Au siège de l’UNESCO à Paris, la ministre d’État gabonaise Camélia Ntoutoume-Leclercq a plaidé, lundi 13 avril 2026, pour une réforme plus équitable de l’organisation, sollicitant un appui technique pour relancer le programme MAB (Man and the Biosphere) dans son pays et appelant à un renforcement des politiques d’éducation à la paix.

La ministre d’État Camélia Ntoutoume-Leclercq conduisant la délégation gabonaise. © D.R.

 

Le Gabon a formulé, lundi 13 avril 2026 à Paris, plusieurs requêtes majeures auprès de l’UNESCO, à l’occasion de la 224e session de son Conseil exécutif. Intervenant lors du débat de politique générale, la ministre d’État à l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume-Leclercq, a notamment appelé à une représentation géographique plus équitable du personnel de l’institution, à un appui technique pour relancer le programme «Man and the Biosphere» (MAB) au Gabon, ainsi qu’à un renforcement des programmes d’éducation à la paix.

Dans un contexte mondial marqué par des inégalités croissantes et un affaiblissement du multilatéralisme, la ministre a insisté sur le rôle central de l’UNESCO comme «socle de la paix par l’éducation, les sciences et la culture». Elle a soutenu la dynamique de réforme engagée dans le cadre de l’initiative «UNESCO 80», tout en mettant en garde contre toute rationalisation qui se ferait au détriment des priorités africaines.

Représentation équitable et appui environnemental au cœur des demandes

Camélia Ntoutoume-Leclercq, lors de son intervention, le 13 avril 2026, à Paris. © Capture d’écran

Au cœur de son intervention, Libreville a fermement plaidé pour une meilleure représentativité au sein des effectifs de l’organisation. «L’universalité exige que les effectifs reflètent la diversité du monde», a-t-elle souligné, appelant explicitement à une représentation géographique équitable du personnel. 

Sur le plan environnemental, le Gabon a également formulé une demande officielle d’accompagnement technique afin de relancer le programme MAB, alors même que le pays ne dispose plus de site inscrit dans le réseau mondial des réserves de biosphère. Une situation jugée paradoxale au regard de son couvert forestier estimé à 88 % et de son rôle de «gardien de la forêt équatoriale».

Plaidoyer pour une éducation renforcée à la paix

Par ailleurs, la ministre a insisté sur la nécessité d’intensifier les programmes d’éducation à la paix au sein de l’UNESCO. «La paix ne se décrète pas, elle s’apprend», a-t-elle déclaré, mettant en avant les initiatives déjà engagées au Gabon, notamment en milieu scolaire, et exprimant la volonté d’inscrire ces actions dans un cadre programmatique structuré en lien avec l’organisation.

Au-delà de ces sollicitations, le discours a également permis de valoriser les politiques nationales en matière d’éducation, de protection sociale et d’innovation, notamment à travers le développement d’une stratégie éthique sur l’intelligence artificielle et des programmes d’inclusion sociale.

En réaffirmant son attachement aux idéaux fondateurs de l’UNESCO, le Gabon s’est positionné comme un acteur engagé en faveur d’une organisation «plus juste, plus forte et plus proche des peuples».

 
GR
 

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