«Un pouvoir s’élève en respectant les libertés» : Mouity Nzamba décoré, mais toujours en alerte
« Un pouvoir s’élève et se grandit en respectant les libertés individuelles des citoyens. » La phrase, prononcée le jour même où on lui remettait une décoration, résume tout l’homme. Élevé au grade de Commandeur dans l’Ordre national de la Libération à l’occasion de la 3e édition de la Fête de la Libération célébrée à Makokou, le président du Parti gabonais du progrès (PGP), Benoît Joseph Mouity Nzamba, a accueilli cette distinction officielle avec sobriété. Mais derrière cet honneur, le leader progressiste a réactivé les fondamentaux de son engagement politique, en appelant les autorités à donner un contenu concret à la notion de « Libération ».

Honoré par le pouvoir qui, ce 30 août 2026, l’a fait ‘Commandeur de la Libération’, Benoît Mouity Nzamba n’en reste pas moins l’un de ses plus fermes interpellateurs. © D.R.
« Pour une surprise, c’est véritablement une surprise ! », a réagi le dirigeant progressiste, relayé par les plateformes de ses partis alliés. Assurant n’avoir jamais recherché la consécration personnelle, il dit placer cette distinction dans la continuité d’un combat politique ancien : celui de la souveraineté, de la liberté et de la dignité du peuple gabonais.
« Une seule passion m’habite : l’amour de mon pays et de ses habitants », affirme-t-il, revendiquant une conception de la politique éloignée du narcissisme et de la recherche de la gloire personnelle. Disant également rester profondément attaché à un Gabon débarrassé du tribalisme et du clanisme, où l’honneur et la dignité doivent demeurer des principes non négociables, Benoît Joseph Mouity Nzamba a transformé une décoration en plaidoyer pour les libertés.
L’héritage du « Non » de 1958
Pour le président du PGP, l’hommage rendu à son parti ne peut être dissocié de son héritage politique : celui du refus du référendum gaulliste de 1958. Il revendique notamment l’héritage de René-Paul Sousatte et du PUNGA, ainsi que celui de Maître Pierre-Louis Agondjo Okawe et de Joseph Rendjambe Issani, présentés comme des figures du refus de l’assujettissement néocolonial et de la défense de l’indépendance effective.
C’est dans cette filiation historique qu’il explique son engagement au sein du PGP. La reconnaissance officielle accordée au parti constitue, selon lui, un signe positif. « Je suis heureux de constater que le gouvernement reconnaît aujourd’hui le rôle historique de notre parti dans ce mouvement de résistance à l’oppression », a-t-il indiqué. Mais pour lui, la décoration ne signifie pas la fin du combat.
Libération des détenus
Benoît Joseph Mouity Nzamba interpelle directement les autorités sur la question des libertés publiques et pose clairement ses conditions : la célébration de la liberté doit se traduire dans les faits. Il réclame la libération d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, de Bob Mengome et des autres détenus poursuivis ou détenus pour des délits d’opinion. Mouity Nzamba appelle également à la fin des « tracasseries politiques » visant son compatriote Boulingui, après ses révélations sur de possibles détournements de fonds destinés à la province de la Nyanga. « Le bon sens commanderait de faire toute la lumière sur ces présumés détournements », insiste-t-il, demandant que les éventuelles responsabilités soient établies par les voies d’enquête compétentes.
Pour le leader du PGP, la véritable portée de la Fête de la Libération réside précisément dans la capacité du pouvoir à traduire les principes de liberté et de justice en actes. « Un pouvoir s’élève et se grandit en respectant les libertés individuelles des citoyens ainsi que l’ensemble de leurs droits », martèle-t-il. Le leader progressiste, qui a in fine exigé un signal concret en faveur des libertés publiques, exhorte ses militants à poursuivre la mobilisation. Pour Mouity Nzamba, le combat historique du PGP demeure intact. « Le combat pour l’indépendance effective et la souveraineté de notre pays continue », dit-il.
















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