[Tribune] «Laissez-nous bâtir» : la réponse de Nadia Christelle Koye au «Laissez-nous avancer» du pouvoir déchu
Trois ans après le « Coup de libération », Nadia Christelle Koye revient dans cette nouvelle tribune sur les ressorts des évènements du 30 août 2023 et oppose les promesses non tenues de l’ancien pouvoir à la dynamique de transformation engagée depuis lors. La sénatrice (UDB) du département de Mulundu, dans la province de l’Ogooué-Lolo, défend la nécessité de laisser le temps aux réformes et aux chantiers de produire leurs effets, tout en appelant les Gabonais à prendre part à la construction d’un nouveau projet national fondé sur la souveraineté, la cohésion et l’engagement patriotique.

Nadia Christelle Koye, sénatrice (UDB) du département de Mulundu. © D.R.
Le coup de libération du 30 août 2023 a été régulièrement justifié par la gouvernance erratique du pouvoir déchu.
Cet axiome est indubitable, néanmoins il est également incontestable que le délitement de la parole publique a considérablement contribué à la fracture sociale, et finalement au rejet populaire du président déchu Ali BONGO ONDIMBA.
En effet, confrontées à des conditions de vie de plus en plus difficiles, les populations ont vu leurs espoirs s’amenuiser jusqu’à s’évanouir devant les sempiternelles promesses et maquettes du pouvoir déchu ; car il faut le souligner durant cette période, le Gabon a certainement enregistré le record des maquettes et des éléphants blancs :
- Transgabonaise ;
- Baie des rois ;
- L’accessibilité à l’eau et à l’électricité
- Employabilité des jeunes ;
- Structures hospitalières, etc. ;
Il serait totalement erroné d’affirmer qu’aucune réalisation n’a été effectuée sous le magistère de Monsieur Ali BONGO ONDIMBA. Même imparfaites, il en existe certainement.
Toutefois, il est constant que le niveau de réalisation des engagements reste marginal même si on veut être optimiste. Ce qui est encore plus alarmant c’est que finalement l’endettement qui serait de 70% n’aura finalement servi qu’à financer…les maquettes et les éléphants blancs.
A contrario, depuis le coup de libération, la parole publique tend à se sacraliser de plus en plus.
Ainsi, après une concertation générale avec les forces vives de la nation, plusieurs engagements majeurs ont été pris en faveur du peuple gabonais :
- Restauration des institutions ;
- Réappropriation des valeurs culturelles et morales ;
- Réappropriation de la souveraineté économique ;
- Rayonnement du Gabon à l’international ;
- Réalisations de plusieurs infrastructures sociales ;
- Mise en œuvre de la décentralisation ;
- Employabilité des jeunes, etc.
Moins de trois ans après le coup de libération et seulement une année après l’élection du Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement, Son Excellence Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, les indicateurs sont parfaitement au vert et les populations commencent à se réconcilier avec leur élite politique.
Les multiples réformes engagées l’attestent ;
Les multiples chantiers amorcés l’attestent ;
Les investissements majeurs dans les secteurs clés l’attestent ;
Pour s’en convaincre, il suffit de regarder le niveau singulier et impressionnant des inaugurations présidentielles aussi bien à Libreville qu’à l’intérieur du pays.
Comme on le dit communément, « l’œil qui voit ne ment pas », sauf à être aveugle, ou à être atteint de strabisme divergent chronique.
C’est vrai, il ne faut pas être triomphaliste et méconnaître les réalités de notre pays, qui ne sont pas conjecturelles mais profondément structurelles et toujours liées à la gouvernance antérieure.
Cependant, il est certain que certains engagements ne sont pas encore réalisés parce que faisant l’objet d’une programmation pluriannuelle ;
Il est certain que certains chantiers sont momentanément ralentis pour des raisons techniques aussi bien à Libreville qu’à l’intérieur du pays ;
Il est également certains que l’engagement a été pris sur la durée du mandat ; c’est-à-dire sept (07) ans.
En conséquence, et pour paraphraser un contemporain au lieu de nous laisser avancer, laissez-nous bâtir.
Parce que dans la Vème République, l’engagement n’est pas une condition (d’enrichissement), mais une conviction patriotique de construction nationale.
Et pour terminer cette tribune je reprendrai une sagesse de chez moi qui dit que « ce sont les propriétaires d’une affaire qui donnent de la force à leur affaire ».
Le Coup de libération est une opportunité historique et certainement unique pour le développement du Gabon. La cohésion nationale impose une implication et un engagement de chaque gabonais à la réalisation de cet idéal commun.
« …Oui que le temps heureux rêvé par nos ancêtres
Arrive enfin chez nous, réjouisse les êtres
Et chasse les sorciers, ces perfides trompeurs
Qui semaient le poison et répandaient la peur… »
















2 Commentaires
Madame Koye, si votre courage politique avait été aussi manifeste lorsque vous représentiez l’opposition au régime Bongo au sein de la commission électorale, cela se saurait. À l’époque, vous vous êtes laissé malmener et, surtout, vous avez laissé malmener le vote des Gabonais. C’est seulement maintenant que vous retrouvez une langue et une plume ?
Vous donnez surtout l’impression d’une opportuniste, finalement assez proche de ceux que vous prétendez aujourd’hui dénoncer.
Votre tribune rappelle d’ailleurs une mécanique bien connue sous Ali Bongo : lorsqu’un régime n’avait plus grand-chose à proposer aux Gabonais, une partie de son énergie était consacrée à répondre aux critiques de l’opposition et de la société civile, avec cette même condescendance qui consistait à demander aux mécontents de se taire au nom de la marche du pouvoir.
À ce titre, « Laissez-nous avancer » comme « Laissez-nous bâtir » ont, au fond, la même valeur lorsqu’ils sont opposés aux Gabonais insatisfaits : celle du mépris et de la provocation. Et vous savez parfaitement qu’un grand nombre de ces insatisfactions sont légitimes, car les attentes sont immenses et bien réelles. Libreville connaît encore une production d’eau et d’électricité insuffisante malgré l’immensité des ressources dont dispose notre pays.
Or le régime d’Oligui n’est pas encore au niveau de désespoir politique atteint par celui d’Ali Bongo à sa fin. Il conserve un soutien populaire, des moyens et une marge de manœuvre suffisante pour se concentrer sur l’essentiel : construire le pays, produire des résultats et mettre en valeur ses réalisations.
Dès lors, pourquoi cette urgence à répondre à des attaques qui, pour l’instant, ont peu de chances d’entraîner une adhésion massive ? Et surtout, pourquoi reprendre ce ton condescendant et méprisant qui avait tant exaspéré les Gabonais sous les plumes de figures comme Jessye Ella Ekogha ou Bilie-By-Nze ? C’est précisément ce genre d’attitude qui finit par transformer des critiques légitimes en véritable rejet politique.
VRAIMENT QU’ELLE AILLE SE CACHER AU CARREFOUR MIKOUYI… PEUT ETRE QU’EN PASSANT, ON TE DIRA « BONJOUR »….