Vingt ans de partenariat avec l’Europe, des financements espérés grâce aux mangroves : le 2 octobre, devant les députés, la ministre des Affaires étrangères, Marie-Edith Tassyla-Ye-Doumbeneny, a défendu deux projets de loi, l’un sur l’Accord de Samoa, l’autre sur l’adhésion du Gabon au Centre international des mangroves (CIM). L’audition a permis d’en exposer les enjeux économiques, diplomatiques et environnementaux.

La ministre des Affaires étrangères, de la Coopération, Marie-Edith Tassyla-Ye-Doumbeneny, face aux députés, le 2 octobre 2026. © Presse de l’Assemblée nationale

 

Au Palais Léon-Mba, la cheffe de la diplomatie gabonaise, Marie-Edith Tassyla-Ye-Doumbeneny, a présenté, devant la Commission des Affaires étrangères présidée par l’honorable Blaise Louembé, un ordre du jour dense, fidèle à la feuille de route des plus hautes autorités. Il traduit « les ambitions multiformes du Gabon sur la scène internationale » et sa volonté d’articuler intégration économique, partenariat transcontinental et gouvernance environnementale globale.

Marie-Edith Tassyla-Ye-Doumbeneny en compagne des responsables de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale. © Presse de l’Assemblée nationale

Succédant aux accords de Lomé et de Cotonou, l’Accord de Samoa, signé le 15 novembre 2023, à Apia, la capitale de Samoa, encadre, pour vingt ans, le partenariat entre l’Union européenne (UE) et l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP). « Ce texte revêt un intérêt stratégique de premier ordre pour Libreville », a expliqué la ministre, évoquant les perspectives de diversification économique. Interrogée sur la protection des filières locales face à l’ouverture des marchés, elle a notamment invoqué les clauses de sauvegarde du protocole Afrique. Pour l’honorable Félicité Ngoubili-Ongouori, cet accord ouvre des perspectives de financements pour « le développement durable, la lutte contre la pauvreté et la croissance économique inclusive ».

Capter de nouveaux financements multilatéraux

Le second texte concerne l’adhésion du Gabon au Centre international des mangroves, un instrument de coopération scientifique et de mobilisation des financements environnementaux. Fort de ses écosystèmes côtiers, le pays entend valoriser son expertise dans la préservation de la biodiversité et la lutte contre le changement climatique. « L’adhésion formelle au Centre international des mangroves permettra au Gabon non seulement de partager son expertise scientifique, mais surtout de capter de nouveaux financements multilatéraux via la finance carbone et les mécanismes de l’économie bleue », a expliqué l’honorable Charles-Henri Gey.

Pour la ministre, cette initiative illustre une diplomatie qui fait de l’environnement « un levier d’influence et de négociation géopolitique » et marque la transition vers une écologie « scientifique et économique génératrice de valeur ajoutée pour les populations locales ». La Commission devrait transmettre favorablement les deux projets de loi en vue de leur adoption en séance plénière.

 
GR
 

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