Face aux contestations persistantes autour du processus électoral à la Fédération gabonaise de football, le gouvernement gabonais a décidé, ce lundi 13 avril 2026, de suspendre les scrutins en cours à la Fegafoot et au Comité national olympique du Gabon (CNOG). Une mesure d’assainissement qui impose aux associations sportives une mise en conformité administrative sous six mois, sous le regard attentif des instances internationales.

Le ministre des Sports, Paul Ulrich Kessany Zategwa, le 13 avril 2026. © AFC Sports

 

Le ministre des Sports, Paul Ulrich Kessany Zategwa, a annoncé lundi 13 avril 2026 la suspension du processus électoral pour la présidence de la Fédération gabonaise de football (Fegafoot) et du Comité national olympique gabonais (CNOG). Cette décision, qualifiée de «nécessaire», s’inscrit dans une volonté affichée des autorités d’assainir en profondeur la gouvernance du sport national.

Lors d’un point presse conjoint avec son homologue de l’Intérieur, Adrien Nguema Mba, le ministre a précisé que toutes les associations sportives disposent désormais d’un délai de six mois pour régulariser leur situation administrative. Pour accompagner ce processus, un guichet unique associant les deux ministères a été mis en place.

Une réponse à une crise électorale persistante

Cette suspension intervient dans un contexte de fortes tensions autour de l’élection à la Fédération gabonaise de football. Depuis plusieurs semaines, des acteurs du football national dénoncent des irrégularités dans le processus électoral, notamment en ce qui concerne la validation des candidatures et la composition du corps électoral.

Des organisations et dirigeants de clubs ont publiquement mis en cause la transparence du scrutin, évoquant des pratiques susceptibles d’entacher la crédibilité de l’instance dirigeante du football gabonais. Cette situation a contribué à fragiliser davantage une fédération déjà confrontée à des crises de gouvernance récurrentes.

Selon plusieurs analyses, ces contestations s’inscrivent dans un climat de défiance généralisée vis-à-vis des institutions sportives, alimenté par des années de dysfonctionnements administratifs et de conflits internes.

Le regard des instances internationales

Dans cette dynamique de réforme, les autorités gabonaises ont saisi les principales instances internationales du sport, notamment la FIFA, la Confédération africaine de football et le Comité international olympique, afin de les informer de la démarche engagée.

Ces organisations ont, selon le gouvernement, pris acte de la situation. Leur position est désormais attendue dans les prochains jours, alors que ce type d’intervention étatique peut, dans certains cas, être perçu comme une ingérence dans la gestion autonome des fédérations sportives.

L’exécutif gabonais affirme néanmoins agir dans le respect des normes internationales, avec pour objectif de restaurer la crédibilité des structures sportives et de garantir, à terme, des processus électoraux transparents et conformes aux standards internationaux.

Cette séquence s’annonce déterminante pour l’avenir institutionnel du sport gabonais, à la croisée des exigences de réforme interne et des équilibres imposés par les instances mondiales.

 
GR
 

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