L’iboga n’est pas qu’une plante. Pour ceux qui en connaissent la profondeur symbolique, c’est un fragment de l’âme gabonaise, un héritage spirituel et identitaire que ni le marché mondial ni l’indifférence institutionnelle ne sauraient dilapider impunément. Alors que la compétition internationale autour des savoirs traditionnels et des ressources biologiques s’intensifie, la souveraineté patrimoniale s’impose comme un enjeu politique de premier rang. C’est ce combat que choisit de mener Guy Bertrand Mapangou, Président du Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel. Dans cette tribune, le docteur Moulin Aymar Mbina Yembi*, psychologue du travail et des organisations, décrypte les ressorts d’un plaidoyer qu’il juge à la fois lucide, moderne et profondément patriotique.

Souveraineté culturelle et spirituelle. Guy Bertrand Mapangou, Président du CESEC, porte depuis plusieurs années le plaidoyer pour la reconnaissance et la protection de l’iboga comme richesse stratégique et identitaire du Gabon. © GabonReview / Illustration IA

 

Moulin Aymar Mbina Yembi* est un universitaire et praticien gabonais, psychologue du travail et des organisations, enseignant-chercheur et auteur d’ouvrages sur l’engagement professionnel et la psychologie du travail au Gabon. © D.R.

À travers son engagement en faveur de la protection de l’Iboga, le Président du Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel porte une vision patriotique fondée sur la souveraineté culturelle, la valorisation des richesses nationales et la transmission du patrimoine aux générations futures.

 Dans l’histoire des nations, les peuples qui ont durablement marqué leur époque sont souvent ceux qui ont su protéger, valoriser et transmettre les éléments constitutifs de leur identité. Qu’il s’agisse de ressources naturelles, de savoirs traditionnels ou de patrimoines culturels, ces richesses représentent bien plus que de simples héritages du passé : elles constituent des leviers de développement, des instruments d’influence et des marqueurs de souveraineté.

C’est dans cette logique que s’inscrit le combat porté par Guy Bertrand Mapangou, Président du Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel (CESEC), en faveur de la reconnaissance et de la protection de l’Iboga comme patrimoine inaliénable du Gabon.

Un patriotisme fondé sur la défense des intérêts nationaux

La position défendue par Guy Bertrand Mapangou ne relève ni du folklore ni d’une simple démarche culturelle. Elle traduit avant tout une vision profondément patriotique du développement national. Dans un contexte de mondialisation où les ressources biologiques, les savoirs traditionnels et les patrimoines immatériels font l’objet d’une compétition internationale croissante, protéger l’Iboga revient à défendre un élément stratégique de l’identité gabonaise.

Le patriotisme moderne ne consiste plus seulement à défendre les frontières d’un pays. Il consiste également à protéger ses richesses culturelles, ses connaissances ancestrales, ses ressources naturelles et tout ce qui contribue à son rayonnement dans le monde. C’est précisément cette conception du patriotisme que porte Guy Bertrand Mapangou à travers son plaidoyer en faveur de l’Iboga.

L’exemple de pays qui ont protégé leurs patrimoines stratégiques

L’histoire récente montre que plusieurs nations ont fait le choix de protéger juridiquement et politiquement certains éléments de leur patrimoine afin d’en préserver la propriété intellectuelle, la valeur économique et la portée symbolique.

L’Inde, par exemple, a engagé une vaste politique de protection de ses savoirs traditionnels, notamment dans les domaines de l’Ayurveda, du yoga et des médecines ancestrales. Cette stratégie a permis de limiter les risques d’appropriation par des acteurs étrangers tout en renforçant le rayonnement international de la culture indienne.

La Chine a, de son côté, fait de sa médecine traditionnelle un instrument majeur de diplomatie culturelle et de développement économique. Aujourd’hui, ce patrimoine constitue l’un des symboles les plus visibles de l’influence culturelle chinoise dans le monde.

Le Maroc a engagé un important travail de reconnaissance et de valorisation de l’huile d’argan, désormais associée à l’identité nationale et protégée à travers plusieurs mécanismes institutionnels et économiques.

Le Mexique, quant à lui, défend avec vigueur ses patrimoines culturels liés au maïs, à la gastronomie traditionnelle et aux savoir-faire ancestraux reconnus à l’échelle internationale.

Dans chacun de ces exemples, la démarche poursuivie repose sur une même conviction : un patrimoine national constitue une richesse stratégique qu’il convient de protéger avant de le valoriser.

L’Iboga, une richesse identitaire unique

Le Gabon dispose avec l’Iboga d’un patrimoine dont la singularité est reconnue bien au-delà de ses frontières. Cette plante occupe une place particulière dans plusieurs traditions culturelles et spirituelles du pays. Elle est intimement liée à l’histoire, à la mémoire collective et aux connaissances ancestrales de nombreuses communautés gabonaises.

Pour Guy Bertrand Mapangou, cette réalité impose une responsabilité particulière aux institutions nationales. L’Iboga ne peut être considéré comme une simple ressource végétale. Il représente une composante essentielle du patrimoine culturel gabonais et mérite à ce titre une protection adaptée à son importance historique et symbolique.

Une vision de développement fondée sur les ressources endogènes

La défense de l’Iboga s’inscrit également dans une conception moderne du développement. Depuis plusieurs années, les experts soulignent la nécessité pour les pays africains de mieux valoriser leurs ressources locales, leurs savoirs traditionnels et leurs patrimoines culturels afin de diversifier leurs économies.

À travers sa position, Guy Bertrand Mapangou rappelle que le développement ne doit pas uniquement reposer sur l’exploitation des ressources minières ou pétrolières. Il peut également s’appuyer sur les richesses culturelles, environnementales et intellectuelles dont dispose la nation.

Cette approche rejoint les grandes orientations internationales qui reconnaissent désormais la culture et le patrimoine comme des facteurs essentiels de développement durable.

Préserver aujourd’hui pour transmettre demain

L’une des dimensions les plus importantes du plaidoyer porté par le Président du CESEC réside dans sa portée intergénérationnelle. Défendre l’Iboga aujourd’hui, c’est garantir que les générations futures pourront encore bénéficier de cet héritage exceptionnel.

La préservation du patrimoine est avant tout un acte de responsabilité. Elle traduit la volonté de transmettre intactes les richesses héritées des générations précédentes afin qu’elles continuent à contribuer au progrès collectif.

Un engagement au service de la nation

En faisant de l’Iboga un sujet de réflexion nationale, Guy Bertrand Mapangou démontre qu’il est possible de concilier patriotisme, modernité et développement. Son engagement s’inscrit dans une vision ambitieuse du Gabon, fondée sur la valorisation de ses atouts propres et sur la protection de ce qui fait son originalité dans le concert des nations.

À l’heure où de nombreux pays redécouvrent l’importance stratégique de leur patrimoine culturel, la position défendue par le Président du Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel apparaît comme une démarche lucide, responsable et profondément patriotique.

Car préserver l’Iboga, c’est préserver une partie de l’âme du Gabon. C’est protéger une richesse nationale irremplaçable. C’est affirmer, avec fierté et responsabilité, la souveraineté culturelle d’une nation attachée à son histoire, à ses valeurs et à son avenir.

Par Moulin Aymar MBINA YEMBI*

Docteur en Psychologie du travail et des organisations

 
GR
 

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