TATIE

 

Comme le revendiquait l’édile de Makokou, les deux tourterelles qui se sont unies le week-end écoulé dans sa ville ont été interpellées par la Police judiciaire. Entre contre sens et ambiguïté, elles justifient leur démarche par un désir d’enfant. L’une étant enceinte l’autre ne pouvant avoir de bébé, elles auraient décidé de s’unir pour offrir aux enfants un foyer.

Un arrangement autour d’une adoption serait à l’origine de cette union. © D.R.

 

Le week-end écoulé à Makokou dans la province de l’Ogooué-Ivindo, Patricia (Pat) et Cathy, deux femmes se sont unies. Pour avoir Cathy, informe le site Gabonactu, Pat a déposé une somme de 250 000 francs CFA, 10 pagnes, 10 liqueurs, des bouteilles de bière ainsi que la somme de 50 000 francs CFA pour payer le paquet de concombre offert en cadeau par la mère de Cathy qui aurait donné sa bénédiction à cette union. Les images ont fait le tour de la toile, choquant l’opinion qui pointait d’un doigt accusateur le maire de la ville. Réagissant à juste titre, Guy-Roger Ekazama a revendiqué des forces de l’ordre, l’interpellation des deux tourterelles «conformément à loi». Elles ne sont d’ailleurs pas faites attendre.

Le 9 novembre aux environs de 16h30, a fait savoir pour sa part le site Gabon actualité, sur instruction du parquet de la République, Pat et Cathy ont été interpellées par des éléments de la Police judiciaire (PJ). Mais avant cette interpellation et au regard du buzz créé autour de cette union, révèle le site, Pat et sa compagne se sont exprimées sur les antennes de radio Ivindo Fm, la radio locale. Au cours de son intervention, Pat a assuré que sa démarche se justifiait par un désir de maternité. «J’ai un certain âge et je suis consciente que je ne pourrais plus enfanter», a-t-elle confié sans dire plus sur son infertilité. «Il est très difficile voire impossible au Gabon d’adopter un enfant. Moi, j’ai eu la chance qu’une copine accepte que je reconnaisse son futur bébé et j’ai sauté sur l’occasion. Je suis désolée de constater que les choses ont pris cette tournure-là», a-t-elle ajouté, indiquant que l’idée était de reconnaître les enfants de Cathy, par ailleurs enceinte de 8 mois, comme les siens.

Une orientation sexuelle bien trempée

Mais à Makokou, l’orientation sexuelle de Pat est bien connue. «C’est une lesbienne», assurent certaines indiscrétions qui jugent tout aussi son propos empreint de contre-sens et d’ambiguïté. Pour ainsi dire, autant l’union entre deux personnes est encadrée au Gabon et autorisée entre «un homme et une femme», autant l’adoption ou la reconnaissance d’un enfant l’est. Pat qui a accompagné sa démarche d’un rituel à l’image de celui d’un homme qui se présente à sa belle-famille, dit avoir convaincu la famille de Cathy qu’il n’était pas question d’une union homosexuelle. «Ce que je suis allée donner aux parents de Cathy était simplement pour leur assurer de mon engagement, leur dire que je m’occupe de leur fille, de ses enfants dont un des deux a perdu son père il y’a quelques temps», a-t-elle soutenu. «En retour, je me sens heureuse d’avoir une famille comme tout le monde. Je ne vois pas où est le mal !», «J’ai peut-être eu tort d’ajouter le symbole de la bague» oubliant sans doute l’échange du baiser sur la bouche et l’attitude peu orthodoxe des deux « copines ».

Sans aucun doute, Pat a livré la même version aux forces de l’ordre et Cathy dont l’accouchement est prévu dans quelques semaines, pourrait corroborer ces propos. Cependant des zones d’ombre subsistent. En qualité de qui Pat s’est-elle engagée à s’occuper de Cathy et de ses enfants ? Une relation platonique nécessitait-elle un tel scénario ?

 
GR
 

15 Commentaires

  1. Fredie dit :

    Tiens,

    L’homosexualité n’etait pas dépénalisée au Gabon ?

  2. Paul Bismuth dit :

    Il n’y a aucune infraction pénale ici. Foutez-leur la paix.

  3. Paul Bismuth dit :

    L’opinion ne devrait pas appuyer la démarche des autorités de Makokou, car elle n’a rien de légale.
    Par ailleurs, on ne saurait se faire le soutien des violations des libertés et de la loi au motif qu’elles servent nos convictions.
    Dites vous bien, les gens, que vous ne serez pas crédibles lorsque vous vous plaindrez des violations de vos droits après avoir soutenu cette mascarade.

  4. Fille dit :

    « Union homosexuelle à Makokou : Aux arrêts, les deux tourterelles justifient leur démarche par un désir d’enfant »…Mais ce truc n’a pas été dépénalisé récemment au Gabon ? Mais c’est quoi ce pays où l’on ne comprend plus rien ? Il faut savoir sur quel pied s’appuyer pour avancer. Soit on rejette clairement la loi introduite, soit on s’y soumet. Quand on vous dit que les choses copiés d’ailleurs ne peuvent pas tenir dans une société dans laquelle les réalités prioritaires sont nulles. Mais enfin !

