteur. Autrement dit, dans le paiement des créances dues par les particuliers et entreprises, la CNSS est prioritaire. En contrepartie d’un tel privilège, ses dirigeants devraient faire montre de rigueur et de sobriété. Malheureusement, il n’en est rien. Bien au contraire.

Comme chacun peut le constater, le chantier de la justice salariale reste entier. Composante du «Programme pour l’Egalité des chances», le «combat contre les privilèges» demeure un vœu pieux, une formule incantatoire. N’en déplaise aux sectateurs du pouvoir en place, «la méritocratie et la performance» sont étrangères à la gouvernance en vigueur. Pourtant dénoncés par Ali Bongo lui-même, «les passe-droits, (…) la cooptation sur des critères d’appartenance ethnique, politique, religieux ou familial» sont toujours de saison. Dans certains établissements publics ou sociétés d’Etat, les rémunérations et avantages en nature fluctuent à la tête du client. Le gouvernement aura beau prendre des décrets pour les encadrer. Ces bonnes intentions se heurteront toujours aux contingences politiciennes. Parmi elles, la préférence partisane, c’est-à-dire la tendance à faire de l’appartenance au Parti démocratique gabonais (PDG) un critère déterminant pour toute nomination en Conseil des ministres voire pour tout emploi à bonne rémunération.

 
GR
 

18 Commentaires

  1. azert dit :

    Il devrait démissionner ce DG !

  2. Giap EFFAYONG dit :

    Il me semble que nous savons tous depuis bien longtemps qu’au Gabon,les altogovéens sont des citoyens entièrement à part.

    • Asphalt dit :

      Je suis altogovéens et je ne peux pas te laisser tenir ce type de language mais ce n’est aucunement de ta faute.Tu as le discours d’un individu qui n’a jamais mit les pieds dans le Haut-Ogooué encore moins chercher à connaître le ressenti réel de nombreux d’entre nous face foutaises que nous vivons tous depuis douze et bien avant même.

  3. Mike Nze dit :

    Trop de maladresse dans ce dossier. Savez-vous que la CNSS est une entreprise privée ? Comprenez-vous au moins ce que veux dire : « Contrairement aux établissements publics, les organismes de prévoyance sociale ne sont pas seulement régis par les lois et règlements nationaux » ?
    On se rend compte que beaucoup ne savent pas ce comment fonctionne la Sécurité Sociale.

    • Maganga Octave dit :

      @Mike Nze. Visiblement c’est vous qui ne comprenez rien. La loi sur la sécurité sociale date de 1975. Elle définit la CNSS comme une entreprise privée chargée d’un service public. Elle place la CNSS sous la tutelle du ministère des affaires sociales. Depuis quand une entreprise privée est rattachée à un ministère ? Depuis quand une entreprise privee à une agence comptable comme la CNSS ? Comprenez que la loi sur les établissements publics date de 1982. COMPRENEZ aussi qu’un établissement public répond à trois caractéristiques : l’autonomie, la spécialité et la tutelle de l’état. Dites alors en quoi la quoi la CNSS est différente ? Au lieu de faire une interprétation littérale de la loi sur la sécurité sociale, comprenez simplement que la CNSS n’a pas un statut sui generis. Elle entre dans une catégorie juridique créée après sa naissance : les établissements publics

  4. sogara dit :

    La CNSSS n’est pas la seule entité au Gabon ou les salaires des cadres sont exorbitants.

    Echo du Nord nous a bien appris hier que les salaires de la direction générale de la SOGARA (para-publique) sont largement supérieures à celles pratiquées à la CNSSS.

    Le DG gabonais de la SOGARA pointe à 18 millions de cfa par mois.

    Celui de la GOC (para-publique), pointait à 25 millions de CFA en 2013!

    Tous les DG sont nommés par un seul et même Homme à qui des royalties sont reversééees.

    Les affaires sans fin de nous mêmes nous mêmes!

  5. Lavue dit :

    Cet Effayong GIAP a certainement quelque chose contre les Altogovéens. Qu’est-ce qu’ils viennent faire dans cette affaire. Si ce Monsieur avait un peu de mémoire il devrait savoir que ces pratiques sont en place depuis des années et que la CNSS n’a pas été géré que par des Altogovéens. Attention de stigmatiser une ethnie ou une province parce qu’on a la possibilité de se cacher derrière des sobriquets, des faux-noms. Des personnes comme ce Monsieur finira un jour par faire les frais de sa haine aveugle, de son ignorance et de ses limites intellectuelles.
    Ce media et partant le pays ont besoin des gens d’une certaine hauteur d’esprit et non des médiocres.

  6. UDFR dit :

    « prévarication »….ça veut dire quoi , ???

  7. Hoxer dit :

    Notre ambition mieux vous servir. On dira désormais votre ambition mieux vous servir

  8. mIstique dit :

    Quand le docteur Lasseghe était directeur de la caisse, il touchait un salaire de 7 millions de FCFA.

    Le nouveau DG de la CNSS touche aujourd’hui 11 millions de FCFA alors que les salaires sont plafonnés au pays. Jugez vous même.

  9. steeve ongoto dit :

    C’est le Gabon et la pratique de plusieurs pays africain sous la direction de la France, et on dit que nos pays sont des pays pauvres,
    C’est encore la, le sentiment le plus primaire, le plus bas de l’homme,
    L’égoïsme, l’orgueil

  10. dumontier dit :

    Je souhaite que la CNSS me règle de 2 derniers trimestres de ma pension de 2021 et le réglement du 1° trimestre qui m’avait régler avec une erreur ils m’ont régler 1070,56 € au lieu de 1605,83 € le plus vite possible car depuis 2 ans je n’ai rien toucher, merci d’avance

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