  5. Eternite dit :

    Mariage dans la sphère privée entre adultes consentants en quoi cela trouble t’il l’ordre public ou est ce contraire à la Loi?
    @Gabonreview…j’aurais attendu de votre investigation que vous demontriez là ou ces dames ont fauté par rapport à la loi ( si faute il y a ); et non de les exposer et legitimer le point de vue unique d’incompétents qui veulent juste restreindre une fois de plus la liberté d’un petit nombre.

  6. diogene dit :

    « choquant l’opinion »; quelle opinion ? Le journaliste se permet de donner son avis comme étant celui de toutes les populations du royaume !

  7. Laissez les enfants tranquilles eux zont rien fait de pénal

  8. Serge Ndoumou dit :

    Bon sang ! Finalement de quel côté viennent le contre sens et l’ambiguïté ?
    Vous avez depenalisé l’homosexualité et maintenant que des homosexuels veulent se marier vous voulez les poursuivre en justice ???
    C’est quoi cette mascarade. De qui se fout-on, diantre ??????

  9. Rudy KEITA MOMBO dit :

    Ce n’est pas leur relation qui est fustigée mais le désir de fonder une famille. Nul part dans nos textes législatifs il est dit qu’une femme puisse être substitué en père sur un acte de naissance.
    C’est un choix délibéré que nos législateurs ont laissé car se prononcer sur la dépénalisation de l’homosexualité devait les emmener aussi à se prononcer sur la définition de la famille; reste t-elle définie sur l’angle traditionnel(1 1 femme et les enfants) ou bien cette définition évolué?

  10. Paul Bismuth dit :

    L’article est clair : ce qui est avant tout dénoncé par les autorités de Makokou c’est cette cérémonie. Et là je dis que ces autorités ont tort de vouloir envoyer ces femmes en prison.

    Ne pas être d’accord avec l’homosexualité est une chose ; envoyer des homosexuels en prison sur le fondement de leur orientation sexuelle en est une autre. Si on a le droit de dire qu’on est pas favorable à l’homosexualité, on doit aussi savoir qu’elle ne constitue pas une infraction.

    S’agissant du débat sur la famille, je crois qu’il est important qu’il se tienne afin que les équivoques soient levées. Cependant ce n’est pas forcément le problème immédiatement visé par l’article. Surtout que la dame qui dit vouloir des enfants n’a initié, avec sa conjointe, aucune procédure dans ce sens devant un officier d’état civil.

    Qu’on laisse donc ces femmes en paix.

  11. James dit :

    « Qu’on laisse donc ces femmes en paix », « laissez les enfants tranquille » franchement vous êtes sérieux, même si les autorités gabonaise se comportent comme des girouettes, c’est pas une raison pour toléré de telles abominations. Seriez-vous fière de voir un jour votre fils venir vous présenter un homme comme étant son futur mari ?? Paul bismuth, Montana Tony Nguema et tout ceux qui soutiennent ces femmes, franchement vous êtes pathétique.

    • Eternite dit :

      @James, pouvez vous me citer les infractions commises par ces dames aux yeux de la Loi svp?
      le sujet se place sur le thème de la loi et non du sentiment, de l’opinion ou de l’obédience religieuse que vous mettez en avant « abomination »!
      Merci pour votre retour sur ma question…

      • Maje dit :

        Allo Gabon…en 2020 au Gabon, le Mariage Coutumier, ou le KOKOKO sont reconus au Gabon?
        Mon Mari ( coutume ) est décédé il y a 5 ans et je n’ai toujours pas touche sa pension ( malgré que je sois la mere de ses 4 enfants ) et je découvre que certains ici, jugent ces femmes fautives au niveau de la loi, pour un acte qui n’est pas légalement reconnu !!!
        Un peu de logique, de la cohérence, nous en avons besoin ( meme si selon nos rites et croyances, nous portons un jugement sur les faits ); On ne peut emprisonner une personne, sur un crime ou un délit qui n’est ni reconnu par la constitution, ni réprimée par le code pénal et encore moins reconnu par le code civil!!!
        Maaannnciiiiii !!!

  12. samuel dit :

    Nos législateurs ne sont qu’au début de l’incompréhension des textes légitimés.
    Si l’on ne refuse pas que 2 personnes de même sexe couchent ensemble, alors, l’on ne devrait pas refuser que ces derniers s’unissent.

    Dans notre style d’union, l’on commence, très souvent, par coucher ensemble, ensuite la dote et/ou la mairie.

  13. Serge Ndoumou dit :

    Sincèrement, il faudrait depassionner vos raisonnements. Je m’adresse particulièrement à ceux qui « félicitent » les autorités de Makokou et fustigent les « pathétiques » qui condamnent cette posture incongrue.
    Comme l’a déjà mentionné quelqu’un plus haut, nous sommes sur le terrain de la législation et non sur celui du sentiment et du ressentiment.
    Pour ma part, tout en étant totalement opposé à l’homosexualité et à sa depenalisation, je ne vois comprends pas pourquoi je devrais condamner ces 2 femmes alors que la législation gabonaise permet désormais une telle relation (qui, pour moi ,est contre nature).
    Mais la loi les y autorise…..

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